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On a demandé à Jeff Mills de présenter l’Audio Spatial, le futur d’Apple Music

Depuis juin 2021, Apple Music a con­ver­ti l’ensem­ble de son cat­a­logue de morceaux ‑soit plus 75 mil­lions de titres- en for­mat Loss­less, une qual­ité audio “sans perte”. Une révo­lu­tion pour quiconque cherche une qual­ité fidèle au son ini­tial, mais aus­si pour les artistes eux-mêmes. De son côté, Jeff Mills nous a décryp­té les bien­faits de l’Au­dio Spa­tial qu’il a util­isé pour son mix exclusif sur Apple Music. Un mix dans une qual­ité encore supérieure donc : plongez dans l’ex­péri­ence sonore immer­sive totale de l’Au­dio Spatial. 

Des mix­es et morceaux en qual­ité sonore mul­ti­di­men­sion­nelle, disponibles en exclu­siv­ité sur Apple Music : ça vaut le détour. Plus qu’un nou­veau gad­get pour geeks, il s’ag­it d’une véri­ta­ble inno­va­tion et de la meilleure qual­ité sonore actuelle­ment disponible sur une plate­forme de stream­ing ‑selon la mar­que vedette de la Sil­i­con Val­ley. Cette qual­ité sonore opti­male s’of­fre, depuis l’an­née dernière, à tous les util­isa­teurs tit­u­laires d’un abon­nement payant à Apple Music.

Alors, depuis juin la mar­que à la pomme mar­que le coup, en étof­fant son cat­a­logue de sons à l’é­coute en Audio Spa­tial. Des morceaux certes, mais aus­si des mix­es exclusifs signés par la crème des pro­duc­teurs mon­di­aux. En quoi ? On vous explique. Sim­ple­ment, l’Au­dio Spa­tial est une tech­nolo­gie qui s’ap­puie sur le for­mat Dol­by Atmos. Oui et ? Con­crète­ment, les sons vien­dront de tous les côtés et d’en haut dans votre casque ou vos écou­teurs assur­ant une immer­sion totale dans l’u­nivers sonores de vos morceaux préférés. Cette tech­nolo­gie offre la pos­si­bil­ité aux artistes de con­coc­ter leurs mix­es dif­férem­ment. Mais à ce niveau là, le mieux reste de laiss­er l’un des arti­sans de ces mix­es exclusifs, expli­quer la démarche der­rière sa créa­tion, non ? C’est avec Jeff Mills que nous avons eu l’oc­ca­sion de par­ler de l’Au­dio Spa­tial et de son tra­vail de pro­duc­teur sur One Mix. Et c’est disponible depuis le 20 avril, aux côtés de nom­breux autres mix­es d’autres artistes.

Comment choisissez-vous les chansons pour le mix ?

L’idée orig­i­nale était d’utiliser de la musique de soix­ante artistes, qui trait­ent d’une musique en lien avec la sci­ence spa­tial, des voy­ages dans l’espace à la coloni­sa­tion des planètes. L’espace, c’est un sujet presque méta­physique qui flirte même avec la science-fiction. 

J’ai seule­ment util­isé des bass­es fréquences. C’est pour ça qu’il y a une vraie rela­tion entre toutes les musiques que vous enten­dez dans le mix. Aus­si, il y a une his­toire et un con­cept der­rière cha­cune d’elles. J’ai cher­ché à don­ner beau­coup de sens à l’ensemble des petits sons que l’auditeur pour­ra enten­dre. Et il y a beau­coup de raisons pour lesquelles ces pistes son­nent comme telles.

Utiliser des samples, c’est ce qui vous aidé à créer du lien entre les tracks ?

Oui, on m’a con­fié des enreg­istrements de la NASA ! Des con­ver­sa­tions venant d’un cen­tre de con­trôle, pen­dant la phase de pré­pa­ra­tion d’un lance­ment d’objet vers l’espace. Comme les tracks que j’avais sélec­tion­nés avaient un lien entre eux, l’am­biance spa­tial, c’est une idée que j’avais pro­posée à l’équipe d’Apple. J’ai tout de suite pen­sé qu’il serait intéres­sant d’avoir des dia­logues et des con­ver­sa­tions de per­son­nes de la NASA, qui se pré­par­ent réelle­ment à lancer quelque chose dans l’espace.

