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© Juliette Valero
17 novembre 2022

Live report : Positive Education, quelques jours pour se mettre au vert

par rédaction Tsugi

Le mois dernier nous titrions « La vie en vert » dans le dernier numéro de Tsugi. Un titre qui aurait aussi très bien pu officier ici, dans ce report du Positive Education Festival. 

Moi c’est Jean Fromageau, et il y a deux choses que je déteste par-dessus tout : les préjugés et le report de festival. Alors quand on m’a proposé de descendre à Saint-Étienne – ville qui gagne haut la main au concours des « attends mais qu’est ce que tu vas foutre la bas » – pour couvrir Positive Education Festival, j’étais pas déçu. 

Le Positive -ou PEF comme on abrège souvent- c’est un des monuments récents de la capitale des Verts. Né il y a tout pile dix piges dans l’enceinte de la Cité du Design, à l’époque encore l’ombre de ce qu’elle est actuellement, avec l’ambitieuse volonté de montrer au reste de l’Hexagone (et surtout de la région Rhône-Alpes ne nous mentons pas) qu’il est possible de faire la fête, dans une ville que tout le monde juge avant même d’y avoir mis un pied. Et qu’en plus de ça on allait en redemander. Est-ce que dix ans, c’est trop tôt pour dire que le pari est réussi ? Franchement, vous seriez très durs en affaire. 

positive education

© Juliette Valero

Saint-Étienne est une ville d’incompréhension. Que ce soit dans la prestation des joueurs de leur équipe de foot qui, non contents d’avoir un des publics les plus chauds de France, ne semblent pas vraiment y prêter une attention particulière. Si bien qu’on vit parfois des moments où ces mêmes supporters lâchent l’affaire et vident le chaudron tant la coupe est pleine (et surtout un lointain souvenir). Incompréhension aussi dans ses paysages, qui donneraient à la région de Poudlard bien des raisons d’aller se rhabiller pour l’hiver. Et puis incompréhension enfin dans la programmation du PEF. Pas tant qu’on questionne la place de certains artistes, mais surtout qu’on se demande qui iels sont. Parce qu’il est question de ça, pendant les 4 jours (mais surtout 4 nuits) de Positive Education. 

Pas vraiment de plan de route, on vadrouille de scène en scène comme on passe d’un remix de « Maniac » (merveilleusement envoyé pour la fin de set de Mimi vendredi soir) à un extended set tantôt dub techno, tantôt jungle de Konduku (qui je l’espère, est plus une référence à Star Wars qu’un jeu de mots sur les compétences de conduite des stéphanois). Pas vraiment de plan de route mais pas perdus pour un sou non plus ! Car sur ce week-end en décalage, on retrouve une bonne partie des talents qu’on a croisés toute l’année (Belaria et toute la team de Ritmo Fatale pour ne citer qu’eux), des talents qu’on aimerait croiser plus souvent dans l’année tant iels nous manquent (Simo Cell et Roni en tête de liste, qui se font un peu plus rares derrière les platines depuis qu’ils sont aux manettes de leurs labels respectifs). Et des talents qu’on ignorait comme Brahim Lumière qui ouvrait la scène 2 samedi nuit. 

positive education

© Juliette Valero

On se rend compte assez vite, quand on déambule dans les sombres couloirs du festival, que la musique électronique est une grande famille. Alors vous allez me dire, que c’est quelque chose qu’on commence à comprendre après 15 ans de Tsugi. Ici on parle de famille unie, ravie de se retrouver, artistes questionnant leurs contemporains pour savoir « attends tu restes le week-end après ton set, rassure-moi ? ». Au PEF on n’y vient pas par hasard et on n’en repart pas si facilement que ça. Les gens se croisent, se sourient, sont contents de retrouver ces têtes connues de la fête. Tout le monde est là et il ne manque finalement, peut-être, que quelques jours de plus pour que la fête soit encore plus mémorable. 

Malgré tout, 5 jours de fêtes c’est suffisant pour revenir avec des images plein la tête. Imprimées dans la rétine majoritairement grâce aux différents collectifs qui prennent en main les quatre scènes du festival. Minuit une sur la scène 3, jungle enfumée scène 2, cinéma en plein air scène 1 et Tetris de structure scène 4. Autant de petits îlots dans l’archipel électronique, chacun ses spécificités. 

Dix ans donc, que PEF brandit ses couleurs (sans surprises : du vert) avec fierté, inclusivité, respect et sens inconditionnel d’une fête juste et bien dosée. Bravo à elleux, on sera là encore pour les dix prochaines éditions, avec ou sans la Cité du Design, tant que c’est en terre stéphanoise. 

 

Moment + : Ritmo Fatale qui nous paie un extended set mais coupé par l’alarme incendie pour s’offrir une petite pause bien méritée

Moment – :  l’ASSE qui se dirige tout droit vers le National, triste!

 

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