John Beauregard est en pleine forme !

Débar­quer, dans le parc du château qui donne son nom au fes­ti­val de l’agglomération caen­naise, c’est tomber nez à nez avec un cer­tain John omniprésent dans la com­mu­ni­ca­tion du fes­ti­val. Mais qui est John ? John, c’est une des deux grandes scènes qui se font face et qui ont vu nav­iguer près de 108 000 spec­ta­teurs sur qua­tre jours, égalant le record de fréquen­ta­tion de l’année dernière. John, c’est ce pub­lic famil­ial. John, c’est le soleil qui a bril­lé sur les 4 jours de l’événement. John, c’est une équipe de bénév­oles ent­hou­si­aste et bien­veil­lante. John, c’est une organ­i­sa­tion au cordeau qui ne laisse rien au hasard. John, c’est la scéno­gra­phie soignée qui trans­forme un petit château bour­geois du XIXème en palais de la Belle au Bois Dor­mant. C’est une équipe de restau­ra­tion excep­tion­nelle qui en fait — de loin — le fes­ti­val où l’on mange le mieux, et pas seule­ment chez les pros ! Mais John c’est aus­si tous ces artistes qui, de marathoniens des fes­ti­vals, en décou­vertes locales, en pas­sant par quelques vieilles gloires qui n’ont rien à envi­er aux jeunes, ont fait vibr­er la 11e édi­tion du fes­ti­val nor­mand. Angèle, Thérapie Taxi, Lomepal, Flavien Berg­er, Romeo Elvis, Clara Luciani, ont tout don­né à John et il le leur bien ren­du. Jeanne Added ray­on­nait par une belle fin d’après-midi faisant l’unanimité jusqu’à se faire repér­er par les jour­nal­istes du très vénérable NME. Le Royaume‐Uni était d’ailleurs bien présent dans cette pro­gram­ma­tion puisqu’on a eu la joie de retrou­ver Fat­boy Slim avec un set généreux et enlevé, le post‐rock inspiré de Mog­wai, Tears For Fears dont la voix du chanteur n’a pas bougé d’un iota (même si on ne peut pas en dire autant de l’entente pas très cor­diale entre ses mem­bres), ou le punk‐rock furib­ard et engagé d’Idles, décidé­ment ce qui est arrivé de mieux au rock anglais depuis un bon bout de temps. Avec un chanteur qui dédie un morceau à toutes les vagues d’immigration qui ont trans­for­mé le “trou paumé” qu’est l’Angleterre en pays riche et dynamique. La classe ! Tous les jours, un groupe nor­mand avait la charge d’ouvrir les hos­til­ités sur la grande scène. On retien­dra la presta­tion inclass­able mais irré­sistible d’Embrasse Moi. De la pop en français tein­tée de machines qui groovent, d’une bat­terie aux accents jazzy, tra­ver­sée par les spasmes d’une gui­tare funky juste comme il faut, le tout au ser­vice d’une poésie sur­réal­iste que ne renierai pas Brigitte Fontaine. De la musique de “mau­vais garçons” comme ils la décrivaient eux‐mêmes au micro de la Tsu­gi Radio. Impos­si­ble de pass­er sous silence aus­si le live de NTM mus­clé par les prouess­es aux platines de Pone, le spec­tac­u­laire Space Echo d’Éti­enne de Cré­cy, ou la pop‐folk cabossée de Mac Demar­co. Mais le meilleur con­cert restera pour nous celui de Mod­e­se­lek­tor. Mal­gré le look de teufeur sur le retour de Szary qui s’amusait beau­coup à venir haranguer la foule sur le prosce­ni­um — ce qui n’était pas tou­jours du meilleur effet — ils ont livré un show impec­ca­ble dont la puis­sance nous a vite fait oubli­er Mod­er­at, et en prime, ils ont accep­té que soient dif­fusés des extraits de ce live sur la Tsu­gi Radio. Danke schön ! Une émis­sion que vous pou­vez réé­couter ci‐dessous avec aus­si Embrasse Moi et Don Turi…

Meilleur moment : manger du camem­bert au Cal­va­dos en écoutant la belle voix du Belge Tamino.

Pire moment : Limp Bizk­it qui fait chanter La Mar­seil­laise au pub­lic nor­mand ! Mais pourquoi ?!

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