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© Mathieu Foucher
1 septembre 2023

Interview : Bracco « on aime bien être décontractés »

par Léa Formentel

Pour la vingtième édition de Rock en Seine, on a échangé avec le duo Bracco. Le temps de quelques questions avant de monter sur la scène Ile-deFrance et tout fracasser. Confidences.

 

Comment ça va à quelques heures de votre set ? 

Baptiste : Plutôt normal ! On a l’habitude de jouer du coup, on se met pas de pression.

Loren : Il faut boire avant de jouer, on aime bien être contracté, c’est plus facile (ils s’ouvrent une bière au même moment)

 

C’est votre premier gros festival ?

Baptiste : Non non, on en a fait d’autres, comme le Fusion près de Berlin, l’un des plus grands d’Europe, quarante scènes… c’était la folie ! Je me souviens aussi d’un festival en France, un peu dans le même genre, avec Guéret, je sais plus comment ça s’appelait…

Loren : C’était la Check-in Party je crois, un moment unique.

 

Vous préférez jouer sur des petites scènes ou dans de grands événements comme Rock en Seine ?

Loren : Pour être honnête, je préfère les petites scènes. Même si c’est toujours hyper agréable de jouer avec beaucoup de public, ça nous flatte.

Baptiste : Oui voilà c’est le mot que je cherchais.

Loren : Mais niveau ambiance, je préfère les petits concerts d’hiver, dans une salle fermée, il y a une certaine ambiance, une autre atmosphère, c’est inexplicable.

Baptiste : Exact ! Dans une petite salle close de 400 personnes, les sensations sont différentes, on ressent plus le public, une meilleure cohésion.

Une de vos prochaines dates en festival, c’est à la fête de l’Huma. Comment se passe votre tournée ?

Baptiste : Plutôt bien. Le truc qui est pratique, vu que c’est de la musique électronique, c’est qu’on n’a plus besoin de répéter une fois que le truc est lancé. C’est un peu à l’ancienne, façon James Brown. Tu joues et tu t’améliores, le projet vit en faisant des concerts. On a la chance d’en faire beaucoup. Du coup, les choses fonctionnent bien comme ça.

 

C’est quoi votre meilleur souvenir en tant que public et en tant qu’artiste ?

Baptiste : Le Bicnic, c’était chouette parce qu’on était attendus. Du coup ce qui est flatteur, tu te dis « ben j’aurais réussi à faire quelque chose de mon cerveau et de mon corps« , et il y avait beaucoup de monde du coup c’était vraiment flatteur et cool. Mais sinon, c’est vrai que Fusion est un peu le top niveau festival. Ah si, il y avait un truc à Montpellier, genre c’est un truc grave à l’ancienne, on avait joué en gros, c’était un mec qui organisait ça tous les ans pour son anniversaire et en fait sur une plage un peu paumée, toute la nuit plein de groupes s’enchaînaient et plein d’éléments, c’était hyper bien.

Loren : Ça s’appelait le Samynaire, c’est l’anniversaire d’un programmeur amateur qui s’appelait Samy. Tu avais tous les gens de la région, genre 2000 personnes sur la plage en mode à bouffer des acides et à faire les hippies. Tu manges, tu joues et en fait t’as une ambiance hyper libre, t’as pas vraiment de règles etc. Comme Le Fusion aussi, tout est très libre.

 

bracco

© Mathieu Foucher

Ça va faire bientôt un an que votre album est sorti. Est-ce que vous en avez en préparation ?

Baptiste : On commence à y réfléchir. En fait, on a un autre truc, on doit faire de la quadriphonie, mais ça c’est que pour les lives. Du coup, on va d’abord bosser ça, mais l’utiliser pour faire d’autres trucs. On a bien préparé nos albums par le live. Ce qui a un peu empêché le beat sur le dernier album mais ce qui a empêché, c’est assez péjoratif de dire ça parce que ça nous fait repenser la chose différemment, mais là on a un peu envie de revenir à quelque chose d’assez impulsif.

Loren : Ouais parce que pour nous le dernier disque, il est vraiment fait en mode truc prodé studio, sérieux, pro. Celui d’avant c’était beaucoup plus live et ça marchait comme ça, le prochain je pense que ce sera pas trop ça.

 

De l’impro du coup ?

