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11 août 2021

Marsatac : les artistes du line-up racontent leurs meilleures anecdotes de festival

par Marie Solvignon

Le festival Marsatac revient, les souvenirs de festivals aussi 

Bientôt Marsatac et les trois belles soirées méditerranéennes de la 23e édition de Marsatac, du 20 au 22 août au parc Borély, dans le VIIIe arrondissement. Au menu : Sébastien Tellier, L’Impératrice, Goldie B, Louisahhh, Alonzo, PLK, Brodinski… Musiques électroniques et musiques urbaines règneront sur le festival. Pour l’occasion, nous avons demandé à une partie de la programmation de nous raconter ses meilleures anecdotes de festoche.

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L’Impératrice

15 juillet 2018 au matin, on se réveille dans notre tour bus au festival Musilac à Aix-les-Bains, bien décidés à faire repousser de quelques heures notre concert du soir, en ouverture du festival, qui est censé se dérouler pendant la deuxième mi-temps de la finale de la coupe du monde de football. En bon supporters de l’équipe de France, tout le monde y va de son petit argument auprès de l’équipe du festival qui refuse catégoriquement et soutient que « tout le monde ne regarde pas le foot ». La mort dans l’âme, on quitte donc amèrement les backstages au milieu du match et on commence notre concert sur la grande scène de Musilac, devant une petite centaine de spectateurs surmotivés, la majorité des festivaliers étant groupée à cinquante mètres de là, devant des écrans géants qui diffusent le match. Sur scène, nos portables sont disséminés ça et là sur les synthés pour ne pas rater une minute de la deuxième mi-temps, et notre tour manager nous crie l’avancée du jeu depuis les coulisses. Nos six cerveaux, partagés entre le match et le concert en cours, sont en telle surchauffe qu’on ne remarque même pas que notre courageuse audience est ballotée par le vent et la pluie sous des coupe-vents de fortune, que devant nous les éléments se déchaînent et qu’un vent violent emporte tout, la poussière, les écrans, les panneaux.

À la fin du premier morceau, alors que Flore remercie notre public pour sa témérité (présent malgré une météo capricieuse et une compétition mondiale de foot, il fallait quand même le vouloir), une dizaine de techniciens débarque sur le plateau et nous hurle de quitter immédiatement la scène pour nous mettre à l’abri. Incrédules, on se laisse embarquer, on ne comprend même pas où aller, tout le monde court et crie, Tom se fait enfermer dans un camion au hasard et le reste rejoint le tour bus sous une pluie torrentielle. On apprendra par la suite que le vent soufflait si fort que le toît de la scène qui jouxtait la nôtre s’était déchiré, menaçant l’équilibre de tout l’édifice. Cinq minutes plus tard, on nous fait savoir que tout le festival est annulé et le site évacué, alors on court se réfugier dans les loges pour voir la fin du match avec les autres artistes, trempés jusqu’aux os mais heureux comme des gosses. On a terminé la soirée dans la même euphorie que le reste du pays mais avec une petite victoire supplémentaire : on l’aura eue, notre deuxième mi-temps ! Sauf Tom resté enfermé dans le camion, mais il n’aime pas le foot de toute façon.

La Famille Maraboutage

Pour nos 3 ans l’année dernière au Baou, DJ Softboi du collectif a passé son remix de «Belsunce Breakdown», Bouga était par le plus grand des hasards dans le public et il est monté sur scène pour poser dessus. C’était FOU ! Souvenir impérissable pour le public comme pour nous !

Goldie B

C’était en 2014. Je jouais avec Phonobones, mon duo nu-soul/jazz de l’époque, aux Rencontres des Arts Fous de Fouras, prêt de la Rochelle. La scène était en extérieur, dos à l’océan et son ciel particulièrement menaçant ce jour-là. Nous avons malgré tout commencé à jouer. Trente minutes plus tard, la tempête! Le courant se coupe, il pleut sur scène comme dans la fosse, mais avec Thibaut, mon contrebassiste, on décide de continuer de jouer en unplugged, car le public est super chaud et encourageant. On finit encerclé par les plus braves d’entre eux qui protègent nos instruments avec leurs coupe-vents. Je n’ai plus de micro donc je pousse ma voix et je m’égosille pour qu’on puisse l’entendre. On joue notre dernier morceau, trempés jusqu’aux os. Une euphorie singulière et magique plane dans l’air. Les gens applaudissent, nous embrassent, et le soleil revient. On a vu l’orage s’éloigner lentement au large tout au long de la soirée. La foudre se diffusait dans les nuages comme des pads lumineux. C’était vraiment beau. Le lendemain je rentrais à Paris malade, et sans voix, dans les deux sens du terme.

Louisahhh

L’une des premières fois que j’ai joué en dehors des États-Unis, c’était au festival Border Noise à Juarez, au Mexique, en 2008. Je mixais avec Gina Turner au sein du duo Staccato. Ce festival est un souvenir particulier en raison de l’environnement sociopolitique de la ville de Juarez, qui était totalement fou à l’époque ; il y avait une violence folle au sein des cartels (un corps décapité avait récemment été suspendu à un viaduc et les gangs avaient menacé de tuer un policier toutes les 48 heures jusqu’à ce que le chef de la police de la ville démissionne. À l’époque, Juarez était connue comme la capitale mondiale du meurtre). Ma mère a même proposé de me payer pour que je n’y aille pas. Cependant, l’affiche comprenait beaucoup de nos héros (Soulwax/2manyDJs, Boys Noize, Steve Lawler, Adam Freeland) et, étant jeunes et relativement peu préoccupées par notre propre sécurité physique, Gina et moi étions absolument ravies de jouer là-bas.

C’était un week-end d’Halloween et les festivités de Dia de Los Muertos battaient leur plein, l’énergie était si particulière et la foule était incroyablement généreuse avec nous. Les organisateurs du festival ont pris grand soin de s’assurer que tout le monde était totalement en sécurité et s’amusait. De plus, l’opportunité de rencontrer et de jouer avec nos héros était très excitante ; Steve ‘One Man Party’ Slingeneyer (batteur de Soulwax) est entré dans notre loge à travers le mur (il a en quelque sorte sauté à travers le plâtre). Ce fut un moment incroyable. C’était super de faire connaissance avec lui, nous nous sentions très vivantes, excitées et débordantes de gratitude. À ce jour, c’est l’un des meilleurs festivals dont je me souvienne, et il a imposé le Mexique, en particulier Juarez, comme l’un de mes endroits préférés sur terre.

TESSÆ

Jusqu’en 2019, je n’étais jamais allée dans un festival. Je commençais à peine à envisager de faire de la musique une carrière. J’ai très rapidement été jetée dans la cour des grands après avoir participé à un concours sur les réseaux organisé pas Booba. On m’a appelée pour dire que j’ai gagné, et à la clef, il y avait la chance d’accompagner Booba sur scène sur la scène du festival We Love Green sur son “Arc en ciel”. Je me retrouve donc à côté de Booba sur scène à chanter une de ses chansons devant 40 000 personnes pour ma toute première expérience en festival !

Alonzo

J’ai énormément de bons souvenirs de festivals, mais ce qui me marque le plus c’est lorsque plusieurs artistes se produisent sur la même scène. Le public ne vient pas forcément te voir toi en particulier, donc c’est à toi d’essayer de les conquérir et de les faire danser et chanter. J’adore ce challenge, ce n’est pas donné à tout le monde, mais quand tu réussis à le faire c’est que tu peux être vraiment fière de toi.

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