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🌍 Les NFTs sont en train d’envahir le monde de la musique

C’est la ruĂ©e vers l’or des NFTs depuis la fin de l’an­nĂ©e 2020 et tout va très vite. Les artistes musi­caux sont de plus en plus nom­breux Ă  met­tre aux enchères leurs Ĺ“uvres dig­i­tales sous cette forme. Effet de mode ou nou­veau marchĂ© pour le monde de la musique ?

“NFT, for your van­i­ty, com­put­ers nev­er sleep, it’s ver­i­fied, it’s guar­an­teed” chante une voix robo­t­ique sur le nou­veau track d’Elon Musk inti­t­ulé “NFT”. Dans sa chan­son, le mil­liar­daire vante cette tech­nolo­gie de 2017 issue de la blockchain, le NFT, pour “Non-Fungible Token” : un nou­v­el écrin numérique qui per­met de ven­dre des objets dig­i­taux en garan­tis­sant leur authen­tic­ité et leur sin­gu­lar­ité, le tout en util­isant la cryp­tomon­naie. Pour faire sim­ple, et comme on l’écrivait dans un précé­dent arti­cle, le NFT est comme une sorte de cer­ti­fi­cat numérique d’authenticité car un NFT est unique. Un fichi­er numérique, par nature, peut être aisé­ment copié et dis­tribué instan­ta­né­ment, il ne peut pas être rare. En achetant un NFT, l’acheteur a la preuve de sa pro­priété et de son orig­ine, il sait qu’il n’a jamais été dupliqué et qu’il pos­sède le seul exem­plaire de tout le Web car chaque jeton a ses pro­pres iden­tité, authen­tic­ité et traçabilité.

 

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Aujour­d’hui, ces jetons sont en train de com­plète­ment trans­former le monde de l’art numérique, et avec lui, celui de la musique.

En effet, on assiste actuelle­ment à une véri­ta­ble ruée vers l’or. Depuis la fin des années 2020, les NFTs pul­lu­lent dans la musique et les chiffres des ventes aux enchères de ces objets don­nent le tour­nis : 5,5 mil­lions de dol­lars pour une œuvre de Grimes en févri­er, 800 000$ pour Steve Aoki la semaine dernière et 128 000$ pour Aphex Twin pas plus tard qu’hi­er. L’artiste tech­no de Detroit Jim­my Edgar a égale­ment mis aux enchères une œuvre 3D accom­pa­g­née d’un nou­veau track et, jusqu’à ce soir, le nou­veau clip de Boys Noize était unique­ment disponible en avant-première comme NFT. Post Mal­one, très impliqué dans la ten­dance, va même met­tre en vente des tokens per­me­t­tant d’ac­céder à des expéri­ences exclu­sives comme des accès en back­stages. Hier can­ton­nés à la col­lec­tion d’ob­jets numériques un peu débiles comme les Cryp­tokit­ties, les NFTs par­tent aujour­d’hui à la con­quête de l’in­dus­trie musicale.

 

NFT

L’œuvre d’art dig­i­tale mise en vente par Aphex Twin et Weirdcore

Mode Ă©phĂ©mère ou nouveau marchĂ© pour la musique ?

On le sait, la crise du disque a réori­en­té le mod­èle de revenus de l’in­dus­trie musi­cale. Avec les ventes de dis­ques qui se sont effon­drées, les artistes ont dû se repli­er sur la musique live, pen­dant que les plate­formes de stream­ing, bien qu’elles soient dev­enues le mode prin­ci­pal de con­som­ma­tion de la musique, ne rémunèrent tou­jours pas équitable­ment les musi­ciens. La pandémie a con­fron­té ce dernier mod­èle économique face à ses défauts, et l’im­pos­si­bil­ité de tourn­er a poussé les artistes à trou­ver d’autres sources de revenus. Bon­jour les NFTs. Logique, puisqu’ils sont immé­di­ate­ment renta­bles ; il s’ag­it ni plus ni moins d’une trans­ac­tion de vente clas­sique mais numérique, comme l’équiv­a­lent d’une vente d’un vinyle numéroté directe­ment à un acheteur… Enfin, presque directe­ment. En effet, la mise en vente de tokens demande de pass­er par un inter­mé­di­aire, des plate­formes de vente en ligne comme OpenSea qui, elle, ne touche que 2,5% de com­mis­sion sur les ventes. Ou Foun­da­tion, celle où se déroulait l’enchère pour l’œu­vre d’Aphex Twin notamment.

La plate­forme d’enchères de NFTs Foundation

Néan­moins, cette ruée vers l’or laisse présager une bulle spécu­la­tive et une implo­sion du marché. Avec une crois­sance de 299% sur 2020 et cer­tains crypto-traders qui réalisent plus de 1 000% de béné­fices sur leurs ventes de NFTs selon une étude du site Non­Fun­gi­ble, on se demande com­bi­en de temps le secteur pour­ra tenir à ce rythme. Non pas que l’ef­fon­drement du marché sig­ni­fierait la fin des NFTs, bien sûr, mais à terme, on pour­rait s’at­ten­dre à ce que les prix bais­sent et que le phénomène s’in­tè­gre au sein de l’in­dus­trie musi­cale comme un sim­ple out­il sup­plé­men­taire, et peut-être une véri­ta­ble solu­tion pérenne de ven­dre de la musique ou des objets con­nex­es. Ain­si, on pour­rait voir les labels sor­tir des albums ou clips de leurs artistes en NFT, ou des fes­ti­vals ven­dre leur pro­pre merch : les pos­si­bil­ités sont bien plus divers­es, comme le détaille Nadya Ivano­va, direc­trice de la fil­iale indépen­dante de BNP-Paribas spé­cial­isée dans la recherche autour de l’économie virtuelle, pour Le Monde : “Ce qui est impor­tant avec les NFT, c’est qu’ils con­ti­en­nent énor­mé­ment de méta­don­nées, d’informations vis­i­bles publique­ment : leur pro­prié­taire, leur créa­teur, leur date de créa­tion ou toutes les trans­ac­tions liées à cet élé­ment. Cela crée leur authen­tic­ité. Nous pour­rions com­par­er un NFT à un cer­ti­fi­cat numérique, qui atteste que vous en êtes le pro­prié­taire ; et lorsque vous êtes en mesure de prou­ver que vous êtes le pro­prié­taire d’un bien, vous pou­vez faire beau­coup de choses.”

 

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