Les 10 documentaires musicaux qu’il fallait voir cette année

Top albums de la décen­nie, top albums de l’an­née, mais pas sans le top des doc­u­men­taires de 2019. L’heure est aux bilans, donc autant y aller jusqu’au bout. Qu’ils soient focal­isés sur un artiste, un événe­ment ou un genre musi­cal, ces films ont réus­si à nous touch­er de quelque manière que ce soit. Petit tour d’hori­zon des doc­u­men­taires les plus hype de l’an­née.

Le plus fédérateur
SPIRITS In The Forest d’Anton Corbjin

C’est l’his­toire de six fans de Depeche Mode dis­per­sés aux qua­tre coins du monde entre la Colom­bie, l’Alle­magne et la Mon­golie, qui se retrou­vent à Berlin le 25 juil­let 2018 pour le dernier con­cert de la tournée Glob­al Spir­it Tour. On suit le réc­it, sou­vent émou­vant, de cha­cun d’en­tre eux. L’un est père divor­cé et a créé un trib­ute band avec ses enfants pour les voir plus sou­vent, l’autre a per­du la mémoire suite à un acci­dent, mais se rap­pelle quand même de Depeche Mode. Plus fédéra­teur, tu meurs. Le doc­u­men­taire, réal­isé par Anton Cor­b­jin, col­lab­o­ra­teur artis­tique de longue date du groupe, a été dif­fusé en séance unique le 21 novem­bre dernier. Des rumeurs couraient à pro­pos de la future présence du film sur Net­flix, spoil­er : elles sont fauss­es.

Le plus original
Lost in Traplanta de Mathieu Rochet

Reformer Out­kast, le mythique duo d’Atlanta séparé depuis une décen­nie ? C’est la mis­sion qu’a accep­té Lar­ry, Français un peu lunaire, pour pou­voir recon­quérir le cœur de Des­tiny. Seul prob­lème : les habi­tants de la ville d’Outkast sem­blent ne pas savoir où les trou­ver et s’être surtout tournés vers un nou­veau style musi­cal : la trap. Lost in Tra­plan­ta, à la pour­suite du rap per­du est série docu-fiction d’Arte qui com­prend dix épisodes d’environ sept à huit min­utes. On déam­bule dans les rues d’Atlanta aux côtés de Lar­ry à la pour­suite de sa quête. Ce docu est à la fois touchant, drôle, instruc­tif et les quelques petits moments de malais­es dûs à la naïveté scé­nar­isée de Lar­ry seront vite oubliés. Les ama­teurs de trap et de funk seront aux anges.

Le plus badass
French Game de Jean-Francois Tatin

Dans le cadre du mois hip-hop cul­ture, Arte réalise French Game, doc­u­men­taire qui retrace l’his­toire du rap français de 1990 à aujour­d’hui. Ce dernier est divisé en onze par­ties de cinq à dix min­utes. À cha­cune sa thé­ma­tique et son rappeur. De NTM à Damso, on suit alors la pop­u­lar­i­sa­tion de ce genre musi­cal. Les dernières sec­on­des des vidéos sont dédiées à une reprise de l’artiste dont il est ques­tion. On a donc droit à des cov­ers par­fois sur­prenantes : Sama’ inter­prète une ver­sion élec­tron­ique d’un titre de Boo­ba, Nelick réin­ter­prète les Casseurs Flowters, et Jazzy Bazz offre une superbe reprise d’un grand suc­cès d’Ox­mo Puc­ci­no, “Peur Noire”.

Le plus drôle (mais aussi le plus effrayant)
FYRE : The Greatest Party That Never Happened de Chris Smith

Des top-modèles sur des yachts, l’île par­a­disi­aque de Pablo Esco­bar et un line-up d’artistes impres­sion­nant, telle était la promesse du Fyre Fes­ti­val organ­isée par Bil­ly McFar­land et le rappeur Ja Rule. Est-ce que ça a fonc­tion­né ? Oui et non. Oui, car la jeunesse dorée améri­caine s’y est ren­due. Non, puisque le fes­ti­val n’a jamais eu lieu. Le doc­u­men­taire relate la spi­rale infer­nale des échecs du Fyre Fes­ti­val dans un crescen­do savoureux qui se ter­mine par la débâ­cle judi­ci­aire de l’ar­naque­ur de pre­mière Bil­ly McFar­land. Prenez votre meilleur pot de pop-corn, le doc­u­men­taire est mag­ique.

Le plus controversé
Leaving Neverland de Dan Reed

Le fameux doc­u­men­taire qui avait fait polémique au mois de mars dernier et qui a con­duit à une rib­am­belle de dépôts de plaintes des héri­tiers Jack­son ain­si qu’une lev­ée de boucliers des fans sur les réseaux soci­aux et dans la rue. Leav­ing Nev­er­land, pro­duit par HBO, traite du témoignage de deux hommes, Wade Rob­son et James Safechuck, accu­sant le King of pop d’abus sex­uels dans les années 90. Mas­tur­ba­tion, fel­la­tions, attouche­ments, les sou­venirs des deux hommes sont pré­cis, bru­taux. Un doc­u­men­taire con­tro­ver­sé car, lors de sa sor­tie, cer­tains le jugeaient trop à charge con­tre la star qui n’a jamais été offi­cielle­ment con­damnée pour ces accu­sa­tions. À not­er la durée par­ti­c­ulière­ment longue du film, près de qua­tre heures. Pour un pub­lic aver­ti seule­ment.

