© Felipe Pelaquim

Faux streams : le CNM dévoile son enquête, les syndicats s’en saisissent

Après plus de 18 mois de recherch­es, le Cen­tre Nation­al de la Musique (CNM) révèle son étude sur la fraude des fauss­es écoutes. D’après cette analyse, ces streams fac­tices, détec­tés, représen­teraient entre 1 et 3 mil­liards d’écoutes en France en 2021. 

On vous par­lait de l’en­quête de France Télévi­sions sur l’achat de ces faux streams, fléau de l’in­dus­trie musi­cale. Cette fois-ci c’est le Cen­tre Nationale de la Musique qui pub­lie le résul­tat de ses inves­ti­ga­tions. En France, 60 000 nou­veaux titres sont ajoutés chaque jour, alors même que le stream­ing représen­tait 69 % du marché de la musique en 2020. Pen­dant plus d’un an, le CNM a étudié les manip­u­la­tions des écoutes sur les plate­formes de stream­ing musi­cal. Un phénomène qui prend de plus en plus d’am­pleur et que per­son­ne ne sem­ble vouloir laiss­er impuni.

Pour le com­bat­tre, la Fédéra­tion Nationale des Labels et Dis­trib­u­teurs Indépen­dants s’é­tait asso­ciée au Syn­di­cat des Musiques Actuelles et de l’Association au ser­vice de la cul­ture élec­tron­ique, Technopol. Ensem­ble, ils avaient demandé au Cen­tre Nation­al de la Musique de “met­tre en place une régu­la­tion du stream­ing pour qu’il ne per­pétue pas les biais et pra­tiques dou­teuses du passé de notre indus­trie”.

Après un an d’enquête et de recherch­es, le CNM vient de dévoil­er ses résul­tats, con­sti­tu­ant ain­si la pre­mière étude au monde d’un organ­isme indépen­dant et pub­lic sur ce sujet. En se rap­prochant des dif­férents acteurs du secteur (plate­formes, dis­trib­u­teurs pro­duc­teurs ou encore médias), le CNM a essayé d’y voir plus clair.

 

Peu de fraudes chez les plus gros artistes

Si la fraude est éval­uée entre 1 et 3 mil­liards d’écoutes en France en 2021, elle ne con­cerne que peu les plus grands artistes. D’après les don­nées de Deez­er et de Spo­ti­fy, la majorité de ces faux streams se situeraient au-delà du top 10 000. “À plus de 80 % au niveau de la longue traîne”, la plu­part des écoutes fraud­uleuses se cacheraient sous les radars avec “un faible vol­ume, mais sur la durée”.

Dans le rap­port, on apprend égale­ment que ces 1 à 3 mil­liards de faux streams représen­teraient “entre 1 et 3 % du total des écoutes”. Un pour­cent­age qui ne mon­tre que les écoutes fac­tices détec­tées. Le CNM rap­pelle aus­si “qu’une forte aug­men­ta­tion du nom­bre de streams enreg­istrés, sans aug­men­ta­tion pro­por­tion­nelle du nom­bre d’abonnés payants, entraîne mécanique­ment une baisse de la valeur uni­taire d’un stream”. Dimin­u­ant ain­si la rémunéra­tion des artistes.

 

Un combat qui ne fait que commencer 

Selon la Fédéra­tion Nationale des Labels et Dis­trib­u­teurs Indépen­dants (FÉLIN), “cette étude met en lumière la par­tie vis­i­ble de l’iceberg que peut représen­ter la fraude”. Aux côtés du Syn­di­cat des Musiques Actuelles, elle appelle dans un com­mu­niqué à con­tin­uer l’en­gage­ment. Ils deman­dent “la réou­ver­ture urgente des échanges sur le mod­èle de rémunéra­tion User Cen­tric”. Ce dernier se démar­quant par sa méth­ode : appréhen­dant l’audience et ses ressen­tis sur un sujet par­ti­c­uli­er. Les trois organ­ismes espèrent que l’ensemble de la fil­ière musi­cale appli­quera les recom­man­da­tions du CNM rapi­de­ment. “Au niveau de la détec­tion et des sanc­tions effi­caces, qui auront un véri­ta­ble impact sur la fraude”.

Pour le CNM, ce n’est que le début d’une longue affaire. Il réu­ni­ra régulière­ment “un comité de suivi des mesures de préven­tion et de lutte con­tre les manip­u­la­tions des écoutes”. Le Cen­tre Nation­al de la Musique réalis­era une nou­velle étude en 2024 “pour s’as­sur­er de leur effi­cac­ité”. Vous pou­vez décou­vrir son rap­port entier ici.

 

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