Erick Morillo en 2009 ©Caz Harrington

Erick Morillo : 10 victimes racontent leur viol et agression sexuelle

Les témoignages de vio­lences sex­uelles visant le défunt DJ Erick Moril­lo con­tin­u­ent de se mul­ti­pli­er sur les réseaux soci­aux, et ailleurs : la jour­nal­iste Annabel Ross a pub­lié une enquête sur Mix­mag menée auprès de dix pré­sumées vic­times ou témoins. Elles se livrent.

Les faits se seraient pro­duits entre le début des années 90 et 2019. Pour le mag­a­zine anglais Mix­mag, la jour­nal­iste Annabel Ross a col­lec­té des témoignages auprès de pré­sumées vic­times d’Er­ick Moril­lo : par­mi elles, il y a une fan, des col­lègues, une jour­nal­iste, ou des employées dans les clubs où Moril­lo jouait. L’en­quête reporte aus­si le réc­it de témoins, une femme et deux hommes, qui ont vu et/ou enten­du par­ler d’a­gres­sions com­mis­es par le DJ.

 

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Tous les réc­its sont signés anonymement, sauf celui de Dave Lam­bert qui par­le en tant que témoin. Con­seiller du groupe d’Er­ick Moril­lo Reel 2 Real, il tra­vail­la avec lui de 1993 à 1997, et pub­lia le tube « I Like to Move It » en Angleterre sur le label Positiva/EMI. Il racon­te qu’­Er­ick Moril­lo se serait forgé une telle répu­ta­tion que, lorsqu’il venait à Lon­dres dans les bureaux du label, la sécu­rité demandait à ce qu’on vienne l’ac­cueil­lir pour l’empêcher de dis­paraître dans l’im­meu­ble : « À chaque fois, Lam­bert devait par­tir à la recherche de Moril­lo et il le trou­vait tou­jours à un autre étage, en train de flirter avec une femme, sou­vent une assis­tante ou une récep­tion­niste. […] “C’est arrivé au point que la sécu­rité de l’immeuble me demande : ‘Quand vous savez qu’Erick est là, vous envoyez quelqu’un le chercher à la récep­tion pour l’amener à son rendez-vous, car il dis­paraît sans cesse dans l’immeuble’ ” ».

Il m’a dit “pour qui tu te prends ? TOUT LE MONDE veut bais­er avec moi.” Je ne l’ou­blierai jamais.”

Cer­tains témoignages se rejoignent notam­ment sur l’usage de drogues : ils abor­dent la con­som­ma­tion exces­sive de két­a­mine d’Er­ick Moril­lo (son addic­tion), et dans cer­tains cas, les vic­times auraient été droguées avant d’être vio­lées. « Katia [les noms ont été mod­i­fiés, ndr] se sou­vient avoir vu Moril­lo pré­par­er de la két­a­mine dans le four de la cui­sine. “Je sor­tais et j’allais à des fêtes depuis mes 13 ans, et pour­tant je n’avais jamais vu une telle quan­tité de két­a­mine” ». […] Moril­lo apparut der­rière elle et la pous­sa sur le canapé. “Il m’a blo­qué les bras et m’a chevauché comme une fille pour­rait chevauch­er un mec dans un club de striptease. C’é­tait telle­ment bizarre, c’est un adulte, il me blo­quait les bras le long du corps et essayait de me désha­biller. Je lui dis­ais que je ne voulais pas et il répondait “viens pren­dre une douche avec moi. Mon­tons pren­dre une douche”, et n’ar­rê­tait pas de répéter ça en boucle. […] Il m’a dit “pour qui tu te prends ? TOUT LE MONDE veut bais­er avec moi.” Je ne l’ou­blierai jamais. À ce moment-là, j’avais peur. Et il essayait sans cesse de m’embrasser mais comme je détour­nais ma tête, il a fini par me léch­er tout le vis­age.”

La plu­part des pré­sumées vic­times con­fient avoir préféré ne pas en par­ler publique­ment, et encore moins dépos­er plainte, par peur et/ou par pudeur.

Annabel Ross serait égale­ment en train de col­lecter des témoignages à pro­pos du DJ Der­rick May, lui aus­si visé par des accu­sa­tions de vio­lences sex­istes et sex­uelles.

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