© Frame Pictures

Marsatac : l’amour à la (fausse) plage

« Sous le son, la plage ! », le mot d’ordre des 20 ans de Marsa­t­ac est aus­si un par­fait résumé du fes­ti­val de retour pour une nou­velle édi­tion au Parc Chan­ot. Et pour cause, le temps d’un week-end, le parc des expo­si­tions situé aux pieds du stade Vélo­drome s’est trans­for­mé en un véri­ta­ble havre de paix esti­val. Si on avait pu reprocher à la précé­dente édi­tion un petit manque d’âme, cette année l’évènement nous offrait un cadre par­ti­c­ulière­ment décoré et par­faite­ment rac­cord à sa thé­ma­tique. Place donc au sable, aux para­sols, aux transats, aux bouées et même à un canard gon­flable géant trô­nant fière­ment au milieu du site ! Grande nou­veauté, cet air de vacances s’accompagnait aus­si d’une grande scène extérieure. De quoi pou­voir prof­iter de quelques con­certs sous le soleil mar­seil­lais.

© Frame Pic­tures

Avec un show qui débute à peine 20 min­utes après l’ouverture des portes, il fal­lait arriv­er tôt pour ne pas louper le pre­mier évène­ment du week-end : un con­cert com­mun (et unique) de Lomepal et Roméo Elvis. Et si la grande scène du fes­ti­val est rel­a­tive­ment vide lorsque les pre­mières notes se font enten­dre, quelques min­utes plus tard c’est déjà un pub­lic com­pact qui fait face aux deux rappeurs. Alors certes le moment ressem­ble plus à une jux­ta­po­si­tion de deux con­certs qu’à un véri­ta­ble spec­ta­cle com­mun, mais le duo assure le spec­ta­cle et lance cette vingtième édi­tion en beauté. Evéne­ment tou­jours, avec le retour des locaux de l’étape : IAM. A Marsa­t­ac, le groupe fêtait aus­si un vingtième anniver­saire, celui du mythique album L’Ecole du micro d’Argent. Les rappeurs mar­seil­lais n’ont pas pris une ride et assurent un show de haute volée. Et si une grande par­tie du pub­lic ne sem­blait pas être née au moment de la sor­tie du disque, cela ne l’empêche pas de repren­dre par coeur tous les clas­siques des vétérans du hip-hop français !

Deux salles, deux ambiances, tan­dis qu’en extérieur résonne “Je danse le Mia“, Biffty et DJ Weed­im pren­nent le con­trôle du Palais Phocéen à coup de “Souye“ et de “Mega Boze“. Punch­lines potach­es sur pro­duc­tions trap, le con­traste avec les rappeurs mar­seil­lais est assez sai­sis­sant. « J’fous l’bor­del en fes­ti­val » scan­de Biffty et on ne peut que lui don­ner rai­son ! En par­lant de bor­del, men­tion aus­si à Ho99o9 qui prend le con­trôle de la salle après Biffty et Weed­im. 50 % rap, 50 % punk, le groupe livre une per­for­mance 100 % énergique qui retourne le pub­lic. On jette un coup d’oeil rapi­de sur les deux autres scènes où se pro­duisent Petit Bis­cuit et Amélie Lens, avant de retourn­er au Palais Phocéen pour retrou­ver les Mar­seil­lais de La Fine Equipe. Le groupe présen­tait avec Ful­geance et Har­ing le pro­jet Gangue, une créa­tion inédite à l’occasion des 20 ans de Marsa­t­ac et Nördik Impakt et des 30 ans de Dour. Et comme si tous ces anniver­saires ne suff­i­saient pas, pour cette grande pre­mière à Mar­seille, c’est aus­si un des mem­bres du col­lec­tif qui fêtait le sien devant le pub­lic du fes­ti­val ! Sur la même scène, Myth Syz­er vient clore ce pre­mier jour avec un DJ-set assez sur­prenant où se côtoient les derniers bangers de rap améri­cain signés XXXTenta­cion ou Lil Pump et les morceaux tout en douceur de son dernier album Bisous.

© Frame Pic­tures

Pour le deux­ième jour de Marsa­t­ac, on com­mence en légèreté avec la pop d’Aloha Orches­tra puis le hip-hop de Rejjie Snow. Entre rap, funk et soul, l’Irlandais livre une per­for­mance qui colle par­faite­ment à l’ambiance esti­vale qui règne alors sur le fes­ti­val. Place ensuite à l’évènement du same­di : Nek­feu qui fai­sait son grand retour sur scène après quelques mois d’absence. On a d’ailleurs sen­ti l’artiste assez ému. « Je suis un peu timide ce soir » lancera-t-il au pub­lic au début de son show. Fort heureuse­ment, quelques morceaux et un craquage de fumigène plus tard, le Fen­nec a retrou­vé son énergie et met lit­térale­ment le Feu au fes­ti­val. Un peu plus tard, c’est un autre rappeur qui vient à son tour enflam­mer Marsa­t­ac : Moha la Squale. Le pub­lic en délire scan­de toutes les paroles par coeur et vibre à chaque « Saaaale » lancé par l’artiste qui con­firme son statut de nou­veau phénomène du rap français.

Une fois la nuit tombée, les trois scènes du fes­ti­val lais­sent place aux amoureux des musiques élec­tron­iques. On retient notam­ment le Bri­tan­nique Ross From Friends qui en plus d’avoir un superbe pseu­do­nyme (#Team­Ross), nous aura aus­si livré un set house tout par­ti­c­ulière­ment plaisant. Dans sa foulée, ses com­pa­tri­otes de Bicep assurent le show en défen­dant sur scène les titres de leur excel­lent album sor­ti l’année dernière. La nuit se finit en beauté avec une Nina Krav­iz au top de sa forme et tou­jours aus­si red­outable der­rière les platines. Le lende­main, Marsa­t­ac quitte la fausse plage du Parc Chan­ot pour le vrai bord de mer de la plage du Petit Rou­cas. L’occasion d’un clos­ing au line-up 100 % féminin mené par Jen­nifer Car­di­ni. De quoi met­tre en valeur les artistes féminines dans un fes­ti­val qui, à quelques rares excep­tions (Nina Krav­iz, Amélie Lens et Chloé), reste mar­qué par les fig­ures mas­cu­lines. Mais pas de sable fin pour nous, il est déjà temps de quit­ter la plage et de retrou­ver les pavés parisiens.

Meilleur moment : IAM qui a livré un show maitrisé du début à la fin, réu­nis­sant anciens et nou­veaux audi­teurs. Que deman­der de plus ?

Pire moment : De nom­breuses dif­fi­cultés pour pay­er avec l’application cash­less le ven­dre­di soir (fort heureuse­ment le prob­lème a été réglé le lende­main).

(Vis­ité 329 fois)