Techniquement, quels sont les principaux changements pour les consommateurs lorsqu’ils écoutent avec la technologie DOLBY Atmos et avec tout l’audio spatial ?

La tech­nolo­gie DOLBY Atmos fait sen­tir à l’auditeur qu’il incar­ne quelque chose, et qu’il est au coeur de lachose, au plus proche. Ce n’est pas une idée nou­velle, ceci dit. L’industrie de la musique et du film essaye depuis longtemps de don­ner à l’auditeur cette expéri­ence d’immersion. Cepen­dant, notre pro­gramme Apple Atmos est la forme immer­sive la plus impres­sion­nante qui existe aujourd’hui.

Depuis longtemps, il y a cette ten­ta­tive con­stante d’utiliser le son pour se con­necter à l’auditeur d’une manière plus pro­fonde. Nous nous ren­dons tous compte que, si nous sommes capa­bles de faire ce son, l’auditeur écoute et crée un lien dif­férem­ment avec la musique.

L’idée c’est de don­ner à enten­dre ‑et donc à voir- des choses éloignées, pro­fondes, vastes, très com­plex­es. L’auditeur doit pou­voir se pro­jeter physique­ment. Cette idée d’utiliser le son pour pren­dre, pour mon­tr­er, pour pouss­er l’auditeur plus pro­fondé­ment, c’est quelque chose qui nous tient à cœur. Si nous con­tin­uons à essay­er de créer des pro­grammes comme Apple DOLBY Atmos, nous essayons de faire un pas de géant en avant. Et j’espère que grâce à ce genre de tech­nolo­gie, le diver­tisse­ment pren­dra une forme totale­ment dif­férente dans nos vies.

 

Pour pousser l’auditeur plus profondément, avez-vous adapté votre mix, avez-vous changé votre façon de travailler pour produire ce mix ?

Je ne fais pas beau­coup de mix­es comme ça. Je réalise des tran­si­tions d’une piste à l’autre, je mélange les sonorités. Mais je crée égale­ment des seg­ments où j’ai inclus des morceaux orig­in­aux où le son est util­isé de manière tridi­men­sion­nelle. Notam­ment vers la fin, où l’auditeur est comme entouré par dif­férents sons et per­cus­sions. En ce sens, j’essaie de mon­tr­er qu’un mix peut avoir plusieurs facettes. 

J’ai essayé d’utiliser le pro­gramme d’Apple de toutes les façons pos­si­bles en une heure, pour mon­tr­er les pos­si­bil­ités que les musi­ciens et les DJ ont à leur portée. Je voulais aus­si créer un envi­ron­nement autour de l’auditeur. C’est pour cela que j’ai créé des morceaux exprès et mixé des sons entre eux, plutôt que de faire de sim­ples transitions.

En combien de temps s’est fait ce projet ?

On a pris deux semaines en tout, de l’enregistrement à Paris au post-montage à Mia­mi. Ce qui a pris presque autant de temps que le mix. Il fal­lait bien écouter le set, pour s’assurer que tout tombait au bon endroit et que le résul­tat col­lait bien à ce qu’on voulait don­ner comme émo­tion à l’auditeur.

Quelle est la différence avec le son surround plus connu ?

Les dif­férences sont légères : dans le sur­round vous pou­vez avoir jusqu’à 7 points, vous pou­vez inté­gr­er 7 entrées dans une unité qui enver­ra à 7 haut-parleurs dis­posé autour de vous. Avec Apple, vous pou­vez faire la même chose. Là où la mar­que excelle vrai­ment, c’est que vous pou­vez adapter ces sen­sa­tions aux écou­teurs, ce qui rend la tech­nolo­gie très acces­si­ble. Et la tech­nolo­gie Dol­by Atmos s’adapte à n’importe quel casque, la mar­que d’écouteurs n’a pas d’importance. Cette tech­nolo­gie, c’est la pos­si­bil­ité d’avoir une vraie expéri­ence sonore à 360 degrés.

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