Le docu sur l’âge d’or des Beastie Boys est là

On a bien vu que vous vous en réjouissiez et nous ne l’avons pas oublié : le doc­u­men­taire de Spike Jonze sur l’âge d’or des Beast­ie Boys est aujour­d’hui disponible sur Apple TV (il faut être abon­nés mais les sept pre­miers jours sont gra­tu­its).

Lien vers le documentaire sur Apple TV

L’occasion pour nous de pub­li­er enfin cet “inspiration/expiration” de 2011 qui n’a pas pris une ride, tout comme les sources d’inspiration des Beast­ie Boys.

  • Bob Mar­ley — Exo­dus

MC A: Je me sou­viens, j’avais douze ans, et je n’arrêtais de l’écouter au casque, j’étais fasciné par la basse.
Ad Rock (en riant) : Je t’imagine à douze ans écouter la basse ! Dif­fi­cile de choisir un album de Bob Mar­ley entre celui ci ou Catch A Fire, Burnin’ ?
MC A: Oui, mais dans celui ci tu as “Jam­min”, Nat­ur­al Mys­tic ça compte !

  • X Ray Spex — Germ Free Ado­les­cents

Ad Rock : Les chan­sons étaient sur­prenantes, du punk avec du sax­o­phone. Je l’écoute encore, et je reviens tou­jours vers ce disque. Cela fait par­tie des rares albums punk avec celui des Slits ou le pre­mier album des Clash qui ne sont pas démod­és aujourd’hui. C’est un album que j’ai acheté en import car il n’était pas dis­tribué aux USA à l’époque.

  • Bad Brains — Bad Brains Cas­sette (ROIR)

Ad Rock : Ça date de 1982, à l’époque j’écoutais beau­coup les Clash , les Dead Boys, les Sex Pis­tols. Mais la pre­mière fois que j’ai enten­du les Bad Brains, un groupe black de Wash­ing­ton, j’ai ressen­ti que c’était du punk qui expri­mait vrai­ment ma rage d’adolescent.
Mick D : Les Bad Brains étaient uniques et très intens­es au niveau de l’énergie qu’ils déga­gaient. Quand tu es dans un groupe cela ne peut être que fasci­nant d’entrendre une telle musique. Tu ne peux plus revenir en arrière après ça.
Mc A: J’étais fan de cette série de cas­settes sur ROIR où il y avait aus­si les Choco­late Watch Band ou le MC5. Je me revois revenant de l’école et écoutant ces cas­settes en boucles.

  • The Jack­son 5ABC

Ad Rock : On a appris hier la mort de Michael donc c’est for­cè­ment un hom­mage. Mais c’est sincère car j’ai écouté telle­ment de fois ce disque. Les chan­sons sont incroy­ables : “I want you back”, “I’ll Be there”. C’est vrai­ment le genre d’album aus­si intem­porel que ma mon­tre (rires).
Mick D : C’est une manière d’honorer aus­si la pro­duc­tion de Motown, ce mélange de funk et rythm’n’blues. Mes enfants aujourd’hui aiment encore cet album.

  • Run DMC — Run DMC

Ad Rock : Pour moi, ce disque a été super impor­tant, c’est l’album qui m’a don­né envie d’être un rappeur. C’était aus­si impor­tant que les Bad Brains.
Mc A : Nous étions à l’époque autant influ­encé par le punk que par le hip hop.
Mick D : C’est vrai, mais n’oublie pas non plus le reg­gae et le dub, deux styles essen­tiels pour nous.

  • Pub­lic Ene­my — It Takes a Nation of Mil­lions to Hold Us Back

Mick D : C’était vrai­ment un album que l’on pou­vait écouter du début à la fin. La cul­ture rock avait ce genre de disque comme savait le faire les Bea­t­les avec The White Album, ou les Stones. Mais là c’était la pre­mière fois que dans le hip hop nous avions un album con­ceptuel. Et puis la pro­duc­tion du Bomb Squad était com­pléte­ment incroy­able. Sans oubli­er l’engagement poli­tique de Chuck D. C’était la bande son de New York à l’époque.
Ad Rock : Je me sou­viens de m’être dit en l’écoutant : ce mec a le pou­voir avec sa voix. Un peu comme Aretha Franklin ou Bil­lie Hol­l­i­day.

  • Lee Scratch Per­ry — Archol­o­gy

Mick D : Sa discogra­phie est telle­ment impor­tante que c’est dif­fi­cile de faire un choix. On peut qua­si­ment dire que Lee Per­ry a crée le reg­gae et le dub tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Et d’une cer­taine manière aus­si le hip hop en mélangeant dès le début des années 70, le son de plusieurs albums.
Ad Rock (inter­venant brusque­ment) : Désolé mais comme c’est le dernier disque, je voudrais quand même dire que choisir seule­ment neuf albums alors que nous sommes trois dans le groupe c’est vrai­ment pas sym­pa ! (rires)

  • Beast­ie Boys — Hot Sauce Com­mi­tee Pt 2

Ad Rock : Cet album est une sorte de retour aux sources : nous avons pris des musiques que nous aimions, que ce soit de la new wave, du ska, du dub, du hard­core et nous avons rap­pé dessus. Tout sim­ple­ment.
MC A : Nous l’avons aus­si com­posé à une époque où George Bush se fai­sait vir­er de la Mai­son Blanche. A sa place il y a quelqu’un dont nous avions l’impression qu’on pou­vait lui faire con­fi­ance d’où cet opti­misme que l’on peut ressen­tir dans ce disque.

  • Stiff Lit­tle Fin­gers — Inflam­ma­ble Mate­r­i­al

Mc A : A l’époque les albums de punk était sou­vent trop bien pro­duits et ils per­daient beau­coup de l’énergie que ces groupes déga­gaient sur scène. C’est le cas avec les Ramones par exem­ple. Ce disque est fou, bruyant avec notam­ment leur tube “Alter­na­tive Ulster”. J’aurai pu dire le pre­mier album des Clash mais pour tes lecteurs je préfére citer ce disque dont peu j’imagine con­naisse l’existence.

  • De La Soul — 3 Feet High & Ris­ing

Mick D : Dans notre par­cours, il n’a peut être pas été aus­si essen­tiel que Kings Of Rock de Run DMC mais c’est un album qui a vrai­ment changé la donne dans le hip hop.
Ad Rock : Et pour l’époque c’était un album très bizarre car basé sur des sam­ples.
MC A : Cela n’a pas de rap­port mais n’oublions pas non plus la BO de Break­fast At Tiffany’s, énorme ! Par­don (rires)
Ad Rock : Avec “Moon Riv­er” écrit par Hen­ry Manci­ni pour Audrey Hep­burn, super !
MC A: Est ce que l’on ne pour­rait pas par­ler de films plutôt que d’albums ? (rires)

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