Il y a comme “Un air de fête” avec le nouvel album de Corine

Ça donne quoi Corine en album ? Une pro­duc­tion tou­jours aus­si léchée, de bonnes mélodies mais aus­si quelques décep­tions. Il faut dire que l’attente était grande autour du pre­mier album de la chanteuse. Son per­son­nage décalé et ses tubes col­orés avaient rassem­blé une com­mu­nauté de nos­tal­giques et de jeunes gens branchés autour de la fête et de l’autodérision. Après deux EPs, Corine revient, un peu comme Ulysse.

Le disque de la jeune fille à la crinière d’or s’ouvre sur une bataille de talk‐box façon Zapp & Roger. Une intro vic­to­rieuse, un poil trop courte, qui s’éteindra dans une pluie d’arpèges Stranger Thingesques et une nuée de chœurs lanci­nants. L’aventure con­tin­ue avec un deux­ième track tail­lé pour les dance­floors. Biberon­né au moog, “Un air de fête” lorgne du côté de Moroder jusqu’au refrain, plus sage mais aus­si moins énergique. “René, Mau­rice et tous les autres” réveille habile­ment le Jean Michel Jarre d’Oxygène et rap­pelle “Pourquoi pourquoi”, ancien tube de la chanteuse, égale­ment présent au track­list­ing. Puis vient “Corine”, reprise du groupe AS Drag­on et réelle prise de risque du disque, puisqu’anti-disco au pos­si­ble. Un autre track sur­pren­dra : le spa­tial “Léonart”, sur lequel entre en scène la voix suave d’Antoine Debarge, comme un pas­tiche de Pino D’Angiò.

Après des EPs très dis­co et dansants, Corine affirme son goût pour la var­iété des années 80. Le tout reste très élec­tron­ique, loin des bal­lades lan­goureuses au piano que pour­rait sug­gér­er ce pen­chant. Mais ce qui était si effi­cace en for­mat court peine à tenir sur la longueur d’un album. La recette est en passe de s’essouffler : spo­ken word et bidouil­leries syn­thé­tiques atteignant quelque­fois leurs lim­ites. Heureuse­ment, les morceaux issus des précé­dents EPs sont là pour réchauf­fer le tout. Un résul­tat en demi‐teinte pour la pop sucrée salée de Corine.

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