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Crédit : Nicko Guihal / Zénith Paris La Villette
28 janvier 2019

Feu! Chatterton au Zénith de Paris : plus grand que nature

par Clémence Meunier

C’est quoi un concert ? Et encore mieux, c’est quoi un concert réussi ? Une relecture avec maestria d’un catalogue, avec interlude à échanger avec le public, tube et reprise bien sentie en rappel (en l’occurrence « Syracuse »), et salut final plein d’émotion sous une standing ovation ? Il y avait tout ça au concert de Feu! Chatterton au Zénith de Paris le jeudi 24 janvier. Concert réussi, donc. Mais le quintet parisien est allé au-delà de tout ça et a proposé autre chose, un je-ne-sais-quoi qui a transformé leur concert en spectacle. Arthur Teboul, le chanteur, y a raconté des histoires, son allure de dandy un poil bourré chevillé au costume trois-pièces. Peut-être qu’il y a de lui dans ces paroles, comme sur le toujours poignant « A l’aube » racontant le départ vers d’autres contrées d’un ami proche. Mais le groupe a toujours gardé une distance de grands conteurs au long de cette setlist où le chant suranné, avec diction à la Aznavour, se cogne à une BO rock ou vaguement jazz bien plus moderne. Arthur a beau balancer un « j’ai grand besoin de m’épancher » entre deux titres ou se raconter sur « Souvenir », c’est fait avec une telle classe et une telle pudeur que chacun peut transposer les siens, de souvenirs, sur cette grande épopée en musique d’un peu moins de deux heures. Et en cela, avoir invité Catastrophe (voir Tsugi 109) en première partie était très malin, puisque le collectif touche plus au théâtre musical qu’au concert au sens classique du terme. Longs monologues appelant à vivre pleinement et sans peur du ridicule, danses décomplexées, chansons dont on ne sait pas vraiment s’il s’agit de foutage de gueule ou non (« Nuggets », ça parle de pépites d’or métaphoriques ou de poulet frit?), happening consistant à manger, littéralement, les peurs des spectateurs inscrites sur des petits bouts de papier… C’est à un conte en musique que nous ont invités les Catastrophe, avec comme envie affichée de chambouler le public et de le faire réfléchir sur sa propre manière d’appréhender la vie. Un spectacle donc, qu’on pensait, aussi bien pour Catastrophe que pour Feu! Chatterton, difficilement transposable dans une grande salle froide comme le Zénith. Faux : il s’est passé quelque chose ce jeudi soir là. Quelque chose d’un peu plus grand qu’un concert.

Crédit : Nicko Guihal / Zénith Paris La Villette

Crédit : Nicko Guihal / Zénith Paris La Villette

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