Gorillaz au Zénith : God bless you !

L’incident est advenu pen­dant les rap­pels. En plein milieu d’une chan­son, Damon Albarn a éter­nué. En plus de 25 ans de car­rière, c’est, l’avouera-t-il quelques min­utes plus tard, la pre­mière fois que ça lui arrivait. Hilar­ité dans la salle, “bless you” hurlés dans la fos­se, et un musi­cien accom­pli, ayant fait car­rière avec Blur, en solo, ou avec Goril­laz, encore tout éton­né de ce qui lui est arrivé. Car Damon Albarn a beau faire le zouave sur scène, dansant par­fois comme un papa dans un bal de vil­lage, il est avant tout un grand pro­fes­sion­nel — et la seule per­son­ne sur terre capa­ble de rester classe tout en jouant du melod­i­ca (sorte de flûte-clavier) ou du key­tar (un syn­thé porté comme une gui­tare), instruments-jouets con­notés “groupes 80’s ringards”. En même temps, vu la cadence à laque­lle s’est déroulé ce live de Goril­laz, il vaut mieux : les titres s’enchaînent à toute vitesse, les invités (Lit­tle Simz, égale­ment pre­mière par­tie du con­cert, sur “Garage Palace” et “We Got The Pow­er”, De La Soul sur le tube “Feel Good Inc.”, Jehn­ny Beth de Sav­ages sur “We Got The Pow­er”, Pop­caan sur “Sat­urnz Barz”…) défi­lent les uns après les autres, les cho­ristes sont épatants, rap­pelant la géniale ses­sion live de “Ten­der” de Blur traî­nant sur Youtube.

On en ressor­ti­ra presque épuisés, comme tout le monde, tant l’ambiance était explo­sive ce same­di au Zénith de Paris, et tant les dif­férents guests, croisés dans le dernier album du pro­jet (Humanz), inviteront les fans à taper dans leurs mains, lever les bras, sor­tir les bri­quets, chanter en yaourt. Et quand défi­lent sur écran géant les clips des titres les plus con­nus, comme celui, plein de sous-marins, de “Melan­choly Hill”, il en devient presque dif­fi­cile de suiv­re, un brin hyp­no­tisés par les visuels de Jamie Hewlett, l’autre mem­bre de ce tan­dem musicien-illustrateur. Mais ce con­cert max­i­mal­iste aura eu le mérite d’être éclec­tique, à l’image de Goril­laz, avec un début plutôt rock, puis hip-hop, pour finir en fies­ta dance. Généreux et jouis­sif.

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