Qui est Hildur Guðnadóttir, la compositrice de “Joker” qui rafle tous les prix ?

Ce dimanche 9 févri­er, à Los Ange­les, Hildur Guð­nadót­tir a rem­porté l’Oscar de la meilleure musique de film grâce à son tra­vail de com­po­si­tion pour Jok­er, réal­isé par Todd Phillips. C’est la pre­mière femme, depuis Anne Dud­ley et sa BO pour The Full Mon­ty (1998), a rem­porter un tel prix. Et elle n’en est pas à sa pre­mière récom­pense. Âgée de 37 ans, la com­positrice islandaise a tout raflé : un Oscar et un Gold­en Globe pour la musique du film Jok­er et un Emmy et un Gram­my Award pour la BO de Cher­nobyl, la mini-série sur le drame nucléaire de 1986.

Aux Oscars, lors de la récep­tion de son prix, elle délivre un dis­cours touchant : “À toutes les femmes, les mères et les filles qui enten­dent la musique qui résonne au fond d’elles-mêmes, je vous en sup­plie, faites enten­dre votre voix.” Nom­mée aux côtés d’Alexan­dre Desplat (Les Filles du Doc­teur March), Randy New­man (Mar­riage Sto­ry), Thomas New­man (1917) et John Williams (Star Wars : L’Ascension de Sky­walk­er), elle est la huitième femme à être nom­mée dans cette caté­gorie et la qua­trième à la rem­porter en presque cent ans de célébra­tion des Oscars.

D’o­rig­ine islandaise, Hildur Guð­nadót­tir est égale­ment chanteuse et vio­lon­cel­liste. Elle a d’abord fait ses class­es à l’A­cadémie de musique de Reyk­javík puis à l’A­cadémie islandaise des Arts pour enfin atter­rir à l’U­ni­ver­sité des Arts de Berlin. Elle se lance dans une car­rière solo en 2006 avec son album Mont A, sor­ti sous le nom de Lost In Hildur­ness puis sous son pro­pre nom. Elle en com­pose trois autres entre 2009 et 2014 : With­out Sink­ing, Leyfðu Ljós­inu et Saman. Hildur Guð­nadót­tir pos­sède plusieurs cas­quettes puisqu’elle col­la­bore avec d’autres artistes au style musi­cal var­ié comme les rockeurs d’An­i­mal Col­lec­tive, le groupe de drone-metal améri­cain Sun O))) ou encore les Sué­dois de la syn­th­pop The Knife.

Influ­encée par des com­positri­ces de musique con­tem­po­raine telles que Mered­ith Monk, Pauline Oliv­eros ou bien Lau­rie Ander­son, cela fait huit ans qu’elle se con­cen­tre sur la com­po­si­tion de musiques de film. D’abord en col­lab­o­ra­tion avec son ami com­pos­i­teur Jóhann Jóhanns­son pour trois films de Denis Vil­leneuve (Pris­on­ers, Sicario et Arrival), elle prend son indépen­dance en tant que com­positrice solo lorsqu’elle écrit la BO de The Bleed­ing House réal­isé par Philipp Gelatt en 2011. C’est égale­ment elle qui a écrit la musique du film Marie-Madeleine (Garth Davis) et de Sicario : la guerre des car­tels (Ste­fano Sol­li­ma), tout deux sor­tis en 2018.

 

À lire également
CTM Festival : 7 artistes aux portes du futur de l’électronique

 

Cette 92ème céré­monie des Oscars a donc mis à l’hon­neur la musique, pour le meilleure comme pour le pire. Eminem a enfin accep­té de venir jouer sur les planch­es du Dol­by The­atre, après 18 ans de sol­lic­i­ta­tion. Un peu essouf­flé, il a repris “Lose Your­self”, titre issu du film 8 Miles, lui valant une stand­ing ova­tion de la part du pub­lic. Moins rap, plus gen­til­let, Idi­na Men­zel ain­si que neuf autres “Elsa” ont chan­té le titre “Into the Unknown” provenant de La Reine Des Neiges II. Tout en sobriété, Bil­lie Eil­ish était présente pour réin­ter­préter “Yes­ter­day” des Bea­t­les, délivrant par là un hom­mage vibrant à la star du basket-ball Kobe Bryant, récem­ment décédé.

On notera égale­ment la presta­tion des fameux humoristes améri­cains Rebel Wil­son et James Cor­den, déguisés en per­son­nages de Cats pour remet­tre l’Oscar des meilleurs effets spé­ci­aux. Une presta­tion qui nous laisse un peu per­plex­es et qui n’arrange pas for­cé­ment la mau­vaise répu­ta­tion du film con­cer­nant ses effets spé­ci­aux, juste­ment.


(Vis­ité 568 fois)