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19 juin 2017

L’album du mois : DBFC – « Jenks »

par Benoît Carretier

Article extrait de Tsugi 103, actuellement en kiosque ou disponible à la commande ici.

Difficile au lendemain de l’attentat-suicide à la Manchester Arena de ne pas avoir une pensée tristement enamourée pour la métropole mancunienne, qui a joué un rôle important dans la construction de notre bagage musical. Depuis la scène postpunk et Joy Division, The Buzzcocks, The Fall, puis New Order, le label Factory et son mythique club l’Haçienda (où débuta un certain Laurent Garnier) jusqu’au mouvement Madchester qui consacra la ville capitale britannique de l’acid house, Manchester, par ses différentes vagues musicales, a toujours su se positionner comme l’un des principaux creusets culturels européens. Et à ceux qui jugeraient la deuxième ville d’Angleterre figée dans son glorieux passé, on opposera le dernier talent en date à s’imposer entre nos oreilles, le multi-instrumentiste David Shaw. Repéré par le passé avec ses projets Siskid et David Shaw & The Beat, Shaw s’est associé au Parisien d’origine bordelaise Dombrance (auteur d’un bel album en 2004 puis du mini-tube « The Witch » chez Kitsuné) pour fonder DBFC, qui déboule aujourd’hui avec un premier album qui confirme tous les espoirs suscités en 2014 par la sortie de Leave My Room, leur premier EP commun. Si la paire ne se revendique pas clairement du Madchester des 90’s, préférant parler de psychotronica, soit la synthèse entre la pop psyché, le rock et la musique de club, son premier album Jenks est peut-être la plus belle des résurrections dont aurait pu rêver le baggy sound. Avec intelligence et malice, DBFC reprend à sa sauce les caractéristiques du genre, à savoir une certaine nonchalance du chant, notamment sur l’introductif « Jenks », « Sinner » ou « Staying Home », et le refus de choisir entre rock et dance music. Mais là où l’on pratiquait les beats uptempo qui tâchent, David Shaw et Dombrance font le choix d’une électronique analogique « sérieuse » sans effets de manches. Leur fusion midtempo entre électronique et rock, loin de l’électro-rock brouillonne, prend le meilleur des deux mondes dans une démarche toute naturelle qui dessine les contours d’une pop à l’écriture parfaite, que l’on devine taillée pour la scène. Immédiat et subtil, rappelant aussi les expérimentations de l’Irlandais David Holmes, Jenks se paye le luxe d’un joli petit tube avec « Disco Coco », dont on se surprend à chantonner le refrain dès la première écoute. Un album solide destiné à tourner en boucle tout l’été et au-delà.

Si vous êtes plutôt Spotify : 

Jenk(Different Recordings), sorti le 2 juin.

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