Justice à l'AccorHotels Arena, le 14 octobre 2017. Crédit : Toni François

Justice à l’AccorHotels Arena : le feu d’artifice

Plus de 500 000 Français souf­frent d’épilep­sie. Espérons sim­ple­ment que per­son­ne par­mi ce presque 1% de la pop­u­la­tion du pays n’avait fait le déplace­ment à l’Ac­corHo­tels Are­na — anci­en­nement Paris-Bercy — same­di soir, car Jus­tice s’é­tait bien décidé à faire péter la note d’élec­tric­ité. C’est sim­ple, jamais on n’avait vu de light­show pareil. Stro­bo­scopes, fais­ceaux par­tant dans tous les sens, pan­neaux tour­nant à 360, à la fois miroirs, spots et murs de LEDs, pro­je­tant autant de pail­lettes, étoiles et mono­chromes lumineux… Chaque morceau a eu le droit à son ambiance lumineuse, avec une nette préférence pour le blanc, le noir, l’or et le rouge, tou­jours dans-ta-face, tou­jours plutôt classe. Plus qu’un con­cert, c’est un spec­ta­cle qu’ont offert Gas­pard Augé et Xavier de Ros­nay qui, soyons hon­nêtes, n’ont pas beau­coup touché à leurs instru­ments pen­dant les deux heures de show. Mais en même temps, ce n’est pas pour les solos de gui­tare que cha­cun vient voir Jus­tice : écouter les tubes du duo remaniés spé­ciale­ment pour le live, s’en pren­dre plein les mirettes, et danser comme des petits fous, c’est tout ce qu’on demande. Et des petits fous qui dansent, il y en avait plein.

Crédit : Toni François

Il faut dire que la foule dans la fos­se, com­posée à la grande majorité de mecs blancs autour de 25 ans, a été bien mise en jambe par un warm-up de Surkin, Myd, Sebas­t­iAn et Busy P, ce dernier n’hési­tant pas à pren­dre le micro, à l’an­ci­enne, pour intro­duire le con­cert du duo star de son label Ed Banger… Non sans caler un petit “Si ya des copains dans les gradins, je cherche deux places pour Mari­ah Carey pour ma meuf et moi” — vu que pas mal de beau monde avait fait le déplace­ment, des mem­bres du label à DJ Pone en pas­sant par Kim Chap­iron, ça valait le coup d’es­say­er ! A peine le temps d’aller chercher un verre que débar­que le duo sur scène, entouré de ses main­tenant habituels amplis Mar­shall, la croix jamais très loin. Les pre­mières notes de “Safe & Sound” réson­nent au milieu des cris du pub­lic, vite rat­trapées par les voix enfan­tines de “D.A.N.C.E.”. Tous les porta­bles sont dégainés pour filmer le début du con­cert… Puis le début de CHAQUE morceau. Une impres­sion d’être à la Fnac en plein milieu d’une démo de smart­phones franche­ment lourde, tout juste rat­trapée par la toute fin du show, quand tout le monde demande un rap­pel : fatigués de hurler, les spec­ta­teurs dégainent spon­tané­ment le flash de leur télé­phone, pour autant d’é­toiles dans la fos­se et les gradins… Mag­ique ! Traitez-nous de réac’, mais c’est la seule util­i­sa­tion accept­able de son mobile pen­dant un con­cert. Bref.

Love SOS qui ren­tre dans le crâne et accom­pa­g­né de couleurs Tequi­la Sun­rise, “Gen­e­sis” incon­tourn­able dont la mélodie est reprise en choeur façon stade, “Civil­i­sa­tion” dans un décor apoc­a­lyp­tique où l’on aperçoit tous les câbles qui ali­mentent les lumières (et il y en a pas mal !), “Plea­sure” et les pan­neaux pub­lic­i­taires de Bercy qui s’il­lu­mi­nent… Tout est impres­sion­nant, tout est tube, jusqu’au moment fatidique où, à la fin de DVNO, résonne “Stress”, tou­jours aus­si effi­cace. Quelques min­utes plus tard, le duo se fige, en mode un-deux-trois-soleil, pour ensuite bal­ancer son remix de “We Are Your Friends”, le pre­mier morceau qui l’a fait con­naître. Après le fameux rap­pel au télé­phone, ils appa­rais­sent en haut des gradins, s’of­frent un petit bain de foule en redescen­dant, puis un à la toute fin du con­cert où Xavier de Ros­nay finit porté, debout, par les pre­miers rangs… Les deux Jus­tice prof­i­tent, se font plaisir, et nous aus­si. Alors oui, tout ça ressem­blait plus à un spec­ta­cle son et lumière ultra impres­sion­nant qu’à un con­cert à pro­pre­ment par­lé. Mais encore une fois, on s’en fout : on a usé nos semelles, on a été ado à nou­veau, et on était 18 000 dans ce cas.

(bon, on a quand même filmé quelques min­utes, en atten­dant le replay par Arte Con­cert) 

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