©DR

#MusicToo a récolté 302 témoignages de violences sexuelles dans le milieu de la musique

Lancée le 18 juil­let, la cam­pagne du col­lec­tif français #Music­Too est close. Elle visait à récolter des témoignages de vio­lences sex­istes et sex­uelles dans le milieu musi­cal. Dans un com­mu­niqué pub­lié hier, le col­lec­tif anonyme fait le point sur son action et annonce que 302 témoignages ont été recueillis.

L’ini­tia­tive Music­Too n’est encore qu’au début de son action. La pre­mière étape de col­lecte de témoignages étant désor­mais achevée, le col­lec­tif entend pour­suiv­re ses objec­tifs fixés : libér­er la parole et rompre la cul­ture du silence dans l’in­dus­trie musi­cale, per­me­t­tre l’ou­ver­ture d’en­quêtes, et accom­pa­g­n­er les vic­times psy­chologique­ment et/ou juridique­ment, afin de chang­er défini­tive­ment les choses.

Nous avons recueil­li 302 témoignages que nous devons main­tenant analyser, qual­i­fi­er, pour en extraire des don­nées que nous présen­terons prochaine­ment. Nous lis­terons égale­ment les agisse­ments et les sys­tèmes qui facili­tent les agres­sions et imposent le silence aux vic­times. 302 témoignages dont cer­tains con­cor­dent et nous invi­tent à pour­suiv­re des enquêtes approfondies.”

Dans son com­mu­niqué du 1er octo­bre, le col­lec­tif rap­pelle qu’il met un point d’hon­neur à la pro­tec­tion de l’anony­mat des vic­times. C’est une des raisons pour lesquelles il ne dif­fusera pas les témoignages : afin de ne pas ris­quer qu’une iden­tité soit dev­inée, mais aus­si pour ne pas banalis­er la vio­lence ni ren­dre les réc­its anec­do­tiques. « L’accumulation des réc­its nor­malise la vio­lence : on baisse notre seuil de tolérance en con­sid­érant que “ça fait par­tie du décor”. […] L’anonymat des agresseur.euse.s rend les témoignages inof­fen­sifs, anec­do­tiques. Con­fortés dans leur impunité, ils et elles con­tin­u­ent à agir et à affich­er une image publique et per­son­nelle intacte. »

Aus­si, #Music­Too annonce qu’il ne procédera pas au call-out sur ses réseaux, tou­jours dans le souci de pro­téger les vic­times, car « 80% des vic­times qui osent par­ler sont amenées à quit­ter leurs fonc­tions ». Pour rap­pel, le call out est la dénon­ci­a­tion publique des actes com­mis par l’agresseur·euse, une méth­ode que les mou­ve­ments #MeToo et #Bal­ance­Ton­Porc ont démocratisée.

 

À lire également
Erick Morillo : 10 victimes racontent leur viol et agression sexuelle
La DJ Rebekah part en guerre contre les violences sexuelles dans la dance music
Le père de la techno Derrick May visé par des dizaines de témoignages d’agressions sexuelles

#BalanceTonRappeur : le rap français maintenant éclaboussé par des violences sexuelles
Accusé d’agressions sexuelles, le label de rock garage Burger Records ferme
Le collectif Qui Embrouille Qui révèle qu’un de ses DJs a été incarcéré
Après une accusation de viols, le label Sub Pop fait disparaître Avi Buffalo de son catalogue

 

302 témoignages ont donc été envoyés à Music­Too. Cer­tains de ces témoignages ont déjà été mis au ser­vice d’en­quêtes jour­nal­is­tiques : hier, le média Street­Press en pub­li­ait une sur le rappeur Retro X, accusé d’a­gres­sions sex­uelles par huit femmes. Dans son com­mu­niqué, Music­Too pré­cise que cette enquête a été réal­isée d’après des infor­ma­tions recueil­lies par Music­Too et D.I.V.A (compte Insta­gram qui dénonce le sex­isme et les vio­lences dans l’in­dus­trie musi­cale) puis trans­mis­es à StreetPress.

Une prochaine cam­pagne de col­lecte de témoignages aura lieu. Le col­lec­tif envis­age de tra­vailler pour cette future cam­pagne avec des organ­i­sa­tions et insti­tu­tions telles que Le Min­istère de la Cul­ture et le Cen­tre Nationale de la Musique, afin de « faciliter le recueil de témoignages, l’assistance aux vic­times, la neu­tral­i­sa­tion des agresseur.euse.s ».

 

Voir cette pub­li­ca­tion sur Instagram

 

Com­mu­niqué #Music­Too Disponible en PDF (lien en bio)

Une pub­li­ca­tion partagée par #Music­TooFrance (@musictoofrance) le

(Vis­ité 2 319 fois)