Ça sort aujourd’hui : vendredi 16 novembre

C’est ven­dre­di, c’est jour de sor­tie ! Vu qu’il est par­fois dif­fi­cile de s’y retrou­ver avec tous les dis­ques qui sor­tent chaque semaine, Tsu­gi a décidé de vous faciliter la tâche en vous faisant une petite sélec­tion de galettes – LPs et EPs con­fon­dus – qui vien­nent de paraître et qui nous font vrai­ment envie : c’est le “ça sort aujourd’hui”. Voici donc de quoi accom­pa­g­n­er votre week‐end avec la tech­no sin­gulière de Ped­er Man­ner­felt, le (beau) revire­ment électro‐pop du DJ Tim Green alias Invis­i­ble Minds, l’un des pio­nniers de la drum’n’bass, dBridge, en lente prom­e­nade dans des ambiances ultra som­bres… Mais aus­si le tout pre­mier album d’Antigone, un bel EP par Jacques Greene sur Luck­yMe, quelques bangers par Tiga & The Mar­tinez Broth­ers et la pop de Fyfe s’accoquinant avec un quar­tet à cordes.

Invisible Minds — Make Up Your Own Stories [Moshi Moshi Records]

Rien que pour l’intro du pre­mier morceau “Yo Mae Leh”, ça vaut le coup de se pencher sur ce Make Up Your Own Sto­ries : une mon­tée infinie portée par un sam­ple de voix dont on (le pro­duc­teur com­pris) ne savons pas grand‐chose si ce n’est qu’il s’agit d’un chant de nomades africains, qui finit par explos­er au con­tact d’une bat­terie breakée. Le disque oscille entre col­lab­o­ra­tions electro‐pop célestes (“Char­il­la”) et explo­rations de syn­thés funky (“Take Them All”), pro­posant tout un recueil de chan­sons élec­tron­iques. Plutôt éton­nant quand on sait que c’est le DJ house et tech­no Tim Green qui se cache der­rière le pseu­do Invis­i­ble Minds.

 

Antigone — Rising [Token]

Sept ans de car­rière, dont cinq en tant que rési­dent de Con­crete, et aujourd’hui un pre­mier album sur Token, le très classe label belge où l’on croise Ini­go Kennedy, Ø [Phase] ou Oscar Mulero : ça se passe plutôt bien pour Antigone ! Avec Ris­ing, le DJ et pro­duc­teur vogue entre IDM et tech­no par­fois deep, tout en nous met­tant une petite claque der­rière la tête en milieu de track­list avec l’implacable quoique plein de groove “Dual­i­ty Of Mind”.

 

Fyfe & Iskra Strings -EP 2 [Benvolio Music]

Le chanteur anglais Fyfe con­tin­ue sa col­lab­o­ra­tion avec Iskra Strings, un quar­tet de musique clas­sique et con­tem­po­raine ayant déjà tra­vail­lé avec Vam­pire Week­end, The xx ou Suf­jan Stevens (quel CV !). Quelques mois après un EP 1, cette deux­ième mou­ture de six titres se fait ren­con­tr­er à nou­veau l’électronique et la pop de Fyfe avec les cordes d’Iskra Strings. Sou­vent planant, tou­jours très beau.

 

Tiga & The Martinez Brothers — Blessed EP, Pt. 1 [Turbo Recordings]

Autre ambiance avec Tiga asso­cié aux Mar­tinez Broth­ers : avec cette pre­mière par­tie d’un Blessed EP sor­tant sur Tur­bo, le label de Tiga, le trio est surtout là pour faire danser. On est par­fois à la lim­ite du putassier, mais avec des morceaux longs, bizarres, funky et dia­ble­ment effi­caces — Lau­rent Gar­nier, The Black Madon­na, Busy P ou Felix Da House­cat ne s’y sont d’ailleurs pas trompé et jouent déjà “Blessed” dans leurs sets.

 

Jacques Greene — Fever Focus [LuckyMe]

Après un pre­mier album remar­qué l’année dernière (Feel Infi­nite), le Mon­tréalais Jacques Greene revient sur le chou­ette label Luck­yMe (mai­son de Baauer, Sui­cideyear, Lunice…) avec un EP entre house onirique, tech­no douce et vocaux r’n’b. A not­er que la ver­sion vinyle de cet EP six‐titres est repar­tie en deux sor­ties, une orange et une verte, pour deux fois plus d’explorations élec­tron­iques à met­tre au pied du sapin.

Peder Mannerfelt — Daily Routine [Peder Mannerfelt Produktion]

Il nous avait un poil man­qué Ped­er Man­ner­felt, trop occupé l’année dernière par la pro­duc­tion du dernier album de Fever Ray et la pré­pa­ra­tion de sa tournée. Mais ça y est : il sort aujourd’hui son troisième album. Ce n’est pas for­cé­ment le disque le plus évi­dent de cette sélec­tion, mais avec Dai­ly Rou­tine le pro­duc­teur sué­dois réus­sit à habile­ment mélanger sons organiques et élec­tron­iques, trans­es shamaniques et pas­sages beau­coup plus dance­floor, comme pour nous inviter dans une fête che­lou se ten­ant autour d’un feu en pleine nature tout en dansant sur de la tech­no de hangar. Du beau bizarre s’étalant sur dix pistes, avec d’un côté du spec­tre le mélodieux et per­ché “Cig­a­rettes”, et de l’autre le bien plus direct (et tech­no) “Tem­po­rary Psy­chosis”.

dBridge — A Love I Can’t Explain [Exit Records]

Pareil, pas évi­dent cet album, mais pas­sion­nant toute­fois. dBridge, l’un des pio­nniers de la drum’n’bass, n’avait pas sor­ti de long‐format depuis dix ans. L’affront est rat­trapé aujourd’hui avec le très som­bre A Love I Can’t Explain, qui n’hésite pas à aller dra­guer dans de très lentes et angois­santes con­trées, priv­ilé­giant le tra­vail de struc­ture et d’ambiance à l’envie de faire danser à tout prix. Une fasci­nante bande‐originale.

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