Skip to main content
10 juillet 2019

John Beauregard est en pleine forme !

par Antoine Dabrowski

Débarquer, dans le parc du château qui donne son nom au festival de l’agglomération caennaise, c’est tomber nez à nez avec un certain John omniprésent dans la communication du festival. Mais qui est John ? John, c’est une des deux grandes scènes qui se font face et qui ont vu naviguer près de 108 000 spectateurs sur quatre jours, égalant le record de fréquentation de l’année dernière. John, c’est ce public familial. John, c’est le soleil qui a brillé sur les 4 jours de l’événement. John, c’est une équipe de bénévoles enthousiaste et bienveillante. John, c’est une organisation au cordeau qui ne laisse rien au hasard. John, c’est la scénographie soignée qui transforme un petit château bourgeois du XIXème en palais de la Belle au Bois Dormant. C’est une équipe de restauration exceptionnelle qui en fait – de loin – le festival où l’on mange le mieux, et pas seulement chez les pros ! Mais John c’est aussi tous ces artistes qui, de marathoniens des festivals, en découvertes locales, en passant par quelques vieilles gloires qui n’ont rien à envier aux jeunes, ont fait vibrer la 11e édition du festival normand. Angèle, Thérapie Taxi, Lomepal, Flavien Berger, Romeo Elvis, Clara Luciani, ont tout donné à John et il le leur bien rendu. Jeanne Added rayonnait par une belle fin d’après-midi faisant l’unanimité jusqu’à se faire repérer par les journalistes du très vénérable NME. Le Royaume-Uni était d’ailleurs bien présent dans cette programmation puisqu’on a eu la joie de retrouver Fatboy Slim avec un set généreux et enlevé, le post-rock inspiré de Mogwai, Tears For Fears dont la voix du chanteur n’a pas bougé d’un iota (même si on ne peut pas en dire autant de l’entente pas très cordiale entre ses membres), ou le punk-rock furibard et engagé d’Idles, décidément ce qui est arrivé de mieux au rock anglais depuis un bon bout de temps. Avec un chanteur qui dédie un morceau à toutes les vagues d’immigration qui ont transformé le « trou paumé » qu’est l’Angleterre en pays riche et dynamique. La classe ! Tous les jours, un groupe normand avait la charge d’ouvrir les hostilités sur la grande scène. On retiendra la prestation inclassable mais irrésistible d’Embrasse Moi. De la pop en français teintée de machines qui groovent, d’une batterie aux accents jazzy, traversée par les spasmes d’une guitare funky juste comme il faut, le tout au service d’une poésie surréaliste que ne renierai pas Brigitte Fontaine. De la musique de « mauvais garçons » comme ils la décrivaient eux-mêmes au micro de la Tsugi Radio. Impossible de passer sous silence aussi le live de NTM musclé par les prouesses aux platines de Pone, le spectaculaire Space Echo d’Étienne de Crécy, ou la pop-folk cabossée de Mac Demarco. Mais le meilleur concert restera pour nous celui de Modeselektor. Malgré le look de teufeur sur le retour de Szary qui s’amusait beaucoup à venir haranguer la foule sur le proscenium – ce qui n’était pas toujours du meilleur effet – ils ont livré un show impeccable dont la puissance nous a vite fait oublier Moderat, et en prime, ils ont accepté que soient diffusés des extraits de ce live sur la Tsugi Radio. Danke schön ! Une émission que vous pouvez réécouter ci-dessous avec aussi Embrasse Moi et Don Turi…

Meilleur moment : manger du camembert au Calvados en écoutant la belle voix du Belge Tamino.

Pire moment : Limp Bizkit qui fait chanter La Marseillaise au public normand ! Mais pourquoi ?!

Visited 38 times, 1 visit(s) today