Mothers — When You Walk A Long Distance You Are Tired

Extrait du numéro 90 de Tsu­gi (mars 2016)

Moth­ers est un quatuor qui nous vient d’Athens, Géorgie, dans le Sud des États-Unis. À en juger par la seule pochette et la longueur du titre de ce pre­mier album, on s’attendrait logique­ment à du post-rock bien abrasif. C’est en réal­ité tout l’inverse qui nous est pro­posé : chez Moth­ers, tout n’est que déli­catesse acous­tique, douceur des gui­tares et de la man­do­line, arrange­ments de vio­lons élé­giaques… Le tout sur­volé par les vocaux frag­iles de Kris­tine Lesch­per, dont les aigus rap­pel­lent par­fois Jón­si (Sig­ur Ros) ou une PJ Har­vey sous Val­i­um, pour les plus mau­vais­es langues. Soyons hon­nêtes : les qua­tre com­pères font occa­sion­nelle­ment grimper le tem­po pour s’orienter vers quelque chose de plus rock. “Lock­jaw” lâche la bride à l’aide de sa ryth­mique ample. Une ini­tia­tive bien­v­enue après un “Nest­ing Behav­ior” assez ennuyeux. “Hold Your Own Hand” fait enten­dre une agréable mon­tée en puis­sance. Mais à part ces quelques audaces, l’album ferait davan­tage l’effet d’une tisane verveine : c’est doux et chaleureux, mais assez sopori­fique. When You Walk… baigne dans une monot­o­nie cer­taine, qui devient pesante passée la demi-heure. Regret­table. (Matthieu Vaillant)

When You Walk A Long Dis­tance You Are Tired (Witchita/PIAS), sor­ti le 26 février.

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