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Eleanor Shine. Crédit : Nicolas Szwanka, BTS Photographie Lycée Jean Rostand, Roubaix
7 septembre 2020

Le Crossroads Festival en livestream, ou comment s’adapter au format numérique

par Alix Odorico

Le Crossroads Festival, Festival européen de découvertes musicales des Hauts-de-France ne se tiendra pas à Roubaix pour sa 5ème édition, mais les programmateurs en ont sous le coude puisqu’ils organisent les Crossroads Sessions, des concerts en livestream du 8 au 11 septembre, dès 21h, sur Facebook et YouTube. Ils accompagneront des tables rondes, qui elles, auront lieu en présentiel à Roubaix.

Lancé en 2016 par la Brigade d’Intervention Culturelle — dispositif d’accompagnement de la filière des musiques actuelles en région Hauts-de-France — en vue de promouvoir les jeunes talents locaux, le Crossroads Festival porte bien son nom (carrefour en anglais) puisqu’il se veut au croisement de l’axe Paris-Londres-Bruxelles, triangle d’une grande richesse musicale. Si la crise sanitaire actuelle empêche quasiment toute manifestation culturelle debout, cette 5ème édition se déroulera derrière vos écrans avec des concerts en livestream tous les soirs de 21h à 23h. Cette programmation musicale complète une série de tables rondes qui auront lieu en présentiel à Roubaix, et diffusées toute la journée autour des thématiques qui bousculent le monde de la musique d’aujourd’hui.

Le mélange hip-hop et bass music d’Adam Carpels, le duo post-punk, noise et électro Dear Deer — auteur d’un deuxième album, Chew-chew, sorti en octobre 2018 — la pop de White Velvet (influencée par Björk ou par Lana del Rey) ou le hip-hop du Bordelais Yudimah : au total, ce sont 27 artistes de 7 régions françaises et de Belgique bien décidés à se faire un nom qui sont réunis pour cette 5ème édition. Rencontre avec Kenneth Quiguer, secrétaire général de l’association LA BIC, qui explique le projet et les difficultés générées par l’adaptation d’un festival au format numérique.

 

Comment avez-vous eu l’idée de concevoir ce festival et quel en est l’objectif ?

Dear Deer © Frédéric Lovino

L’idée germait depuis 2011. Nous étions au festival M pour Montréal, où nous avions accompagné deux groupes. Nous nous sommes dit qu’après une dizaine d’années à emmener des artistes de notre région dans des festivals en France et ailleurs que ce serait une bonne idée d’avoir notre propre événement chez nous, de manière à pouvoir inviter des professionnels à découvrir notre scène régionale. Il a fallu trois années pour convaincre nos partenaires, trouver les fonds afin de lancer ce nouveau projet ; et la première édition a pu se tenir en septembre 2015, grâce au soutien de la filière régionale, de la Cave aux Poètes et de la Condition Publique, de la Région Hauts-de-France, de la Métropole Européenne de Lille et de la SACEM.

 » Ça a été une aventure sur tous les plans. Nous avons organisé une tournée dans toute la France et à Bruxelles pour notre équipe audiovisuelle qui est allée filmer 27 équipes artistiques dans une quinzaine de lieux ! « 

Comment est-ce qu’on adapte un festival au format livestream et quelles ont été les difficultés pour vous ?

Ce fut une aventure sur tous les plans : technologique, technique, juridique, économique… Nous sommes passés de organiser trois jours de festival dans des salles de spectacles de Roubaix, à organiser une tournée dans toute la France et à Bruxelles pour notre équipe audiovisuelle qui est allée filmer 27 équipes artistiques dans une quinzaine de lieux ! Et tout cela avec trois mois d’avance sur le timing habituel. Nous avons transformé notre mode de production habituel en très peu de temps et dû tenir compte de conditions d’accueil très différentes d’une salle à l’autre à cause des contraintes sanitaires que nous connaissons malheureusement. Mais tout le monde a joué le jeu : les artistes, les salles partenaires, les techniciens, l’équipe de production, l’équipe de communication… Ils ont tous travaillé d’arrache-pied, et avec enthousiasme ! Et nos partenaires financiers ont maintenu leur soutien, ce qui a bien sûr été déterminant pour que nous puissions imaginer ce festival dans ce nouveau format. C’est d’ailleurs ici l’occasion de remercier encore chacune et chacun pour leur engagement sans cette (belle) aventure !

