L’autre passion de : Mark Moore

Pio­nnier de la scène acid house anglaise, S’Express a influ­encé un pan entier de la dance music. Alors que sort une com­pi­la­tion de remix­es des grands tubes du groupe mené par Mark Moore, dis­cus­sion de cinéphiles avec un fan éper­du de films de genre et de ban­des originales.

Ma pas­sion pour le ciné­ma, notam­ment pour les films de genre, est forte­ment liée à celle que j’ai pour la musique. Mon plus vieux sou­venir lié au sep­tième art, le pre­mier long-métrage à m’avoir véri­ta­ble­ment mar­qué a été Le Bon, la brute et le truand de Ser­gio Leone. Que cela soit la réal­i­sa­tion, le scé­nario ou la bande orig­i­nale, tout m’a boulever­sé. J’ai trou­vé la musique si fan­tas­tique que j’ai demandé à ma mère de m’acheter le vinyle. C’était seule­ment mon troisième album, le pre­mier était la BO de Mary Pop­pins. Dès mon plus jeune âge, ma mère nous emme­nait toutes les semaines, mon frère et moi, au ciné­ma et ce peu importe les cri­tiques ou la programmation.

Je me sou­viens avoir accom­pa­g­né mon père voir Bul­lit, avec Steve McQueen. Il y avait cette scène où un infor­ma­teur pris en charge par la police se fai­sait assas­sin­er pen­dant qu’il était allongé sur son lit, par des hommes faisant irrup­tion dans sa cham­bre. J’ai trou­vé cela extrême­ment vio­lent, je me sou­viens encore du sang et des tach­es sur le mur. Quelque temps plus tard, son visa d’exploitation a été mod­i­fié et les moins de seize ans n’avaient plus le droit d’aller le voir, même accom­pa­g­nés. Puis à par­tir de qua­torze, quinze ans, j’ai com­mencé à pou­voir ren­tr­er dans les séances inter­dites aux mineurs. Ain­si, je suis allé à une pro­jec­tion d’Assaut, de John Car­pen­ter, qui à l’époque était unique. C’était si vio­lent, qu’un grand nom­bre de spec­ta­teurs ont dû quit­ter la salle avant la fin devant l’intensité des scènes. La bande orig­i­nale était extra­or­di­naire, très élec­tron­ique. Pen­dant longtemps j’ai essayé de trou­ver l’album, mais la ver­sion offi­cielle n’est sor­tie qu’en 2003, grâce à des Français d’ailleurs, Record Mak­ers.

J’avais par con­tre con­fon­du “Being Boiled”, le pre­mier sin­gle d’Human League, enten­du chez John Peel, avec la BO du film. Cela a été ma porte d’entrée vers la new wave, avec Cabaret Voltaire. Au même moment, vers qua­torze ans, j’ai vu Sus­piria de Dario Argen­to, pour lequel Gob­lin avait com­posé la bande orig­i­nale. Un peu plus tard, alors que j’avais seize, dix-sept ans, nous avions un ciné­ma extra­or­di­naire à Lon­dres, The Scala, qui restait ouvert toute la nuit durant le week-end. Il y avait des soirées dédiées à Pasoli­ni, ou à John Waters. Une fois les clubs fer­més, à deux heures du matin à cette époque, il n’y avait plus de métro et les gens ne pou­vaient pas ren­tr­er chez eux. Donc tout le monde se retrou­vait dans ce ciné­ma pour regarder ces superbes films toute la nuit. La plu­part du temps, comme nous n’avions pas assez d’argent pour entr­er, il fal­lait qu’on essaye de s’introduire par la porte de der­rière. Le lieu était fan­tas­tique et la fête con­tin­u­ait dans le café où il y avait un juke­box sur lequel pas­sait Joy Divi­sion, Mag­a­zine… En 2009, alors que j’étais en vacances en Ital­ie, j’ai eu l’occasion de crois­er Lui­gi Cozzi, réal­isa­teur de séries B et de films d’horreur dans les années 70 et 80. On a com­mencé à dis­cuter ciné­ma et il a pu con­stater que j’étais pas­sion­né. Il m’a pro­posé de ren­con­tr­er Dario Argen­to avec lui le lende­main. Le con­tact a été facile, car je con­nais­sais déjà sa fille Asia, que j’aime beau­coup et qui a joué comme DJ dans mon club, Elec­tro­gogo. Cet homme fait par­tie de mes réal­isa­teurs préférés, j’ai acheté Les Fris­sons de l’angoisse en VHS, en DVD, puis dans une meilleure édi­tion DVD et enfin en Blu-Ray. C’est dire si j’aime ce film.

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