Andrey Kalinosky

En direct de Run The Jewels à l’Élysée Montmartre

Presque qua­tre mois après Run The Jew­els 3 son pro­jet sur­prise sor­ti pour Noël, Run The Jew­els bouclait sa tournée européenne à l’Élysée Montmartre.

Il n’y a pas de fumée sans feu. Celle qui s’échappe du haut de la scène depuis cinq bonnes min­utes masquant par­tielle­ment la main mimant un flingue et le poing ser­ré sus­pendus, l’emblème du groupe, pour­rait donc être pré­moni­toire. Les débats autour de nous sur l’engagement de Killer Mike auprès de Bernie Sanders, et sur la posi­tion plutôt à gauche ou plutôt à droite du rap, sont vite inter­rom­pus par un éton­nant “We Are The Champions”.

Crédit: Andrey Kalinovsky

Le con­cert démarre sur des titres de Run The Jew­els 3 sou­vent ponc­tués par les démos de scratch de DJ Track­star. Boosté par la foule qui scan­de « RTJ », Killer Mike alterne entre des petits pas de danse et des cou­plets au flow rapi­de et sac­cadé. Puis l’instrumentale de “Stay Gold” reten­tit, et le pub­lic reprend fière­ment ces qua­tre dernières let­tres. Pen­dant le morceau suiv­ant, un petit mec à cas­quette tra­verse la scène et va se cacher der­rière les platines. A la fin du morceau il se relève et enchaîne les scratchs. Ce petit mec à cas­quette c’est DJ Q Bert. Tout le pub­lic l’acclame sans for­cé­ment com­pren­dre de qui il s’agit, et El‑P l’a bien com­pris: « quand je dis Q Bert aux platines c’est comme si je dis­ais Hen­drix à la putain de gui­tare ».

Le morceau “Lie, Cheat, Steal” finit d’exciter le pub­lic de l’Élysée Mont­martre. Trois mots adressés aux puis­sants, l’engagement poli­tique n’est jamais bien loin. Les deux MC’s enchainent les acco­lades et sem­blent s’amuser comme des gamins. Aus­si dif­férents que com­plé­men­taires, ces deux-là se sont bien trou­vés. El‑P se lance dans un mes­sage prô­nant la paix et l’esprit de com­mu­nauté mal­gré le cli­mat poli­tique, tan­dis que Killer Mike s’allume un gros joint. On aurait bien par­ié l’inverse.

 

Crédit: Andrey Kalinovsky

Avant d’enchaîner par le morceau inau­gur­al de leur pre­mier album, El P fait une dédi­cace à tous ceux qui les sou­ti­en­nent depuis cette époque. Au vu de la diver­sité d’âge de la foule, on parie que cer­tains étaient même là au temps de la Dun­geon Fam­i­ly et de Com­pag­ny Flow. Les lumières s’éteignent pour un faux départ, avant que le groupe n’offre quinze min­utes de rab. Un rap­pel durant lequel on aperçoit un homme jambe plâtrée sauter et brandir sa béquille. Pour cer­tains le rap de Run The Jew­els a donc des ver­tus insoupçonnées.

 

Meilleur moment : Q Bert qui débar­que sur scène pour quelques scratchs.

Pire moment : L’en­trée des artistes sur “We Are The Cham­pi­ons” de Queen. Mouais.

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