Yudimah © Berrebictures

Un petit mot sur la programmation musicale et son identité ?

La programmation a été effectuée par un comité composé de 11 professionnelles et professionnels de la filière des Hauts-de-France, qui a choisi parmi plus de 200 propositions émanant de toute la France et de l’étranger (Canada, Belgique, Allemagne…). Le résultat, c’est une programmation variée, avec une belle diversité d’esthétiques : rap, électro, pop, rock… Beaucoup de talents en tout cas !

Concernant les tables rondes, quelles thématiques avez-vous mis en place cette année ?

Pour les tables rondes, nous nous efforçons tous les ans avec le Pôle régional Haute Fidélité et TOTEM de coller à l’actualité du secteur. Évidemment cette année, nous aborderons le sujet de l’avenir de la filière avec cette bascule sur le numérique que nous vivons depuis plusieurs mois, notamment concernant la rémunération des artistes et de la chaîne de production. Mais l’actualité de la filière, c’est aussi la santé des artistes, la parité, la construction de carrières, l’export, les aides mobilisables pour créer, se former, être accompagné·e… Bien sûr, tout cela est à mettre en perspective avec la crise sanitaire et les possibilités que nous retrouverons, je l’espère prochainement, d’exercer correctement nos métiers sans prendre de risques pour les artistes, les publics et les salarié·e·s de nos structures. Il faut aussi préciser que nos rencontres professionnelles viennent s’inscrire dans un programme plus global cette semaine, qui intègre le congrès du Syndicat des musiques Actuelles (organisé au Grand Mix à Tourcoing les 8 et 9) et les rencontres « Fonction programmation » de la FEDELIMA (salle Watremez à Roubaix les 9 et 10).

 » La créativité de la scène régionale mérite d’être valorisée, et ce travail collectif à son service doit être poursuivi et encore développé, y compris certainement pour sa nouvelle dimension numérique. « 

C’est votre 5ème édition cette année (un peu particulière). Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le festival depuis votre première en 2016 et sur la scène des Hauts-de-France ?

L’année dernière, nous avions franchi la barre des 400 professionnels présents à Roubaix pendant les trois jours du festival, ce qui était une grande satisfaction et une bonne base de travail pour la suite. Nous souhaitions aussi faire porter notre effort pour 2020 sur la fréquentation grand public. Là, effectivement, tout a été bouleversé ! Nous avons néanmoins fait le choix de maintenir les rencontres professionnelles en présentiel parce qu’il était important que les acteurs de la filière régionale puissent se retrouver après ces mois d’arrêt et réfléchir ensemble à la suite. Évidemment dans le respect des gestes protecteurs et avec les mesures de sécurité qui s’imposent. Pour ce qui est de la diffusion, numérique donc, nous ferons le décompte des audiences sur les réseaux sociaux vendredi soir ! Nous tirerons ensuite les enseignements de tout cela avec nos partenaires et le Pôle régional pour les prochaines éditions; mais il nous faudra tirer le meilleur parti de cette expérience pour la suite. La créativité de la scène régionale mérite d’être valorisée, et ce travail collectif à son service doit être poursuivi et encore développé, y compris certainement pour sa nouvelle dimension numérique.

Retrouvez la programmation complète ici. Les concerts seront à suivre tous les soirs dès 21h sur la page Facebook de Tsugi.

Event Facebook

Teaser de l’événement :

 

 

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