©David Boschet

🎪 Panoramas Festival 2021 : l’intimitĂ© de son nouveau lieu n’a pas calmĂ© les kicks

On était à la 24ème édi­tion du fes­ti­val Panora­mas, et ce n’était pas comme d’habitude. Pas en matière de line up, ni d’ambiance, mais de lieu : jauge lim­itée oblige, Pano n’a pas investi son habituel parc expo pour son main event, mais une anci­enne man­u­fac­ture de tabacs datant du 18ème siè­cle, han­tée le temps d’un week-end par les kicks d’une pro­gram­ma­tion très électronique.

Ah! la Bre­tagne, ses paysages, sa gas­tronomie, son sens de la fête et ses fes­ti­va­liers titubant avant même que le soleil ne soit couché… C’est dans cette terre de raves et fes­ti­vals que je me suis ren­due ven­dre­di dernier pour assis­ter au fes­ti­val Panora­mas, en plein cen­tre de Mor­laix. Au pro­gramme : du cidre à la buvette, un peu de rap avec Meryl et Frenetik, et surtout beau­coup d’électronique (Bil­lx, Rebe­ka War­rior, Folam­our, Cassie Rap­tor, NTO, Dom­brance, etc.).

Red Hot Chili Peppers et 190 bpm

©Léonie Ruel­lan

Quand j’arrive ven­dre­di après-midi sur le site – la “Manu” pour les intimes, recon­ver­tie en lieu cul­turel bap­tisĂ© le SEW – j’ai du mal Ă  imag­in­er les artistes et fes­ti­va­liers y faire du sale le soir mĂŞme. C’est presque trop mignon. La scène extĂ©rieure est dressĂ©e dans une petite cour intime Ă  l’architecture authen­tique, et Ă  la capac­itĂ© d’accueil de mille per­son­nes et trois arbres. En intĂ©rieur se trou­ve une sec­onde scène oĂą l’ambiance est davan­tage club, par­fait pour le plateau WARRIORECORDS qui l’occupera le lende­main soir.

En atten­dant, c’est Blutch (lui qui nous livrait un pod­cast pas plus tard que la semaine dernière) qui inau­gure la scène tout en beauté le ven­dre­di soir, avec un live A/V assuré par Romain Navier. Der­rière les paysages de nature qui défi­lent sur une grande toile trans­par­ente dressée devant lui, Blutch assume son nou­veau pen­chant pour les influ­ences bri­tan­niques, et donne un avant-goût de son prochain album Terre Promise, tout en faisant resur­gir des extraits de ses précé­dentes sor­ties dont l’EP La Cité Des Étoiles. Un beau moment, apaisant, loin, très très loin de l’ambiance du set de Bil­lx qui se tient sur la scène extérieure l’heure suivante.

 

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Tsugi Podcast 638 : Blutch, quand la Bretagne se raveille

 

Grosse ambiance dans le pub­lic pour cette fig­ure du french­core qui con­naĂ®t la recette d’un mix qui dĂ©chaĂ®ne les foules : un track pop­u­laire (au hasard, l’hymne “Bel­la Ciao”, ou le tube “Snow” des Red Hot Chili Pep­pers) bal­ancĂ© en douceur le temps de pouss­er un peu la chan­son­nette et de sor­tir les bri­quets ou flashs de tĂ©lé­phone, avant de par­tir sans plus atten­dre en hardtek 190 bpm.

Au même moment, à l’intérieur, ça se bous­cule un peu moins devant Call­ing Mar­i­an, mais je vais préfér­er cette ambiance-là. Par­faite­ment goupil­lé, son mix se déploie sur une lente et envoû­tante mon­tée avant de finir à 150 bpm, avec de toutes petites touch­es d’acid qui vien­nent sucr­er le tout. Ce sera mon coup de cœur de la soirée.

