Oneohtrix Point Never — Garden Of Delete

Con­traire­ment aux apparences, Daniel Lopatin n’a jamais e?te? bar­bant. Bon, toute sa pe?riode “un album, un label” (de 2007 a? 2011) est impos­si­ble a? e?couter sans une pre?paration men­tale ade?quate, ce ping-pong entre ambi­ent, vapor­wave et musique concre?te sem­blait juste de?die? a? des passionne?s de l’anti-efficacite?. Un mot qui sem­blait inter­dit dans le voca­ble du pro­duc­teur de Brook­lyn. Son pre­mier disque chez Warp, R Plus Sev­en, s’ave?rait de?ja? plus tortueux, truffe? de tiroirs, et jouait davan­tage sur l’effet de sur­prise. C’e?tait la phase chrysalide. Gar­den Of Delete con­tient l’inte?gralite? de l’ADN de Oneo­htrix Point Nev­er (re?pe?titions hyp­no­ti­santes, sam­ples triture?s a? l’extre?me, dis­so­nances re?gulie?res, phas­es e?piques…) passe? dans un vor­tex acce?le?rateur. Per­son­ne n’aurait cru qu’il man­quait la corde de la puis­sance a? l’arsenal de Lopatin, mais c’e?tait avant d’e?couter le mur de synthe?s de “No Good”, ceints par deux phas­es d’ambient, nous e?craser les tym­pa­ns. Ou le R&B futur­iste de “Sticky Dra­ma”, qui part en vrille pour fro?ler le death met­al. Ou la folie contraste?e de “I Bite Through It”, qui con­tient l’adre?naline de plusieurs albums majeurs en trois min­utes. Ce disque sym­bol­ise ce que la musique e?lectronique devrait e?tre a? chaque instant : une entre­prise artis­tique qui finit le job que la NASA vient a? peine de commencer.

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