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Fight Club : le nouvel album de The Avalanches, pour ou contre ?

Un album, deux avis. Aujourd’hui sur le ring, le nou­v­el album de The Avalanch­es, We Will Always Love You. Fight !

Chronique issue du Tsu­gi 136 : Eno, l’avis de Bian, disponible en kiosque et à la com­mande en ligne

Vingt-cinq titres pour 71 min­utes d’écoute : à l’heure où les albums ressem­blent de plus en plus à des EPs, We Will Always Love You peut décourager bien avant d’appuyer sur play. Mais ce serait oubli­er toutes les graines semées par The Avalanch­es sur la planète stream­ing tout au long de l’année. Ça a même com­mencé dans le monde d’avant, en février dernier, avec le titre « We Will Always Love You » et un Blood Orange en pleine forme. Qua­si­ment un an plus tard, ce troisième album des Aus­traliens, tou­jours con­stru­it à par­tir de sam­ples, met les voix au cen­tre des morceaux, don­nant vie aux fantômes des années passées. Car, mal­gré le succès du pre­mier album, nous cuisin­er la même recette qu’il y a vingt ans aurait paru bar­bant et surtout daté. En témoignent le nom­bre indécent de guest-stars, de Neneh Cher­ry à Den­zel Cur­ry, MGMT, Tricky, Karen O – chanteuse des Yeah Yeah Yeahs – et même Jamie XX à la pro­duc­tion de « Wher­ev­er You Go ». Les voix se font écho entre elles à tra­vers tous ces inter­ludes, ces mes­sages vocaux, ces craque­ments de dis­ques, ces glitch­es et ces orages loin­tains. Jusqu’à créer un amour inter­stel­laire dans un cos­mos de bonnes ondes, à l’image du Voy­ager Gold­en Record, disque envoyé dans l’espace au cours des années 70, source d’inspiration pri­maire de We Will Always Love You – la femme sur la pochette est d’ailleurs l’une des créatrices du pro­jet. En cette fin d’année mau­dite, on n’aurait pu rêver mieux pour réchauffer les cœurs. En atten­dant le vaccin.

Simon Brazeilles

 

« Quand The Avalanch­es fait un album, on ne veut pas que ce soit un fatras », déclarait l’un de ses deux mem­bres Tony DiBlasi dans une récente inter­view au NME. Force est de con­stater à l’écoute des 25 titres de We Will Always Love You (un chiffre à rel­a­tivis­er, sachant qu’il compte tout de même deux intros et cinq inter­ludes) que The Avalanch­es n’a en effet pas cherché l’effet méli- mélo… même si le duo aus­tralien n’a pas pu s’empêcher d’inviter le ban et l’arrière-ban des vocal­istes en mal de fea­tur­ings. On reprochait le mois dernier à Goril­laz d’en avoir trop fait, on pour­ra en dire autant pour ces bidouilleurs des antipodes, qui ont peut‑être peur que leurs pro­duc­tions ne se suff­isent pas à elles-mêmes ? Allez savoir. Mal­gré tout, We Will Always Love You est monot­o­ne à en bâiller. Cer­tains par­leront de flu­idité, d’harmonie entre les morceaux, c’est surtout lisse et pro­pre, comme si toute aspérité avait été javellisée avec frénésie. Revenons à l’entretien accordé au NME. L’autre Avalanche, Rob­bie Chater, ajoutait qu’ils ne voulaient pas que ça sonne « trop trip­pant ». Rassure-toi Rob­bie, l’objectif est atteint. Il manque bien une petite louche de folie à votre troisième album, qu’on sent pour­tant poindre au douzième morceau, « Star Song ». Enfin une prise de risques et un peu de déstructuration ! La ten­dance se con­firme avec les titres « Music Is The Light », « Over­come » ou « Until Day­light Comes ». Hélas. Trop loin, trop tard, le marc­hand de sable est déjà passé.

Léonie Ruel­lan

 

The Avalanches

Art­work

Retrouvez plus de chroniques dans le dernier Tsugi 136 : Eno, l’avis de Brian, toujours disponible en kiosque et à la commande en ligne.

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