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© Marion Sammarcelli
10 mars 2023

On était au « D-DAY 2 » de D·I·V·A·, havre de musique, de queerness et d’amour

par Marion Sammarcelli

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, on s’est rendus au D-DAY 2 de D·I·V·A·, l’agence créative et label d’artistes femmes et LGBTQIA+ co-dirigée par Lola Levent (fondatrice), Laeticia Muong et Cintia Ferreira Martins depuis 2020. Pour cet événement, elles se sont efforcées -comme à leur habitude- de laisser la parole et la scène à des artistes femmes trans et non-binaires. Retour sur un événement à la fois émouvant et explosif. 

8 mars. Une journée particulière ? Peut-être. Mais une journée qui ne devrait pas avoir nécessité d’exister. Si certains utilisent la journée internationale des droits des femmes comme une fête capitaliste semblable à la Saint-Valentin (« dites lui avec des fleurs », promotions dans les salons esthétiques, de coiffure…), D·I·V·A· en a fait une soirée inoubliable, pour la seconde fois.

Ce soir là, au DOCK B à Pantin, tout est fait pour que quiconque se sente en confiance. Dans cet havre d’amour et d’adelphité (terme plus neutre et plus inclusif, regroupant à la fois la fraternité et la sororité), on a assisté à une union collective autour de la musique. Mais on y a surtout vu un espace d’expression pour toutes les minorités de genres. D·I·V·A· vous encourage a être qui vous voulez. Pour cette journée internationale des droits des personnes s’identifiant comme femmes ou non-binaires, le D-DAY 2 nous a laissé faire rugir la diva qui était en nous. Classe ou trash, dark ou colorée, ongles naturels ou bien XXL, tatouée ou piercée ? Ou même les deux ? Who cares. 

 

Les règles du jeu

D’entrée de jeu, les règles sont annoncées : bienveillance et tolérance. Les hauts murs du DOCK B étaient placardés des dix commandements de D·I·V·A·. Le message est clair : « Tu trouves cette liste trop longue et fatigante ? Peut-être que tu devrais questionner ton comportement ». Une soirée placée sous le signe de la liberté, de la sécurité et du respect. Mais cela devrait être le cas tous les jours de l’année. Pas seulement le 8 mars. 

 

 

On a aussi aperçu les affiches de prévention d’Act Right. « Think Twice, Act Right« , une campagne qui lutte contre les comportements malveillants dans le monde des musiques actuelles. Ces affiches dédiées aux professionnels du secteur, et dessinées par Aleksandra, véhiculent des messages percutants tout en étant ludiques. On a pu notamment lire « Chauffeur t’es un champion, ramène-moi safe à la maison » ou encore « Si ce n’est pas clairement oui, alors c’est clairement non ». Et bien évidemment, leurs emplacements, derrière le bar et sur les murs des toilettes, n’ont pas été choisis par hasard.

 

« Ce soir, je hurle quand mes stars montent sur scène »

Pour se mettre en piste, rien de mieux qu’un cocktail bleu, code couleur de D·I·V·A·, aussi électrisant -le gingembre ça pique- que les artistes de ce soir. Sur cette scène à la déco’ Do It Yourself étoilée imaginée par Chloé Arrouy, les barrières des genres -dans tous les sens du terme- ont été transcendées. L’équipe de D·I·V·A s’est surpassée pour nous offrir un line-up d’artistes s’identifiant comme femmes ou non-binaires entre pop, hyperpop, ambient, techno, trap, et reggaeton. 

En entrant dans le hall du DOCK B, à peine le temps de faire un tour au bar à ongles, qu’on a été frappés par la voix de Mélodie Lauret. Parfois calmes, tantôt percussives, mais toujours aussi poignantes, ses chansons nous ont transportés hors du temps. Dans un discours à la fin de son live, iel a célébré les identités plurielles en rappelant qu’on « se bat pour toutes les minorités de genres, toutes les femmes, trans, et non-binaires ».

Dans la même veine, c’est sous nos yeux ébahis que Lalla Rami a fait son entrée, vêtue d’un long manteau de fourrure blanche « en mode diva ». Quelle émotion quand la chanteuse et rappeuse marocaine a interprété son single « Inchallah« . Une chanson très importante pour elle, concernant son rapport à ses racines, à sa religion et sa transition. Dans les yeux de ses proches, la fierté. Toutes les artistes ont pu transmettre des messages d’espoir, leur tenant à cœur, à un public toujours à l’écoute et compréhensif.

Beaucoup d’émotions donc, mais aussi une fête explosive. Cette soirée, c’était la libération des corps et des énergies. Sur scène, Jenys nous l’a bien prouvé, puisqu’elle a transformé cette dernière en ring. Sur ses tracks qui fusionnent pop, musique électronique et  glitchcore, cette performeuse à l’énergie débordante enchaînait les pas de danses et le headbanging façon heavy metal jusqu’à se vider une bouteille d’eau sur le visage. Une présence scénique comme on en voit rarement. On s’en souviendra encore longtemps et c’est pour cela que l’on a hâte de D-DAY 3, qu’on puisse encore hurler quand nos stars monteront sur scène !

Merci aux autres artistes qui ont tout autant excellé : Thanas, Cherry B Diamond, Gadevoi, Stella K, Thelia et Ange Paradiz !

 

© Joanna El Debes

 

Meilleur moment : La performance sans limites de Jenys 

Pire moment : On n’a pas eu le temps de se faire manucurer, du coup…

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