Exclu : Rafiq Bhatia (le guitariste de Son Lux) se lance en solo !

Les fans de Son Lux seront comblés, et pas for­cé­ment dépaysés : Rafiq Bha­tia, le gui­tariste et com­pos­i­teur new-yorkais ayant rejoint Ryan Lott en 2014 pour for­mer le trio (aupar­a­vant, Lott offi­ci­ait seul), sort aujourd’hui son pre­mier album en solo. Neuf titres instru­men­taux sur lesquels on imag­ine déjà se pos­er la si belle voix érail­lée de Ryan Lott, pour des com­po­si­tions assez sim­i­laires à ce qu’on trou­ve sur Brighter Wounds, le dernier album de Son Lux, sor­ti en févri­er. La con­fu­sion entre les deux pro­jets est d’autant plus facile que Ian Chang, le bat­teur de Son Lux, accom­pa­g­n­era Rafiq Bha­tia en live — c’est bon, tout le monde suit ?!

Mais arrê­tons avec Son Lux : Break­ing Eng­lish, le pre­mier album solo de Rafiq Bha­tia, n’a pas besoin de com­para­isons ou d’allégeance à un groupe à suc­cès pour exis­ter par lui-même. Con­vo­quant évidem­ment pas mal de gui­tares, son instru­ment de prédilec­tion, il y use aus­si de cordes aux inspi­ra­tions ori­en­tales (“Before Our Eyes”), de plages plus expéri­men­tales (“The Overview Effect”) et de non­cha­lance soul (le très réus­si “Break­ing Eng­lish”), pour un album entre pop bruitiste, free jazz et envolées per­fusées à Jimi Hen­drix ou John Coltrane. Le pre­mier extrait, “Hoods Up”, annonçait déjà ces couleurs changeantes, avec son long solo de gui­tare et sa ten­sion pal­pa­ble. “‘Hoods Up’ est le pre­mier titre sur lequel j’ai com­mencé à tra­vailler pour Break­ing Eng­lish, et l’un des derniers que j’ai ter­miné”, explique Rafiq Bha­tia. “Ça m’a pris des années, j’ai jeté de nom­breuses ver­sions à la cor­beille en cours de route, mais le résul­tat est là : je repousse mes pro­pres lim­ites. Ça demandait d’explorer de nou­veaux ter­ri­toires incon­nus, mais aus­si de m’accepter tel que je suis. Je pense que la musique recèle en elle un peu de cette dif­fi­culté de créa­tion”… Des années pour finir un morceau ? Il faut dire que la source d’inspiration de la chan­son n’est pas des plus légères : “J’ai com­mencé à com­pos­er ‘Hoods Up’ à la lumière du meurtre de sang-froid de Trayvon Mar­tin, et de la cam­pagne de calom­nie qui s’en est suiv­ie : la déshu­man­i­sa­tion sys­té­ma­tique d’un jeune garçon noir qui ren­trait sim­ple­ment chez lui avec une capuche sur la tête. Tan­dis que je tra­vail­lais sur le morceau, de plus en plus d’évènements venaient étay­er sa sig­ni­fi­ca­tion : les relents racistes de notre passés ne ces­saient de revenir, nous rap­pelant quelle hor­ri­ble influ­ence ils con­tin­u­ent à avoir sur notre présent.”.

Hoods Up” s’accompagne aujourd’hui d’un clip en forme de ses­sion live, à décou­vrir ci-dessus en exclu­siv­ité sur tsugi.fr . Une belle manière de décou­vrir l’échappée en solo d’un com­pos­i­teur tal­entueux, en atten­dant de le voir à Paris au Point Ephémère le 28 avril, et au 7(7) Café de Metz le lende­main.

 

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