Le nouvel album de Nathan Fake produit avec un Korg Prophecy est disponible

Cinq ans sans nou­v­el album de Nathan Fake, c’est long, mais ça vaut le coup. Le pro­duc­teur a été pris du syn­drome de la page blanche, ce qui explique cette longue attente. Pen­dant deux ans, il a été inca­pable de pro­duire quoique ce soit, puis d’un coup l’in­spi­ra­tion est arrivée et l’al­bum est né très rapi­de­ment. Cette soudaine créa­tiv­ité on la doit notam­ment à l’achat d’un syn­thé, comme il l’ex­plique dans son com­mu­niqué de presse : “Je me sen­tais nos­tal­gique, j’ai acheté un Korg Prophe­cy bon marché sur un coup de tête, la machine est dev­enue la colone vertébrale de l’album. Je me sou­ve­nais avoir lu un arti­cle à son sujet sur ‘Sound On Sound’ aux alen­tours de 1995–96, à cette époque je n’y con­nais­sais pas grand chose sur la pro­duc­tion musi­cale, mais je me sou­viens met­tre dit qu’il devait être extra­or­di­naire. Il s’est avéré que c’est totale­ment merdique en vérité… C’est vrai­ment dur à pro­gram­mer, ça laisse à désir­er, ça sonne mal [rires], mais je l’ai enreg­istré à tra­vers un tas de dif­férents pre-amps, ban­des et mix­ers que j’ai mal­mené. J’ai tou­jours été intrigué par le matériel bas de gamme, j’aime le chal­lenge et les lim­ites que cela impose.».

Le fameux syn­thé Korg Prophe­cy

Prov­i­dence doit aus­si sa créa­tion à la ren­con­tre du Lon­donien avec les chanteurs Puri­ent de Vat­i­can Shad­ow et Raphaëlle Sandell-Preston de Braids qui ont posé leurs voix sur les titres “DEGREELESSNESS” et “RVK”. Avec un peu de recul, Nathan Fake décrit cet album comme “un solide pas en avant autant dans ma car­rière et dans ma vie en général… C’est comme si j’étais revenu à la vie.

Ce sec­ond souf­fle vécu par Nathan Fake se ressent pro­fondé­ment dans Prov­i­dence. Plus les morceaux défi­lent, plus l’Anglais tord les sons, les mal­traite, les fait se chevauch­er… Sans oubli­er de nous offrir quelques moments de calme (“Unen”, “Hours­DaysMonthsSea­sons”), Nathan Fake va loin dans ses expéri­men­ta­tions sonores korgi­en­nes, notam­ment sur “Radio Spir­it­world” et “Con­nec­tiv­i­ty”. En bref, le nou­v­el album du boss de Bor­der Com­mu­ni­ty est intel­li­gent, mélodieux, intense, cérébral et orgas­mique. Une expe­ri­ence sonore qu’il fau­dra voir en live pour l’ap­préci­er d’a­van­tage, par exem­ple au Café de la Danse à Paris le 28 avril.

Pour ceux qui sont plus Spo­ti­fy :

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