Popof : “J’ai envie de revenir à des sons techno plus violents”

Sacré par­cours que celui de Popof. Evidem­ment, il y a Heretik, le hard­core, des morceaux cultes comme trois unti­tled sur la six­ième sor­tie de feu Just Lis­ten Records, les inus­ables “Mur­der” ou “Ping Pong”. Puis la fin de l’âge d’or des free-parties, et une direc­tion beau­coup plus douce, quoique tou­jours tech­no, prise par Alexan­dre Paounov. La créa­tion de son pro­pre label, Form Music, de très beaux tubes (“Seren­i­ty”, “Do You Want Me”), et voilà qu’aujourd’hui Popof par­coure le monde, partagé entre sa car­rière de pro­duc­teur, ses book­ings en tant que DJ, sa cas­quette de patron de label et, de temps en temps, une petite réminis­cence — mais atten­tion, sans tomber dans la nos­tal­gie — de l’époque Heretik, la belle bande ayant fêté ses 20 ans l’année dernière avec une tournée. Mal­gré cet emploi du temps bien chargé, l’actualité de Popof est un peu plus calme ces derniers temps. C’est que le (très) grand gail­lard est en train de pré­par­er son retour à la pro­duc­tion, pas­sant plus de temps en stu­dio qu’en soirée. Mais la prochaine sor­tie Form Music ne sera pas signée de son nom : c’est Umek, lui-même ancien tabasseur rangé des camions, qui y sor­ti­ra un EP ce lun­di 8 mai, accom­pa­g­né de remix­es par Mar-T et Popof him­self. Ce dernier remix, char­p­en­té comme il faut, est à écouter en exclu­siv­ité ci-dessous… Et on en a prof­ité pour pren­dre des nou­velles de Popof.

Tsu­gi : Ne tournons pas autour du pot : tu pens­es à faire un nou­v­el album ? 

Popof : J’ai sor­ti un album il y a deux ans seule­ment, Love Some­body. J’avais fait ce disque dans un esprit de before, lim­ite lounge, assez calme. Là, j’ai vrai­ment envie de sor­tir des EPs dans la veine tech­no et tech house de ce que je fai­sais avant, tou­jours mélodique mais un peu plus vio­lent. Et on ver­ra après ça pour l’album.

Tu as été déçu de l’accueil de cet album ?

Popof : Non car je suis très fier de cet album. Evidem­ment, il a sur­pris cer­tains et j’en ai per­du d’autres, mais ça a aus­si fait arriv­er des gens qui ne m’écoutaient pas jusque là. Il s’était passé à peu près la même chose quand j’ai quit­té le hard­core pour aller dans la tech­no, cer­tains m’ont suivi, d’autres m’en par­lent encore éton­nés alors que ça fait quinze ans.

C’est agaçant qu’on te ren­voie encore à Heretik ?

Popof : Non, Heretik c’est ma famille, je serais tou­jours fier de ça. Et puis je pense que ça y est, les gens ont com­pris que je ne fai­sais plus de hard­core, ils sont au courant !

Mais tu veux en tout cas revenir à une tech­no un peu plus dure…

Popof : Oui, c’est mon envie du moment. C’est vrai­ment comme ça que je fonc­tionne : par vague. Je ne me l’explique pas du tout par con­tre, mais j’aime bien chang­er. Quand j’ai fait beau­coup de tech­no pen­dant quelques mois je vais par­tir sur des trucs housy… Et par­fois je me retrou­ve tout de même à faire des morceaux assez vio­lents, je ne sais jamais où ça va aller quand je le com­mence. En ce moment j’essaye de pro­duire des trucs pour Cocoon ou Drum­code, ça fait longtemps que je n’ai pas eu d’actu, et il faut vrai­ment con­tin­uer à sor­tir des morceaux si tu veux tourn­er en tant que DJ. Aujourd’hui, vu que la musique élec­tron­ique s’est vrai­ment démoc­ra­tisée et qu’avec les avancées tech­nologiques tout le monde peut en faire, tu te fais vite oubli­er ou rem­plac­er. C’est de plus en plus un busi­ness !

Tu regrettes le temps où c’était plus arti­sanal ? 

Popof : Un peu, mais il ne faut pas non plus se leur­rer, c’est comme ça et il faut s’adapter ! Et puis c’est mon tra­vail, j’ai eu la chance d’avoir tou­jours beau­coup tourné. Je ne vais pas me plain­dre, d’autant que je n’ai jamais fait d’autre méti­er, j’ai com­mencé à 18 ans. Donc autant l’entretenir cette car­rière ! A com­mencer avec la prochaine sor­tie Form Music. Je suis super con­tent d’avoir signé cet EP d’Umek sur mon label, c’est un mec que j’adore, je pas­sais ses dis­ques en free par­ty. Lui aus­si jouait très vio­lent avant et a fini par bien se calmer ! Je ne sais pas com­ment font les gens qui jouent le même genre de musique toute leur vie. Je sais que je ferai tou­jours de la musique élec­tron­ique, c’est ce que j’aime — même si j’ai expéri­men­té avec un groupes de funk ou de rock et que j’ai adoré. Mais faire du hard­core toute sa vie… Je ne pour­rais pas.

Tu as eu un groupe de funk ?

Popof : Oui, il y a dix ans je fai­sais les ryth­miques d’un groupe funk-jazz où il y avait un trompet­tiste, un bassiste, une chanteuse et un clavier. Ça s’appelait Sub­lime Vic­time et on a fait une petite tournée des bars parisiens, c’était mar­rant. On a même joué au Club Med ! (rires) C’était quand même sym­pa de jouer avec d’autres gens, car j’aime beau­coup la musique élec­tron­ique mais tu es très sou­vent tout seul.

D’où la créa­tion de ton label, peut-être ?

Popof : C’est un peu l’idée, surtout avec les soirées Form où je peux retrou­ver Julian Jew­eil et for­mer une petite équipe. D’ailleurs on a com­mencé à faire des back-to-back avec Julian, en Amérique du Sud et à Panora­ma, c’est très sym­pa. On va en faire un à Paris en sep­tem­bre, d’ailleurs !

Save the date, donc. 

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