Le mot “urbain” supprimé de la catégorie des Grammy Awards

Après le label Repub­lic Records la semaine passée, les Gram­my Awards ont décidé de mod­i­fi­er l’ap­pel­la­tion de leur caté­gorie du meilleur album de “musique urbaine”. À la place, elle se nom­mera, en anglais, “Pro­gres­sive R&B”.

Le prési­dent de la Record­ing Acad­e­my, Har­vey Mason Jr, qui organ­ise chaque année les Gram­my Awards récom­pen­sant les meilleures œuvres musi­cales de l’an­née, a décidé d’ap­pli­quer des mod­i­fi­ca­tions à cette célébra­tion, qui avait été au cœur d’une polémique l’an­née passée. Pour éviter un nou­veau tol­lé en pleine affaire George Floyd et retour de Black Lives Mat­ter, il a assuré que l’émis­sion “reflétera l’é­tat actuel de l’in­dus­trie musi­cale”. Rappelez-vous l’an­née passée, Tyler, The Cre­ator avait déclaré lors de la céré­monie des Gram­my Awards, qu’elle ne respec­tait pas sa musique. “Ça craint que dès lors que nous – et je veux dire les gars qui me ressem­blent – faisons quelque chose à la croisée des gen­res, ils nous met­tent tou­jours dans la caté­gorie rap ou musiques urbaines. Je n’aime pas ce mot ‘urbain’”.

Des pro­pos partagés par Bil­lie Eil­ish. Dans un récent entre­tien pour GQ, la chanteuse expri­mait son désar­roi face aux stan­dards de la céré­monie : “Ils ne font que juger à par­tir de votre apparence et de ce qu’ils savent. Je trou­ve ça bizarre. Le monde veut vous met­tre dans une boîte ; j’ai eu ce prob­lème toute ma car­rière. Ce n’est pas parce que je suis une ado­les­cente blanche que je suis pop. Où suis-je pop ? Quelle par­tie de ma musique ressem­ble à de la pop ?”

Dans un com­mu­niqué pub­lié sur le site de l’événe­ment, Har­vey Mason Jr a révélé que cette appel­la­tion fourre-tout et sim­ple­ment exclu­ante qu’est “musique urbaine” n’al­lait plus être util­isée lors des prochaines céré­monies. La caté­gorie du “meilleur album urbain con­tem­po­rain” est donc mod­i­fié pour la rel­a­tive­ment impré­cise, “meilleur album de R&B pro­gres­sif”. 

L’A­cadémie des Gram­my Awards a expliqué que cette déci­sion était motivée par la volon­té de “met­tre en avant les albums qui com­pren­nent les élé­ments les plus pro­gres­sifs du R&B et peu­vent inclure des échan­til­lons et des élé­ments de hip-hop, de rap, de dance et de musique élec­tron­ique”. Niveau spé­cial­i­sa­tion, on a vu mieux. Toute­fois, le récent décès de George Floyd et les mou­ve­ments de con­tes­ta­tion et de sou­tien qui ont suivi, ont créé une prise de con­science de cer­tains acteurs de l’in­dus­trie musi­cale.

L’AFP révélait que des cadres de struc­tures impor­tantes de l’in­dus­trie avaient envoyé une let­tre aux dirigeants de Warn­er, Live Nation ou Spo­ti­fy, dans laque­lle ils expri­maient leur souhait de voir le terme “musique noire” à la place de “musique urbaine”. Le terme “urbain” demeur­era tout de même encore présent dans les caté­gories de musiques latines, égale­ment refondées sous le label “meilleur album de musique pop ou urbaine latine”. Har­vey Mason Jr a assuré à Rolling Stone qu’au “moment où cette propo­si­tion de change­ment de caté­gorie a été présen­tée, l’u­til­i­sa­tion du mot “urbain” pour class­er cer­tains gen­res de musique latine était large­ment accep­tée”. Toute­fois, le prési­dent par intérim des Gram­my Awards a déclaré que si le sen­ti­ment autour de cette dénom­i­na­tion venait à évoluer, la céré­monie s’en­gagera à faire les ajuste­ments néces­saires.

La semaine passée, le label Repub­lic Records, qui compte dans ses rangs des poin­tures comme Drake, Post Mal­one ou Ari­ana Grande, avait annon­cé ban­nir le terme “urbain” pour qual­i­fi­er ses artistes rap et R&B, encour­ageant le reste de l’in­dus­trie à faire de même.

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