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Zoltàn Balla alias Ballacid / © D.R
8 septembre 2020

Qui est derrière Ballacid, la chaîne YouTube que les diggers suivent ?

par Alix Odorico

Créée il y a 12 ans, la chaîne YouTube Ballacid est un vivier de petites pépites underground chinées un peu partout sur le web. Qui est aux commandes ? Un Hongrois passionné d’acid, à qui labels comme diggers de sons s’intéressent de près.

Le Hongrois Zoltàn Balla a créé Ballacid en 2008 alors que les premiers diggers du net se comptaient presque sur les doigts d’une main. Un précurseur. Son modus operandi ? Zoltàn partage activement sur sa chaîne ses dernières trouvailles, chinées parfois dans les tréfonds du web. Electronic, experimental, IDM, breaks, acid, jungle ou disco, les genres se mélangent et titillent l’underground européen. L’objectif de Zoltàn n’est néanmoins pas de promouvoir une scène quelconque ou de mettre sur le devant de la scène de jeunes artistes en mal de vues. Newcomers ou headliners, il ne s’en soucie guère. C’est du pur loisir. Cet électron libre un brin cosmique raconte à Tsugi l’histoire de Ballacid, sa vision de l’électronique français et en profite même pour saluer le pays qui lui a permis de claquer son acid old school en plein centre de la France.

Pourquoi avoir créé cette chaîne ?

Tout simplement par amour pour la musique qui a commencé le jour où je suis né (rires).

Et le nom Ballacid, que représente-t-il pour toi ?

Il vient de la contraction de Balla, qui est mon nom de famille et qui signifie danser en italien — et c’est pourquoi je l’aime vraiment — et d’acid, genre de musique dont je suis tombé amoureux et que j’aimerai toute ma vie.

Zoltan Balla - Ballacid

@ D.R

« Il y a tout de même des limites dans les styles que je choisis, je suis plutôt orienté electro, IDM, breaks, jungle ou disco ».

Raconte-nous un peu ton histoire avec Ballacid jusqu’à aujourd’hui…

Et bien j’ai commencé à uploader, pour le plaisir, des tracks qui me plaisaient et qui bien sûr, n’étaient pas déjà disponible sur YouTube. Il faut dire que contrairement à maintenant, il n’y avait pas vraiment d’autres options pour aller digger du son et agrandir son répertoire musical. Mon approche a ensuite évolué puisque mon objectif consistait à ce qu’une personne tombe sur un son et qu’il devienne son coup de cœur du moment, et c’est d’ailleurs encore en partie toujours le cas. Puis mon engouement pour le vinyle m’a rattrapé et j’ai commencé à les collectionner, les numériser, les prendre en photo et les partager sur la toile. En faisant cela, le nombre de mes abonnés a commencé à croître (29.200 abonnés au compteur à ce jour). Le véritable tournant s’est opéré lorsque j’ai acheté un son de Tom Jenkison [alias Squarepusher, ndlr] sur vinyle à cause de sa rareté et aussi pour le partager avec ma communauté. Je l’ai téléchargé en HD et il n’était pas possible de l’entendre ailleurs, ou du moins avec une telle qualité.

« 80% de la musique que je télécharge m’est envoyée par des artistes ou des labels « .

Au regard de tes sélections, on remarque qu’il y a beaucoup d’artistes émergents ou peu connus, c’est un de tes leitmotivs ?

C’est une bonne question… Je ne me suis jamais préoccupé de savoir si la musique que j’écoute provient d’un headliner ou d’un newcomer. Bien sûr, j’ai mes favoris parmi des artistes plus connus comme Aphex Twin ou Voiron, et si leur dernière release me plait, j’irai l’acheter, mais il n’y a pas de quotas entre artistes émergents ou non et je ne poste que des sons que j’apprécie. Après, il y a tout de même des limites dans les styles que je choisis, je suis plutôt orienté electro, IDM, breaks, jungle ou disco. Sinon en ce moment, 80% de la musique que je télécharge m’est envoyée par des artistes ou des labels, mais en parallèle de cela, je cherche toujours des nouveautés comme je l’ai toujours fait, malgré mon manque de temps.

80 % ? Tu as mis en place quelques partenariats ?

Non, ma chaîne reste un loisir et non un métier car je ne touche aucun revenu, que ce soit de la part de YouTube ou d’artistes et labels, et je ne vise aucun profit. Mes gains sont spirituels, ils proviennent des personnalités que je rencontre à travers le digging et par la culture musicale qu’ils m’apportent, c’est juste merveilleux ! Dernièrement, quelques maisons de disques et certains artistes m’envoient leurs disques en cadeau et j’en suis très content. J’en profite d’ailleurs pour leur dire : merci les gars!

Plus généralement, penses-tu qu’il y a des genres musicaux spécifiques à certains pays ?

Question intéressante. Je pense qu’il n’y a plus de grandes différences car les frontières musicales semblent abolies. La branche de l’industrie de la musique change si vite qu’il est impossible de voir ses disparités. Parfois, je reçois des sons de petits pays tout en pensant qu’ils sont étiquetés sous des gros labels européens, et en fait, il s’avère que ce n’était pas le cas. Il y a des artistes qui font des disques que je pourrais reconnaître à l’aveuglette, car leur son est unique, quel que soit leur pays d’origine.

« La musique électronique française est merveilleuse et d’une grande richesse. Elle l’a toujours été et le sera toujours. »

Ton expérience du digging semble t’avoir ouvert à de nombreux pays. La musique électronique française, tu en penses quoi ?

Alors je ne dis pas ça parce que vous voulez l’entendre ou par politesse, mais en toute honnêteté, la musique électronique française est merveilleuse et d’une grande richesse. Elle l’a toujours été et le sera toujours. Je ne parle pas seulement de l’underground mais aussi des versants techno ou pop, contemporains ou populaires. J’ai beaucoup écouté de variété française, puis la nouvelle vague, le disco des années 80 et la techno des années 90 avec Laurent Garnier par exemple. Et je pourrais mentionner d’autres grands noms qui l’ont démocratisé. Ces jours-ci, j’obtiens tellement de très bons sons électro, acid, IDM ou de braindance qui proviennent de France… Pour conclure, j’aimerais dire que grâce à ma chaîne YouTube et mes amitiés nouées, j’ai pu y voyager et y jouer en 2019 [Zoltàn Balla fait partie du groupe Wedding Acid Group qui a joué au One O One 101 club à Clermont-Ferrand, ndlr]. Ce fut une expérience dont je me souviendrai toujours.

Voici ci-dessous une petite sélection de titres qui représentent l’univers déjanté de Ballacid









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