©David Boschet

Il est un peu plus de 23h et c’est déjà l’heure des sets de clô­ture (qui dit fes­ti­val en centre-ville dit horaires raisonnables), mais nous n’allons pas pou­voir goûter à la d&b de l’Anglaise Man­didex­trous, qui n’a pas pu voy­ager suite à un prob­lème de pass san­i­taire, semble-t-il. Son nom est rayé au feu­tre noir sur le line-up affiché aux murs et rem­placé par celui de Imchaos, moitié du duo Minu­it Machine, pro­gram­mé demain sur le plateau WARRIORECORDS. “J’ai tou­jours une clé USB avec moi, sauf aujourd’hui, évidem­ment”, me dit-elle quelques heures avant son pas­sage imprévu. Ça ne l’empêchera pas d’assurer aux platines avec un très bon set tech­no qui tourne à la dance music, idéal pour une clô­ture (je ne céderai pas au jeu de mots facile en vous dis­ant qu’elle a semé le chaos, non…)

Dif­fi­cile de choisir entre Imchaos et Shu­gi qui passe au mĂŞme moment sur l’autre scène tant les deux sets sont tout aus­si chou­ettes. L’ambiance est moins dark et plus lĂ©gère du cĂ´tĂ© de la DJ rĂ©si­dente du Silen­cio, qui com­mu­nique sa bonne humeur au pub­lic depuis la scène.

©David Boschet

Carte blanche Ă  WARRIORECORDS

Le line up du same­di soir promet encore des dilemmes entre les deux scènes, mais je fais le choix de me con­cen­tr­er sur la scène intérieure investie par WARRIORECORDS et sa prog 100% fémi­nine avec Minu­it Machine, Maud Gef­fray, Cassie Rap­tor et enfin Rebe­ka War­rior. Une carte blanche accordée tout sim­ple­ment car “Pano aime tous les pro­jets de Rebe­ka War­rior, que ce soit Mans­field TYA, Sexy Sushi ou Kom­pro­mat, tous déjà reçus sur nos scènes”, m’explique le directeur du fes­ti­val Eddy Pier­res. Quelqu’un dans le pub­lic bran­dit d’ailleurs une pan­car­te qui affiche “J’aime mon pays”, référence évi­dente au morceau de Sexy Sushi, mais aus­si prob­a­ble­ment au live de ce même morceau lors de Pano#16 en 2013, que le pro­gram­ma­teur du fes­ti­val cite par­mi les plus mémorables lives du l’his­toire du festival.

C’est la dark­wave du duo Minu­it Machine (une au micro, l’autre aux machines) qui dĂ©marre les hos­til­itĂ©s sur la scène oĂą flotte l’étendard de la mai­son War­rior. Avec leur “maquil­lage de guerre”, comme elles l’appellent (un Ă©pais trait noir sous chaque oeil) et vĂŞtues de noir (une des sig­na­tures de la team War­rior), on pĂ©nètre dans un univers som­bre voire dystopique – mais mignon quand mĂŞme quand elles lan­cent “mer­ci, toi aus­si” en rĂ©ponse Ă  la voix du pub­lic qui vient de crier “vous ĂŞtes trop belles !”

©Léonie Ruel­lan

S’en­suit Maud Gef­fray qu’on ne présente plus, plaçant quelques morceaux bien con­nus ici et là dont “Influ­enceur” du très en vogue duo Ascen­dant Vierge, pour un set tech­no plein de bonnes vibes. Mais voilà déjà Cassie Rap­tor qui débar­que aux côtés de Maud pour procéder à l’échange de platines, et tout de suite, les notes de tech­no s’assombrissent : Cassie sort l’artillerie lourde, le kick pèse et les sonorités sont industrielles.

Arrive enfin Rebe­ka War­rior pour clô­tur­er la soirée en grande pompe, dans une salle déjà sur­chauf­fée par ce qu’elle vient d’entendre. Rebe­ka ne se fera pas prier pour bal­ancer ce qu’on attend d’elle (acid­core, hard­core, gab­ber), entourée sur scène de toute sa team aus­si déchaînée que le pub­lic. La salle brûle, le pub­lic en rede­mande, on en oublierait presque qu’il est à peine 1h du matin et qu’il est bien­tôt temps de rentrer…

©Léonie Ruel­lan

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