Skip to main content
2 octobre 2020

#MusicToo a récolté 302 témoignages de violences sexuelles dans le milieu de la musique

par Léonie Ruellan

Lancée le 18 juillet, la campagne du collectif français #MusicToo est close. Elle visait à récolter des témoignages de violences sexistes et sexuelles dans le milieu musical. Dans un communiqué publié hier, le collectif anonyme fait le point sur son action et annonce que 302 témoignages ont été recueillis.

L’initiative MusicToo n’est encore qu’au début de son action. La première étape de collecte de témoignages étant désormais achevée, le collectif entend poursuivre ses objectifs fixés : libérer la parole et rompre la culture du silence dans l’industrie musicale, permettre l’ouverture d’enquêtes, et accompagner les victimes psychologiquement et/ou juridiquement, afin de changer définitivement les choses.

« Nous avons recueilli 302 témoignages que nous devons maintenant analyser, qualifier, pour en extraire des données que nous présenterons prochainement. Nous listerons également les agissements et les systèmes qui facilitent les agressions et imposent le silence aux victimes. 302 témoignages dont certains concordent et nous invitent à poursuivre des enquêtes approfondies. »

Dans son communiqué du 1er octobre, le collectif rappelle qu’il met un point d’honneur à la protection de l’anonymat des victimes. C’est une des raisons pour lesquelles il ne diffusera pas les témoignages : afin de ne pas risquer qu’une identité soit devinée, mais aussi pour ne pas banaliser la violence ni rendre les récits anecdotiques. « L’accumulation des récits normalise la violence : on baisse notre seuil de tolérance en considérant que “ça fait partie du décor”. […] L’anonymat des agresseur.euse.s rend les témoignages inoffensifs, anecdotiques. Confortés dans leur impunité, ils et elles continuent à agir et à afficher une image publique et personnelle intacte. »

Aussi, #MusicToo annonce qu’il ne procédera pas au call-out sur ses réseaux, toujours dans le souci de protéger les victimes, car « 80% des victimes qui osent parler sont amenées à quitter leurs fonctions ». Pour rappel, le call out est la dénonciation publique des actes commis par l’agresseur·euse, une méthode que les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc ont démocratisée.

 

À lire également
Erick Morillo : 10 victimes racontent leur viol et agression sexuelle
La DJ Rebekah part en guerre contre les violences sexuelles dans la dance music
Le père de la techno Derrick May visé par des dizaines de témoignages d’agressions sexuelles

#BalanceTonRappeur : le rap français maintenant éclaboussé par des violences sexuelles
Accusé d’agressions sexuelles, le label de rock garage Burger Records ferme
Le collectif Qui Embrouille Qui révèle qu’un de ses DJs a été incarcéré
Après une accusation de viols, le label Sub Pop fait disparaître Avi Buffalo de son catalogue

 

302 témoignages ont donc été envoyés à MusicToo. Certains de ces témoignages ont déjà été mis au service d’enquêtes journalistiques : hier, le média StreetPress en publiait une sur le rappeur Retro X, accusé d’agressions sexuelles par huit femmes. Dans son communiqué, MusicToo précise que cette enquête a été réalisée d’après des informations recueillies par MusicToo et D.I.V.A (compte Instagram qui dénonce le sexisme et les violences dans l’industrie musicale) puis transmises à StreetPress.

Une prochaine campagne de collecte de témoignages aura lieu. Le collectif envisage de travailler pour cette future campagne avec des organisations et institutions telles que Le Ministère de la Culture et le Centre Nationale de la Musique, afin de « faciliter le recueil de témoignages, l’assistance aux victimes, la neutralisation des agresseur.euse.s ».

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Communiqué #MusicToo Disponible en PDF (lien en bio)

Une publication partagée par #MusicTooFrance (@musictoofrance) le

Visited 56 times, 1 visit(s) today