Le plus extravagant
High Energy : Le disco survolté des années 80 d’Olivier Monssens

Dis­co sucks.” Tout le monde se sou­vient de l’his­toire de cette fameuse “Dis­co Demo­li­tion Night” du 12 juil­let 1979 à Chica­go où les haters de l’époque se sont réu­nis sur la pelouse d’un stade de base­ball pour bruler leurs dis­ques de dis­co. Grig­noté par l’in­dus­trie du disque jusqu’à la moelle, le dis­co, ça suff­i­sait. Toute cette haine déver­sée sur le genre musi­cal n’a pas réus­si à étein­dre le feu du dis­co, au con­traire. Ce qui était égale­ment une danse s’est trans­for­mé en high ener­gy, une forme de dis­co plus accélérée et essen­tielle­ment élec­tron­ique. Le doc­u­men­taire est en ce moment disponible sur Arte. Immer­sion dans les ambiances exubérantes des clubs dans les années 80, réson­nant aux sonorités de la high ener­gy.

Le plus politique
Raving Riot de Stepan Polivanov

We dance togeth­er, we fight togeth­er”, tel était le slo­gan de la rave con­tes­tataire qui a eu lieu devant le Par­lement à Tbil­isi en Géorgie en 2018. Ce doc­u­men­taire mon­tre à quel point la tech­no reste un espace de lib­erté dans un pays où les droits humains, par­ti­c­ulière­ment LGBTQ+, sont bafoués. La rave a fait suite une la vio­lente descente poli­cière au club Bassiani et au Café Gallery où soix­ante per­son­nes ont été arrêtées pour pos­ses­sion de sub­stances illicites. Il s’ag­it du pre­mier long-métrage du réal­isa­teur russe : “Nous avons décidé de faire un film sur ce qui restait au-delà de l’ac­tu­al­ité et des belles images et d’ex­plor­er la généra­tion qui a ren­du cette protes­ta­tion pos­si­ble.” Le doc­u­men­taire a été dif­fusé au Tate Mod­ern à Lon­dres le 29 novem­bre 2019, mais il demeure mal­heureuse­ment introu­vable sur les Inter­nets.

Le plus complet
Hip-Hop Evolution de Darby Wheeler et Rodrigo Bascunan

Troisième sai­son pour Hip-Hop Evo­lu­tion, la série doc­u­men­taire sur Net­flix qui retrace de manière très com­plète la grande his­toire du hip-hop aux États-Unis. Cette fois-ci, le pro­gramme s’é­panche sur la guerre de clans qui a fait rage dans les années 90 entre la côte Ouest et la côte Est et des deux légen­des qui les incar­nent à cette époque : Tupac (West) et Big­gie (East). La série se con­cen­tre ensuite sur l’as­cen­sion de rappeurs comme Jay‑Z et Eminem avant de pren­dre la direc­tion d’At­lanta et la décou­verte du phénomène Out­kast. Le grand plus de Hip-Hop Evo­lu­tion ? Les images d’archives et surtout les témoignages, sou­vent touchants, de nom­breux acteurs essen­tiels de l’émer­gence du genre tels que Snoop Dogg, Ice Cube, P. Did­dy ou Xzib­it. Imman­quable pour tout fan de rap améri­cain qui se respecte.

Le plus philosophique
Le monde selon Radiohead de Benjamin Clavel

Pas de top des meilleurs doc­u­men­taires sor­tis en 2019 sans Le monde selon Radio­head. Cette fois, la chaîne de télévi­sion franco-allemande Arte sol­licite les tal­ents du Français Ben­jamin Clav­el pour réalis­er un film en immer­sion au cœur de la philoso­phie du groupe d’Ox­ford. Le film de 52 min­utes est réal­isé à par­tir d’im­ages d’archives et d’interviews de dif­férents spé­cial­istes. Il abor­de des sujets qui ont pas­sion­né et ont été traités par le groupe à tra­vers leurs albums tels que les pres­sions sociales, la ques­tion de l’industrie ali­men­taire mod­erne, la rela­tion entre l’homme et la machine, entre l’organique et le mécanique… À (re)voir absol­u­ment.

Le plus intimiste
Daniel Darc : Pieces Of My Life de Marc Dufaud et Thierry Villeneuve

Après 25 ans d’ami­tié entre Marc Dufaud et Daniel Darc, ain­si que trois films, le réal­isa­teur a voulu ren­dre hom­mage à son ami, sans arti­fice. Il ne s’ag­it donc pas d’un biopic clas­sique, mais d’un doc­u­men­taire où l’on voit le chanteur du mythique groupe des années 80 Taxi Girl dans ses moments de gloire autant que dans ses péri­odes chao­tiques. Pour Thier­ry Vil­leneuve, ce film est d’abord “un chant d’amour à un artiste hors norme”. Les images tournées par Marc Dufaud mon­trent Daniel Darc dans l’in­tim­ité, dans sa cham­bre. Elles amè­nent le spec­ta­teur au plus proche de l’homme qu’il était et se con­fron­tent à l’im­age médi­a­tique tour­men­tée de l’artiste. On ne pou­vait pas ren­dre de meilleur hom­mage.

 

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