Crédit : Alphonse Terrier

Papooz à la Cigale : cheveux, déhanchés et chemises mouillées

Ne man­quait que la boule à facettes. Tou­jours exci­tant de rem­plir sa pre­mière Cigale, cette salle emblé­ma­tique de Pigalle au décor com­plète­ment baroque. Pari réus­si pour le duo Papooz, for­mé par Armand Peni­caut et Ulysse Cot­tin, qui sont par­venus à faire du lieu un véri­ta­ble cabaret. Dès 20 heures, c’est lumières tamisées pour les globe‐trotters de Ora­cle Sis­ters qui instau­rent une atmo­sphère intime et baroque. Ont sans doute joué la coupe “Kei­th Har­ing” du bassiste, Jérôme Gold­et, ou la voie éthérée de la bat­teuse, Julia Johansen. Petit trip un peu mys­tique avant de pass­er aux choses sérieuses.

Le ton est don­né lorsque les musi­ciens de Papooz arrivent avec leurs cheveux longs et leurs cos­tumes tout droit sor­tis de l’armoire de leur grand‐père, mais tou­jours flam­bant neufs. Deux heures plus tard, ils le seront un peu moins. Car si le groupe aime chanter et grat­ter ses gui­tares, il aime surtout danser — et ce n’est pas le bassiste qui dira le con­traire. Bataille de déhanchés et groove assuré trans­for­ment la scène en une piste de danse des sev­en­ties. Sur la pointe des pieds ou à genoux par terre, tout est bon pour enflam­mer la salle. Quitte à finir trem­pé. A mesure que les vestes tombent, l’ambiance se réchauffe au sein du pub­lic, ce qui fait dire à Ulysse Cot­tin : “Ça m’intéresserait de savoir s’il y a des nud­istes dans la salle. Lev­ez la main les nud­istes !” Et oui, il y avait un nud­iste dans la salle. On applau­dit son courage.

Mais que serait l’ambiance si années 70 qui fait le suc­cès du groupe sans ses pas­sages plus calmes et roman­tiques ? Après avoir un peu trop sauté, il est temps de se repos­er sur “Toria’s Song” et ses solos de gui­tare qui don­nent des fris­sons. Et puis quand débar­que sur scène un sax­o­phon­iste pour accom­pa­g­n­er la voix de Vic­to­ria Lafau­rie sur “Moon Pie”, c’est un silence presque sacré qui unit le pub­lic tout entier. On retrou­vera cette même énergie à la toute fin du con­cert, lorsqu’il sera temps d’adoucir les moeurs avec “Let The Morn­ing Come Again”. “Une bonne nuit se finit for­cé­ment par un beau matin” déclare Ulysse Cot­tin pour intro­duire l’ultime morceau de la soirée. On ne peut qu’acquiescer.

Meilleur moment : Une armée de “Louise” qui grimpe sur scène sur le morceau éponyme.

Pire moment : Ce mec qui crie “A poil !” lorsque Vic­to­ria Lafau­rie arrive sur scène en robe rouge. Ouais 2019.

Crédit : Alphonse Ter­ri­er

Crédit : Alphonse Ter­ri­er

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