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1 juillet 2022

Qui est Macroblank, ce mystérieux nom qui intrigue et agite Bandcamp ?

par Guillaume Monnier

La sortie d’un nouveau projet de ce nom énigmatique est désormais guettée, comme l’huile sur le feu, par les férus de digging sur Bandcamp. Pourtant le mystère reste entier… Qui se cache derrière le nom de Macroblank ? Un artiste, un groupe de producteurs, un curateur ou… un voleur de morceaux ? 

À l’instar d’un Kevin MacLeod, devenu star de l’ombre des internets et chouchou des créateurs de contenus vidéo et audio pour ses diverses créations sonores librement exploitables, Macroblank ne semble pas avoir fait de l’argent sa priorité. Tous les projets de l’artiste, du groupe ou du label -difficile de le savoir, tant zéro communication émane de ce nom- sont disponibles gratuitement à l’écoute et au téléchargement. Mieux encore, il est même possible d’acquérir la totalité de la très grosse discographie de Macroblank pour la modique somme de 1$ sur Bandcamp. Bref, c’est cadeau.

Dès lors, quels sont ses objectifs ? Une quête de réputation ? Elle est déjà acquise. En permanence en tendance et dans les tops ventes sur Bandcamp, Macroblank est ultra-actif.ve, à raison de plusieurs projets chaque mois. Même si iel a dû récemment retirer certains de ses projets de la plateforme. Iel l’explique via son compte Twitter. « Malheureusement, j’ai dû privatiser mes dernières sorties, en raison de problèmes récents que j’ai rencontrés sur ma page Bandcamp. Je présente toutes mes excuses à tous ceux qui l’ont apprécié, mais malheureusement, je ne suis pas en mesure de le laisser en ligne à l’heure actuelle ». Un véritable crève cœur pour ses aficionados : « Le nouvel album de Macroblank a été retiré de Bandcamp avant même que j’ai pu le télécharger ! »

 

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Macroblank serait-il/elle japonais.e ? C’est ce qu’on peut déduire des traductions japonaises sur Bandcamp, Macroblank s’écrit « マクロブランク ». Pourtant encore une fois, impossible de l’affirmer… En effet, adepte d’une musique à l’esthétique vaporwave couplée à des samples soigneusement choisis de jazz ou de soul, Macroblank pourrait aussi très bien jouer de ce cliché autour de la lo-fi à l’imagerie nippone. Qui n’a jamais lancé une playlist sur Youtube illustrée par cette fameuse « Lofi girl » (aussi appelée « Study Girl »), cette jeune fille dessinée, assise à son bureau, dans un style qui évoque les animés japonais ? Comme pour brouiller les pistes, le compte ajoute à ces écritures dans un alphabet nippon, des pochettes dévoilant une imagerie portée sur la Grèce Antique. Sur les couvertures, on peut distinguer des figures rappelant la mythologie et les statues grecques. Le mystère s’épaissit encore plus lorsqu’on lit la description du compte sur Bandcamp…

Polémique : la musique ne serait pas la sienne…

Macroblank ne ferait pas sa musique. Sur ce point, une pseudo-transparence teintée d’un ton légèrement provocateur est de mise : « Je ne prends aucun mérite. Tout est pillé », peut-on lire en légende sur Bandcamp. Et lorsque sur Twitter certaines personnes l’affirment, Macroblank ne dément pas non plus. Face à l’accusation « Malheureusement la personne derrière est un salaud, il revend la musique d’autres artistes sans prendre aucune responsabilité », le compte rétorque « alors pourquoi me suis-tu ? ». Troll d’internet ou véritable génie du lofi et du digging ? Ce compte, s’exprimant uniquement à la première personne du singulier, déchaine les passions autant qu’il pose question.

Si la qualité de la musique proposée est indéniable et vaut le détour, tant Macroblank propose une formule bien plus complexe qu’un simple écho aux autres morceaux vaporwave qu’on a trop entendu dans les playlists d’ambiance Youtube, qu’en est-il de l’éthique si la musique n’est pas la sienne ? Après tout, il ne dégage aucun bénéfice. Mais il ne crédite pas non plus les artistes… Saura-t-on un jour qui se cache derrière ce compte ? Affaire à suivre !

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