©Nicole Blommers

On y était : Daft Punk à Coachella en 2006

On vous offre une archive. Le 29 avril 2006, Patrice Bar­dot, le directeur des rédac­tions de Tsu­gi alors rédac­teur en chef de Trax, était le seul jour­nal­iste français présent au fameux con­cert des Daft Punk au Fes­ti­val Coachel­la en Cal­i­fornie. Voilà comme il racon­tait la pre­mière appari­tion de l’inoubliable pyra­mide. On n’a pas changé une virgule.

Flics patrouil­lant en armes au milieu du pub­lic, ron­des inces­santes de mem­bres de la Sécu interne, espaces gril­lagés réservés à la con­som­ma­tion d’alcool, fouilles zélées par des bénév­oles libéraux…y a pas dire c’est beau un fes­ti­val organ­isé sous le soleil cal­i­fornien, dans la plus grande “démoc­ra­tie” du monde ! Si ce n’était cette immarcesci­ble odeur de gan­ja qui flot­tait dans l’air de Coachel­la, on se serait presque cru à un meet­ing des jeunes de l’UMP. Heureuse­ment, il y a eu les Daft Punk. Qui sont venu ont vu, et ont vain­cu. Haut la main de sur­croît. Huit ans après leur dernière per­for­mance scénique, le duo parisien a mis une grande claque en ce soir du 29 avril, non seule­ment aux deux témoins de ce jour­nal, mais surtout à près de 35 000 per­son­nes qui s’étaient rassem­blées sous et autour de l’immense tente, appar­tenant à l’un des cinq espaces de ce fes­ti­val démesuré par la taille et le line-up.

Une demi-heure avant l’apparition, sur le coup de 23h, des deux Parisiens casqués, au som­met de leur grande pyra­mide, les girls (majori­taires) et les boys, s’époumonaient déjà dans des “daft punk, daft punk” insen­sés, capa­bles de trans­former un presse-purée en robot. Être ent­hou­si­aste avant, c’est bien, mais le rester après une heure de show mené pied au planch­er c’est encore mieux. Ayant par­faite­ment assim­ilé les con­traintes d’un live dans un lieu gigan­tesque, les Daft ont présen­té un con­cert ful­gu­rant tant sur le plan du light-show, sobre, mais dia­ble­ment effi­cace avec ces jeux de couleurs sur les néons, que et c’est quand même ce qui nous importe le plus, au niveau du con­tenu musi­cal relifté et surpuissant.

En une heure, Thomas et Guy Man ont envoyé une quin­zaine de titres piochés majori­taire­ment dans leurs deux derniers albums dans des ver­sions tail­lées pour la scène, ramassées, per­cu­tantes où par exem­ple “One More Time” bous­cu­lait “Aero­dy­nam­ic” , “Around The World” téle­sco­pait “Hard­er, Faster, Bet­ter…” dans une orgie électro-house-funk de tous les instants. Avec cette impres­sion jouis­sive de com­mu­nier à nou­veau avec “le” son Daft Punk des débuts, groovy, crade, 100% dance­floor. D’accord, nous n’avons pas tou­jours été ten­dres avec eux par le passé, mais ce retour en tous points réus­sit, à des allures de nou­veau départ.

©Nicole Blom­mers

Alors après cette “furia francese”, le reste du pro­gramme nous est apparu bien terne. Telle cette presta­tion lym­pha­tique de Mas­sive Attack, à réserv­er aux accros de la pipe à eau, ou encore ces choré­gra­phies “star ac” de Madon­na, sans oubli­er le fumiste en chef Paul Oak­en­fold, DJ mix­ant avec un seul doigt (la touche “play”) et un seul cd, beau sym­bole du mot “cacheton­ner”. De toute manière, après le pas­sage “Atti­la” des Daft, il était très dur de soutenir la com­para­i­son, men­tion spé­ciale quand même aux Phoenix, à Gnarls Barkley (encore meilleur sur scène),  et surtout aux excep­tion­nels show­men que sont le chanteur d’Art Brut et le tou­jours excel­lent Jamie Lid­dell. Mais lorsque l’on demandait à des fes­ti­va­liers ce qu’ils avaient préféré sur ces deux jours, deux seuls mots leur venaient spon­tané­ment à la bouche : “Daft Punk”. Comme nous le con­fiera un jeune cal­i­fornien : “Les Daft ce fut 1000 mieux que cela aurait peut être, ce fut le meilleur con­cert est de loin, Depeche Mode à côté c’était minable.” Des volon­taires pour les Eurock­éennes ?”

(Vis­ité 6 983 fois)