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©Hisham Bharoocha
7 février 2022

đŸ„Š Fight Club : le nouvel Animal Collective, pour ou contre ?

par Tsugi

Un album, deux avis. Aujourd’hui sur le ring, le nouvel album d’Animal Collective, Time Skiffs. Fight ! 

Chronique issue duTsugi 147 : Radio Activity, La folle histoire des radios musicales : des pirates aux webradios, disponible maintenant en kiosque et à la commande en ligne.

pourDébarquement en beauté pour le quatuor de Baltimore, six ans après son Painting With inspiré par le cubisme et le dadaïsme. Deakin de nouveau à bord et inspiré, l’équipage d’Avey Tare et Panda Bear a repris ses explorations sonores. Et Time Skiffs pourrait être vu comme l’un des albums les plus pop du groupe. On retrouve dans ces neuf chansons ce qui a fait le sel d’Animal Collective. Elles font la part belle aux mélodies déroutantes, aux voix qui hantent, aux harmonies jouissives et aux ambiances qui bercent, avec toujours quelques pointes psyché. Plus de vingt ans après les débuts, que reste-t-il des élucubrations pop de ces ados plus que doués, devenus pour beaucoup des icônes des années 2000 ? Auraient-ils basculé dans le monde adulte avec son lot d’expériences, de parentalité, de regard plus éclairé sur leur art ? Animal Collective continue d’explorer, mais avec des bagages en plus, un certain cadre, une conduite à tenir. Les structures restent juste assez complexes pour nous intriguer et pour que l’on s’amuse à les déchiffrer. Résultat : sur Time Skiffs on se sent transporté par les remous et dépaysé avec, dans le même temps, la sensation rassurante d’un environnement familier. Quarante-sept minutes de voyage qui pourraient prouver qu’Animal Collective regarde encore vers l’avenir, faisant cap vers des horizons radieux et toujours déboussolants.

Corentin Fraisse

 

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contreIl y a quelques bonnes chansons sur cet album (« Car Keys » par exemple, mais pas beaucoup d’autres) dont la tonalité est plutôt pop (et molle, il faut dire). Mais ce n’est pas la première fois et ces « bonnes » chansons sont dans la continuité de ce que le groupe produit depuis maintenant vingt ans (quand même), alternant les disques psychédélico-expérimentalo-bricolo avec d’autres, plus caressants. Rares sont ceux qui durent aussi longtemps. Généralement la messe est dite en quatre ou cinq disques, ou alors les groupes passent des caps, changent de braquet, virent un de leurs membres et se réinventent. Pas les Américains d’Animal Collective. La seule incertitude en ce qui les concerne, c’est le degré de bruit et de mélodie de chacun de leur nouveau disque, même si globalement ils ont mis de l’eau dans leur vin depuis un moment. Bref, les quatre Animal Collective tournent méchamment en rond. Ils n’explorent plus rien, puisqu’ils ont fait le tour de leur territoire depuis longtemps. Sauf erreur, Time Skiffs doit être quelque chose comme le quinzième album de Panda Bear et ses copains, sans compter les lives et les escapades en solo. Honnêtement, en écoutant ce disque, on se demande parfois s’ils ne se sont pas eux-mêmes fait chier en l’enregistrant. Bien entendu, les fans ne seront pas déçus. Quant aux autres, ils s’en foutent depuis longtemps. C’est quand même un peu triste, non ?

Alexis Bernier

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