L’album oublié : Kitsuné Midnight

Extrait de Tsu­gi 96 (octo­bre 2016)

Pour qui veut suiv­re la pro­gres­sion musi­cale de Kit­suné, trop sou­vent con­sid­éré comme un label parisien électro-pop branché rat­taché à une mai­son de mode, on peut soit fouiller dans les 240 et quelque sin­gles sor­tis par le label depuis 2002, soit se per­dre dans le maquis des com­pi­la­tions, une spé­cial­ité de la mai­son. Entre les Kit­suné Boom­box, les Kit­suné Soleil, les Kit­suné New Faces, les qua­tre volets de Kit­suné Amer­i­ca (à la recherche des nou­veaux tal­ents électro-indie aux USA) ou les 17 vol­umes de Kit­suné Mai­son (à la recherche des nou­veaux tal­ents tout court), il y a de quoi fouiller. Mais si l’on part à la recherche des orig­ines de Kit­suné, avant que le label ne casse la baraque avec Dig­i­tal­ism, il existe un trip­tyque mag­ique, qui date de ses trois pre­mières années, à l’époque où ses cofon­da­teurs Gildas Loaéc et Masaya Kuro­ki n’avaient pas encore trou­vé leur iden­tité musi­cale defin­i­tive. Kit­suné Love (2002), Kit­suné Mid­night (2004), Kit­suné X (2005), puisqu’il s’agit d’elles, sol­dent l’héritage french touch, far­fouil­lent dans une scène élec­tron­ique parisi­enne en début de réin­ven­tion et réu­nis­sent en trois par­ties un cast­ing qui, s’il n’a pas tou­jours résisté à l’épreuve du temps, est d’une solid­ité éprou­vée. A Kit­suné Love, l’amour, la house et le down­tem­po, portés par le clas­sique “Attend 1” de DJ Gre­go­ry ou encore “Hooked On U” de Play­group. A Kit­suné X les expéri­men­ta­tions de pop élec­tron­ique en dehors des clous, où s’illustrent “Teenage Kiss” de Joakim, “Transe” de Vol­ga Select ou “The Count” de Simi­an Mobile Dis­co. Enfin (et dans le désor­dre chronologique), à Kit­suné Mid­night, notre préférée, la dérive noc­turne avec l’énorme “Ital­ian Fire­flies” de Black Strobe (à l’origine un remix refusé par Gold­frapp), le tubesque “Eeeeaaooww” de Freeform Five, “Dance With Me” de Cos­mo Vitel­li, “Future” de Cut Copy ou le glaçant “Fade Away” de Cold­er. Trois atmo­sphères pour trois com­pi­la­tions qui ne pré­fig­u­raient en rien l’ouragan Dig­i­tal­ism qui allait défer­ler, Kit­suné Mai­son, les Two Door Cin­e­ma Club et leur indie-pop sur­voltée, etc. Pour beau­coup, Kit­suné sera tou­jours Love Mid­night X.

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