Crédit : Alexandre Guirkinger, Manuel Obadia-Wills

Les femmes de l’industrie musicale signent un manifeste contre le sexisme

Clara Luciani, Rebe­ka War­rior, Chloé… Elles font par­tie des femmes qui pren­nent la parole. Après les mon­des du ciné­ma et du jour­nal­isme, c’est au tour de l’industrie musi­cale de béné­fici­er des retombées du mou­ve­ment #MeToo né de l’affaire Wein­stein. Par­mi des chanteuses, musi­ci­ennes, ingénieures du son ou pro­gram­ma­tri­ces, 690 pro­fes­sion­nelles de la musique se sont unies pour sign­er le man­i­feste F.E.M.M (Femmes Engagées des Métiers de la Musique).

 ‘T’as les plus beaux seins de toute l’industrie, faut que je les touche.’ Quand le type m’a dit ça, je lui ai tout de suite demandé d’arrêter mais il a con­tin­ué : ‘Je veux couch­er avec toi !’ J’ai red­it stop, c’était de pire en pire. Trois fois au moins, il a répété : ‘De toute façon, tu pues le sexe’ ” : On peut lire ce témoignage, par­mi d’autres, dans une enquête de Téléra­ma pub­liée cette semaine sur le sex­isme dans la musique. C’est ce même jour­nal que le man­i­feste F.E.M.M a choisi pour y pub­li­er sa tri­bune :

Nous, artistes, musi­ci­ennes, tech­ni­ci­ennes, pro­duc­tri­ces, éditri­ces, com­positri­ces, man­ageuses, attachées de presse, juristes et plus glob­ale­ment “femmes des métiers de la musique”, avons toutes été vic­times ou témoins du sex­isme qui règne au quo­ti­di­en : les pro­pos misog­y­nes, les com­porte­ments déplacés récur­rents, les agres­sions sex­uelles qui atteignent en toute impunité la dig­nité des femmes.

Nous con­nais­sons le fonc­tion­nement – ou plutôt le dys­fonc­tion­nement – du secteur : les dis­par­ités salar­i­ales, l’invisibilité des femmes aux postes à respon­s­abil­ité, les préjugés et les non‐dits qui blo­quent le développe­ment et les car­rières de pro­fes­sion­nelles pour­tant com­pé­tentes et investies.
Le temps est venu pour le monde de la musique de faire sa révo­lu­tion égal­i­taire : les agisse­ments sex­istes, racistes, et plus glob­ale­ment tous les com­porte­ments dis­crim­i­nants ne sont plus tolérables et doivent être dénon­cés et sanc­tion­nés. Trop longtemps, ils ont été passés sous silence. Nous prenons le micro aujourd’hui pour crier haut et fort que nous n’avons plus peur de les refuser.

Comme nos (con)sœurs du col­lec­tif 5050 du ciné­ma, nous pen­sons qu’il faut ques­tion­ner la répar­ti­tion du pou­voir, dépass­er le seul sujet du har­cèle­ment et des vio­lences sex­uelles pour définir, ensem­ble, les mesures con­crètes et néces­saires qui nous per­me­t­tront de garan­tir l’égalité et la diver­sité dans nos métiers, et ain­si favoris­er en pro­fondeur le renou­velle­ment de la créa­tion.”

Comme le dit si bien Clara Luciani, et pas seule­ment der­rière son micro : “Prends garde”.

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