Euro-vision : la France vue par Agoria

Six pays vus à tra­vers les yeux de six artistes qui les con­nais­sent comme leur poche. Petit tour d’horizon des scènes musi­cales les plus chaudes d’europe. Pre­mière étape : la France vue par Ago­ria

Qu’il sem­ble loin le temps où les seuls sym­bol­es de la musique française à l’étranger étaient Édith Piaf et Charles Aznavour. La french touch est passée par là. Désor­mais la musique française, qu’elle soit élec­tron­ique, mais aus­si pop, comme Phoenix ou Chris­tine & The Queens, ren­con­tre une audi­ence de plus en plus large en dehors de nos fron­tières. Ren­con­tre avec l’un de nos meilleurs “french ambas­sadeur”, le DJ et pro­duc­teur Sébastien Devaud, alias Agoria.

Com­ment décrirais-tu la scène musi­cale française ? 

Depuis l’éclosion des raves dans les années 90, je n’avais pas vécu une époque aus­si gal­vanisante. Partout en France, les clubs, les fes­ti­vals ou encore les lieux off offrent des moments de partage et d’osmose, des célébra­tions où tout le monde s’éclate, s’oublie. Du coup, j’ai de moins en moins envie de faire le tour du monde chaque week-end ! La France est l’un des pays les plus exci­tants où jouer en ce moment.

Quelles sont les villes où ça bouge le plus ? 

L’ouest de la France est dingue : Astrop­o­lis, Panora­mas, Rock’n Solex, Fortress, les Trans Musi­cales bien sûr et tous les clubs. De La Rochelle au 1988 à Rennes, en pas­sant par Brest : Boom ! À Paris, l’énergie est aus­si démente : les mecs de Haïku font un super taf. Le pub­lic suit des pro­gram­ma­tions en club de plus en plus pointues, pen­dant que les mastodontes Mar­vel­lous, Weath­er ou Pea­cock fédèrent plusieurs généra­tions sur deux ou trois jours.

Quels sont les morceaux emblé­ma­tiques de la France ? 

Le roman­tisme de Sébastien Tel­li­er, la maes­tria de Pepe Bradock ou DJ Gre­go­ry, le suc­cès et la gen­til­lesse de David Guet­ta me sem­blent assez emblé­ma­tiques, mais le morceau français de dance, au sens anglais cette fois, qui a sans doute été un des morceaux les plus joués dans les clubs du monde entier depuis dix ans, c’est “Domi­no” de Oxia.

Quels sont tes derniers coups de coeur ? 

Lors des Nuits Élec­triques de Lille, j’ai ren­con­tré un jeune artiste incroy­able. Il s’agit de Jacques. Telle­ment attachant, vrai, fougueux et tal­entueux. Son aura dépasse de loin le sim­ple cadre musi­cal. Nous avons fait une ses­sion en stu­dio il y a quelques jours, qui nous a con­duits à impro­vis­er ensem­ble sur “scène” lors d’une soirée du rassem­ble­ment citoyen Nuit Debout. Cela m’a rap­pelé mes débuts et pourquoi j’avais cofondé Nuits Sonores au pire moment pour la célébra­tion de notre musique en France. Il est ras­sur­ant de ren­con­tr­er un jeune artiste engagé qui pense aux autres.

Quels sont les endroits incon­tourn­ables à vis­iter en France ? 

L’aiguille du Pic du Midi à Cha­monix, un vig­no­ble bor­de­lais ou bour­guignon et ses caves avoisi­nantes, les petits bou­chons de Lyon.

Des bons plans pour sortir ? 

À Paris, pour un rendez-vous intime, j’irais au bar du Math­is, cadre cosy et très bons cock­tails. Pour dîn­er, les tra­di­tion­nelles pâtes-jambon-petits pois de La Corte, situé dans une impasse face à Colette, rue du Saint-Honoré. Plus hup­pées, mais très agréables, les ter­rass­es de Mon­sieur Bleu ou du Café de L’homme et, en lende­main de sor­tie, un petit-déjeuner au café Marly ou un brunch à Saint-Ouen me sem­blent pas mal. Pour s’aérer les oreilles ? Les Trois Mail­lets, un cabaret non élec­tron­ique. Pour danser, la liste est longue : Bad­aboum, Zig Zag, Rex, Raspou­tine, Mon­tana et par curiosité, le WWF, qui va ouvrir.

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