Baptiste : Ouais, c’est vrai de l’impro mais ça part de l’impro toujours, il y a quand même un truc quand on compose on est à deux et en espèce de face à face et ça sort comme ça. Mais en espèce d’impression assez brute quoi. Je veux pas trop filtrer quoi.

 

Vous avez fait deux feats du coup sur cet album, vous allez en refaire ou pas ?

Baptiste : Je pense que oui, c’est cool de faire des feats. Déjà, t’as un peu un truc tout bête de trouver un nombre de chansons vraiment bien et tu sais jamais si elles sont toutes bien. Faire un feat ça peut être intéressant aussi. Même la collab en fait c’est cool, ça amène ta musique un peu. Ça existe beaucoup plus dans les musiques, dans le hip hop, dans les musiques avec prog, mais pas dans le rock. C’est bien de pouvoir jouer ce que tu vas poser sur CD. Donc clairement il y en aura je pense.

 

Vous avez personne à tête pour l’instant ?

Baptiste : Si moi j’ai quelqu’un en tête mais je ne lui ai pas dit (en parlant de Loren). Mais j’ai un copain qui joue dans Bryan’s Magic Tears qui fait un projet tout seul en « allumé d’électronique », et c’est hyper bien, genre un peu « arabisant » même si j’aime pas ce terme. Enfin, il bosse dans son coin, il a fait quelques concerts comme ça, mais il est assez chaud.

 

Du coup, ce qu’on va entendre ce soir, ce sera différent de ce qu’on peut avoir comme expérience studio ?

Baptiste : Totalement.  C’est pas du tout pareil. On a fait le disque en se disant « c’est cool d’avoir un objet que tu peux l’écouter chez toi et c’est agréable » . Alors que les trucs en live c’est beaucoup plus bestial, c’est beaucoup plus unique, c’est plus de bruit, c’est plus violent, c’est plus joyeux.

Loren : Ouais c’est un type de découverte, tu peux envoyer des gens sur des mondes différents.

Baptiste : T’as des groupes qui te font un concert et qui te chient leur album, soit t’es vraiment ultra fan, soit c’est un peu dommage.

Loren : Ouais c’est la peine.

 

Bracco

© Mathieu Foucher

 

Mais est-ce qu’il y a des chansons que vous préférez jouer du coup en live ?

Baptiste : Alors, oui.

 

Quelles sont-elles ?

Baptiste : Il y a « Dromonia » qui est vraiment agréable, parce qu’elle est un peu moins énervée, mais en même temps il s’y passe plein de trucs, du coup c’est beau comme exercice. Il y a « The Fall » parce qu’on l’a réarrangée pour le live, elle est pas comme sur l’album, elle est vraiment en mode teuf, débile, à une heure du matin. Elle a fini l’album, elle a fini le live, dans deux places en même temps, finalement.

Elle marche bien en album aussi. Il y a « Pain », il y a « Cobra », « Tune » aussi, il y a un truc un peu sensuel qui est cool dans « Carter » aussi. Là pour le coup c’était ouf parce que la salle est vraiment petite.

 

Et pour terminer, c’est quoi vos coups de coeur du festival ? Vous êtes allés voir quoi ? Qu’est-ce que vous allez voir ?

Baptiste : On voit pas beaucoup de musique, on voit des cours, on parle avec des gens, mais on voit plus quand on joue pas, en fait. Enfin déjà t’as ton concert à faire, tu restes avec des potes que tu n’as pas vu depuis longtemps et en vrai tu vois pas tant de trucs que ça…

Loren : Non moi je pense que j’aimerais bien le voir, Flavien (Berger) avant…

Baptiste : Et voilà après Viagra Boys, mais là clairement (le concert des Viagra Boys se tenait au même moment), enfin il y a des trucs où tu sais que dans ton timing, t’auras pas le temps. Et tu vas pas te mettre en mission, traverser le festival, aller voir deux morceaux… Après voilà, moi je pense que j’aurais bien aimé jouer dimanche et voir les Strokes. Parce qu’après c’est cool les festivals comme ça, d’avoir une grosse tête d’affiche.

 

C’est vrai qu’en festival, tu vois un petit peu de chaque concert…

Baptiste : Non mais à fond, tu vois genre, généralement t’as des dates, on s’enchaîne… On a pu se poser, le festival s’enchaîne, tu restes pas, tu viens faire tes bêtises. On voit des concerts sur notre temps libre.

Loren : Ouais, c’est mieux quand on a le temps.

 

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