Que faire face à des festivals toujours plus polluants ?

Les fes­ti­vals pol­lu­ent. Beau­coup. Même lorsque cela implique de la bonne musique. D’après un rap­port du think­tank Pow­er­ful Think­ing, les fes­ti­vals bri­tan­niques pro­duisent chaque année 23 500 tonnes de déchets et les fes­ti­va­liers y con­som­ment 10 mil­lions de bouteilles plas­tiques. De plus, ces évène­ments utilisent 5 mil­lions de litres de car­bu­rant et émet­tent annuelle­ment près de 20 000 tonnes de dioxyde de car­bone (CO2). Au rythme actuel, on prévoit qu’il y aura plus de plas­tique que de pois­sons dans l’océan d’i­ci 2050.

Ces chiffres inquié­tants ont été mis en lumière lors de l’édi­tion 2019 du Som­met inter­na­tion­al de la musique (IMS Ibiza), où des acteurs impor­tants de l’in­dus­trie musi­cale se sont réu­nis pour dis­cuter de la réduc­tion des plas­tiques à usage unique. Jeu­di 23 mai, le comité ” Bye Bye Bye To Plas­tics — How The Music Indus­try Can Evolve Togeth­er For A Green­er Future” a cher­ché des solu­tions face à cette sit­u­a­tion haute­ment alar­mante. Il a notam­ment mis l’ac­cent sur les artistes de musique élec­tron­ique ne deman­dant plus aucun pro­duit plas­tique lors des événe­ments aux­quels ils se pro­duisent, soulig­nant que chaque petite action est impor­tante pour pro­gress­er de manière durable .“Nous voulons retir­er les plas­tiques à usage unique de l’in­dus­trie de la musique. Penser à de petites choses qui peu­vent don­ner lieu à des mesures con­crètes que nous pou­vons faire faire aux gens. ce sont ces petits pas qui nous mèneront à l’é­tape suiv­ante ” explique Vivie-Ann Bakos, moitié du groupe Blond:ish.

Le som­met ayant eu lieu à Ibiza, la dis­cus­sion s’est égale­ment con­cen­trée sur la façon d’ap­porter des change­ments posi­tifs sur l’île elle-même, comme par exem­ple la mise en place de trois poubelles séparées pour l’élim­i­na­tion des déchets (décharge, recy­clage et com­postage) et l’ar­rêt de la con­som­ma­tion de viande bovine pour réduire son empreinte car­bone. San­dra Ben­beniste, direc­trice exéc­u­tive du Fond de Préser­va­tion d’Ibiza, nous encour­age : “Ibiza sans plas­tique est pos­si­ble. Rejoignez le mou­ve­ment et passez le mot. Chaque per­son­ne compte et peut avoir une influ­ence pos­i­tive sur les autres.” Vivre la musique de manière éco­lo et durable, c’est s’as­sur­er de pou­voir en prof­iter plus longtemps. Cer­tains fes­ti­vals français l’ont bien com­pris, et por­tent cet état d’e­sprit depuis plusieurs années : rendez-vous notam­ment ce week-end pour We Love Green, ou encore en août pour le Cabaret Vert.

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