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KOKOKO! sort “Fongola”, son premier album à la croisée des genres

Polyry­th­mie dis­tor­due, sonorités lo-fi arrachées à divers matéri­aux de récupéra­tion, paroles scan­dées ensor­ce­lantes… Désor­mais signé sur le label bri­tan­nique indépen­dant Trans­gres­sive (Flume, SOPHIE, Lets Eat Grand­ma…), les mem­bres de l’énig­ma­tique groupe KOKOKO! — né de la ren­con­tre de Boms, Makara, Dido et Bovic, musi­ciens de Kin­shasa et Debruit, pro­duc­teur français — sont bien décidés à accouch­er d’un man­i­feste. Celui d’un mélange des cul­tures et des sonorités, bras­sant les influ­ences con­go­lais­es et les musiques élec­tron­iques pour en sor­tir une musique qui ne ressem­ble à rien d’autre. À tra­vers un pre­mier LP, Fon­go­la, le groupe pro­pose une démon­stra­tion struc­turée de leurs mul­ti­ples expéri­men­ta­tions, entamées en 2016 et rassem­blées pour la pre­mière fois sous la forme d’un EP l’an­née suiv­ante. 

Les onze titres de Fon­go­la dressent une toile, furieuse­ment badi­geon­née par des ryth­miques tan­tôt “tra­di­tion­nelles” tan­tôt déli­cieuse­ment com­plex­es, des tex­tures râpeuses et un pro­pos sans com­pro­mis. Le LP fut amor­cé par un pre­mier sin­gle, qui dépeint par­faite­ment l’e­sprit de l’équipe : “Buka Dansa sig­ni­fie “danser jusqu’au bout, jusqu’à la fin”. Pour illus­tr­er ça, Dido a choisi de chanter ce morceau de manière très ryth­mée, qua­si syn­copée, en lien avec ce riff de gui­tare que l’on a fab­riquée nous-même, qui évolue avec la mélodie générale du morceau. Le texte est assez psy­ché, et se con­cen­tre sur tous ces moments de petit bon­heur que l’on con­naît dans la vie — la sen­sa­tion d’un goût que l’on appré­cie qui glisse lente­ment dans la gorge, ou d’une bouf­fée de fumée de cig­a­rette dans la bouche”. Du psy­chédélisme, de l’én­ergie brute et élec­trique, des grooves afrobeat (l’ir­ré­sistible invi­ta­tion à bouger son fessier sur “Kitoko”) lorgnant par­fois vers le hip-hop (on pense notam­ment à “Zala Mayela”, ses bat­ter­ies et sa ligne de basse entê­tante) ; du futur­isme égale­ment. Celui d’une Afrique puis­sante mais rafis­tolée, prête à en découdre et à explos­er, à la manière d’une bombe atom­ique arti­sanale. Tic tac.

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