© Juliette Valero

Live report : Positive Education, quelques jours pour se mettre au vert

Le mois dernier nous titri­ons “La vie en vert” dans le dernier numéro de Tsu­gi. Un titre qui aurait aus­si très bien pu offici­er ici, dans ce report du Pos­i­tive Edu­ca­tion Festival. 

Moi c’est Jean Fro­mageau, et il y a deux choses que je déteste par-dessus tout : les préjugés et le report de fes­ti­val. Alors quand on m’a pro­posé de descen­dre à Saint-Étienne — ville qui gagne haut la main au con­cours des “attends mais qu’est ce que tu vas foutre la bas” — pour cou­vrir Pos­i­tive Edu­ca­tion Fes­ti­val, j’é­tais pas déçu. 

Le Pos­i­tive ‑ou PEF comme on abrège souvent- c’est un des mon­u­ments récents de la cap­i­tale des Verts. Né il y a tout pile dix piges dans l’enceinte de la Cité du Design, à l’époque encore l’ombre de ce qu’elle est actuelle­ment, avec l’ambitieuse volon­té de mon­tr­er au reste de l’Hexagone (et surtout de la région Rhône-Alpes ne nous men­tons pas) qu’il est pos­si­ble de faire la fête, dans une ville que tout le monde juge avant même d’y avoir mis un pied. Et qu’en plus de ça on allait en rede­man­der. Est-ce que dix ans, c’est trop tôt pour dire que le pari est réus­si ? Franche­ment, vous seriez très durs en affaire. 

positive education

© Juli­ette Valero

Saint-Étienne est une ville d’incompréhension. Que ce soit dans la presta­tion des joueurs de leur équipe de foot qui, non con­tents d’avoir un des publics les plus chauds de France, ne sem­blent pas vrai­ment y prêter une atten­tion par­ti­c­ulière. Si bien qu’on vit par­fois des moments où ces mêmes sup­port­ers lâchent l’affaire et vident le chau­dron tant la coupe est pleine (et surtout un loin­tain sou­venir). Incom­préhen­sion aus­si dans ses paysages, qui don­neraient à la région de Poud­lard bien des raisons d’aller se rha­biller pour l’hiver. Et puis incom­préhen­sion enfin dans la pro­gram­ma­tion du PEF. Pas tant qu’on ques­tionne la place de cer­tains artistes, mais surtout qu’on se demande qui iels sont. Parce qu’il est ques­tion de ça, pen­dant les 4 jours (mais surtout 4 nuits) de Pos­i­tive Education. 

Pas vrai­ment de plan de route, on vadrouille de scène en scène comme on passe d’un remix de “Mani­ac” (mer­veilleuse­ment envoyé pour la fin de set de Mimi ven­dre­di soir) à un extend­ed set tan­tôt dub tech­no, tan­tôt jun­gle de Kon­duku (qui je l’espère, est plus une référence à Star Wars qu’un jeu de mots sur les com­pé­tences de con­duite des stéphanois). Pas vrai­ment de plan de route mais pas per­dus pour un sou non plus ! Car sur ce week-end en décalage, on retrou­ve une bonne par­tie des tal­ents qu’on a croisés toute l’année (Belar­ia et toute la team de Rit­mo Fatale pour ne citer qu’eux), des tal­ents qu’on aimerait crois­er plus sou­vent dans l’année tant iels nous man­quent (Simo Cell et Roni en tête de liste, qui se font un peu plus rares der­rière les platines depuis qu’ils sont aux manettes de leurs labels respec­tifs). Et des tal­ents qu’on igno­rait comme Brahim Lumière qui ouvrait la scène 2 same­di nuit. 

positive education

© Juli­ette Valero

On se rend compte assez vite, quand on déam­bule dans les som­bres couloirs du fes­ti­val, que la musique élec­tron­ique est une grande famille. Alors vous allez me dire, que c’est quelque chose qu’on com­mence à com­pren­dre après 15 ans de Tsu­gi. Ici on par­le de famille unie, ravie de se retrou­ver, artistes ques­tion­nant leurs con­tem­po­rains pour savoir “attends tu restes le week-end après ton set, rassure-moi ?”. Au PEF on n’y vient pas par hasard et on n’en repart pas si facile­ment que ça. Les gens se croisent, se souri­ent, sont con­tents de retrou­ver ces têtes con­nues de la fête. Tout le monde est là et il ne manque finale­ment, peut-être, que quelques jours de plus pour que la fête soit encore plus mémorable. 

Mal­gré tout, 5 jours de fêtes c’est suff­isant pour revenir avec des images plein la tête. Imprimées dans la rétine majori­taire­ment grâce aux dif­férents col­lec­tifs qui pren­nent en main les qua­tre scènes du fes­ti­val. Minu­it une sur la scène 3, jun­gle enfumée scène 2, ciné­ma en plein air scène 1 et Tetris de struc­ture scène 4. Autant de petits îlots dans l’archipel élec­tron­ique, cha­cun ses spécificités. 

Dix ans donc, que PEF bran­dit ses couleurs (sans sur­pris­es : du vert) avec fierté, inclu­siv­ité, respect et sens incon­di­tion­nel d’une fête juste et bien dosée. Bra­vo à elleux, on sera là encore pour les dix prochaines édi­tions, avec ou sans la Cité du Design, tant que c’est en terre stéphanoise. 

 

Moment + : Rit­mo Fatale qui nous paie un extend­ed set mais coupé par l’alarme incendie pour s’offrir une petite pause bien méritée

Moment — :  l’ASSE qui se dirige tout droit vers le Nation­al, triste!

 

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