© Geoffrey Delamarre

Les premiers épisodes de Nouvelle École, on en pense quoi ?

Comme la majorité des ama­teurs de rap, on attendait impatiem­ment les qua­tre pre­miers épisodes de la nou­velle série évène­ment de Net­flix, à mi-chemin entre The Voice et les Rap Con­tenders. Nou­velle École est disponible sur la plate­forme, après ces pre­miers épisodes… Quoi en penser ?

La série Nou­velle école est disponible sur la plate­forme de stream­ing Net­flix. Après plusieurs mois d’at­tente, le “rap game” a enfin pu décou­vrir ces rappeurs sélec­tion­nés par un jury taille patron et hyper séduisant, incar­né par SCH, Niska et Shay. Cha­cun des trois est par­ti à la recherche des “pépites” de leurs villes respec­tives : Brux­elles et même plus large­ment la Bel­gique (Shay), Paris (Niska) et Mar­seille (SCH). À la sélec­tion des trois mégas­tars du hip-hop fran­coph­o­ne, s’a­joutaient des rappeurs invités par la pro­duc­tion. Annon­cé aupar­a­vant sur Twit­ter et aperçu dans le teas­er de cette série-émission, B.B Jacques fait par­tie des belles sur­pris­es sor­ties du cha­peau par l’émis­sion. Sélec­tion­né en avril dernier par les Inouïs du Print­emps de Bourges, le rappeur parisien avait livré un live remar­quable, où il avait fait val­oir son flow chirur­gi­cal allié à sa voix rocailleuse. Avec cette juste dose de sen­si­bil­ité, sans tomber dans le piège du ‘pathos’.

Plateau

Plateau de l’émis­sion © Geof­frey Delamarre

Une pirou­ette que cer­tains artistes de l’émis­sion n’ont pas réus­si à réalis­er dans ces pre­miers épisodes… Sûre­ment un manque d’ex­péri­ence, pour le moment. Une don­née pas suff­isam­ment expliquée durant les présélec­tions. Si cer­tains rappeurs ont déjà plusieurs albums dans les pattes, d’autres débu­tent à peine dans le milieu. Et si la qual­ité et la pré­ci­sion d’une per­for­mance de rap s’ap­puie sur cer­tains critères objec­tifs ‑bien que le sub­jec­tif garde une place essen­tiel, après tout il ne s’ag­it que d’art et de propo­si­tions artistiques- il serait prof­itable pour les artistes et le pub­lic, d’en racon­ter davan­tage sur le par­cours des artistes. Il n’est pas ques­tion d’ex­cuser une mau­vaise per­for­mance, mais plutôt de mieux saisir les enjeux d’un pas­sage dans le show. Qu’il soit man­qué ou réussi.

 

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Shay

Shay © Geof­frey Delamarre

L’efficacité au détriment de la créativité ?

Si cer­taines per­for­mances nous lais­sent sur notre faim, voire même nous met­tent dans l’embarras, les choix des trois jurys de l’émis­sion n’y sont pas étrangers. Dès les présélec­tions, on regrette la mise à l’é­cart de cer­tains rappeurs. On pense surtout au rap pro­lé­taire, authen­tique et bour­ré d’im­ages fortes du quo­ti­di­en de la France provin­ciale, celle du RSA et des coquil­lettes bon marché, de BEN plg. Mal­gré un texte sincère et une tech­nique impec­ca­ble sans en faire des tonnes, le rappeur du Nord n’a pas reçu les faveurs de Shay. Dom­mage. Il faut s’y résign­er. Les jurys doivent faire un choix et être effi­caces. C’est d’ailleurs cer­taine­ment la rai­son pour laque­lle les instrus trap sont tant présentes dans ces pre­miers épisodes. Si c’est ce type de pro­duc­tions qu’on retrou­ve le plus régulière­ment dans nos écou­teurs, on peut déplor­er que des gen­res émer­gents dans le rap fran­coph­o­ne n’aient pas eu leur place. Dom­mage, les pro­duc­tions house, plug, Jer­sey drill ou sim­ple­ment boom bap ont été lais­sées au sec­ond plan. Voire totale­ment délais­sées. Pour une émis­sion qui recherche des tal­ents émer­gents, ça fait tâche de ne pas se tourn­er du côté de la poly­va­lente et créa­tive scène under­ground du rap français. Ceci dit, peut-être que cer­tains de ses artistes ont été approchés sans suc­cès… On n’i­ra pas jusqu’à accuser Net­flix de can­ton­ner le rap à un genre un peu cliché.

 

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Un vent de fraîcheur

L’émis­sion souf­fle néan­moins un vent de fraîcheur sur le rap avec la juste place accordée aux rappeuses : ni stig­ma­ti­sante, ni déraisonnable­ment au pre­mier plan. Une place à la hau­teur du tal­ent de cer­taines d’en­tres elles, très large­ment au niveau des sélec­tions et du con­cours. Par­mi elles, Leys, qui agite déjà les pages HTLM des médias spé­cial­isés, se glisse déjà en favorite auprès de cer­tains inter­nautes. Remportera-t-elle la récom­pense, une somme colos­sale de 100 000 euros ? La réponse dans les prochains épisodes. D’i­ci là, on peut poten­tielle­ment encore espér­er plus de diver­sité artis­tique, mais on met une pièce sur une épreuve spé­ciale drill…

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