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Qui est Macroblank, ce mystérieux nom qui intrigue et agite Bandcamp ?

La sor­tie d’un nou­veau pro­jet de ce nom énig­ma­tique est désor­mais guet­tée, comme l’huile sur le feu, par les férus de dig­ging sur Band­camp. Pour­tant le mys­tère reste entier… Qui se cache der­rière le nom de Mac­rob­lank ? Un artiste, un groupe de pro­duc­teurs, un cura­teur ou… un voleur de morceaux ? 

À l’in­star d’un Kevin MacLeod, devenu star de l’om­bre des inter­nets et chou­chou des créa­teurs de con­tenus vidéo et audio pour ses divers­es créa­tions sonores libre­ment exploita­bles, Mac­rob­lank ne sem­ble pas avoir fait de l’ar­gent sa pri­or­ité. Tous les pro­jets de l’artiste, du groupe ou du label ‑dif­fi­cile de le savoir, tant zéro com­mu­ni­ca­tion émane de ce nom- sont disponibles gra­tu­ite­ment à l’é­coute et au télécharge­ment. Mieux encore, il est même pos­si­ble d’ac­quérir la total­ité de la très grosse discogra­phie de Mac­rob­lank pour la mod­ique somme de 1$ sur Band­camp. Bref, c’est cadeau.

Dès lors, quels sont ses objec­tifs ? Une quête de répu­ta­tion ? Elle est déjà acquise. En per­ma­nence en ten­dance et dans les tops ventes sur Band­camp, Mac­rob­lank est ultra-actif.ve, à rai­son de plusieurs pro­jets chaque mois. Même si iel a dû récem­ment retir­er cer­tains de ses pro­jets de la plate­forme. Iel l’ex­plique via son compte Twit­ter. Mal­heureuse­ment, j’ai dû pri­va­tis­er mes dernières sor­ties, en rai­son de prob­lèmes récents que j’ai ren­con­trés sur ma page Band­camp. Je présente toutes mes excus­es à tous ceux qui l’ont appré­cié, mais mal­heureuse­ment, je ne suis pas en mesure de le laiss­er en ligne à l’heure actuelle”. Un véri­ta­ble crève cœur pour ses afi­ciona­dos : “Le nou­v­el album de Mac­rob­lank a été retiré de Band­camp avant même que j’ai pu le télécharger !”

 

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Mac­rob­lank serait-il/elle japonais.e ? C’est ce qu’on peut déduire des tra­duc­tions japon­ais­es sur Band­camp, Mac­rob­lank s’écrit “マクロブランク”. Pour­tant encore une fois, impos­si­ble de l’af­firmer… En effet, adepte d’une musique à l’esthé­tique vapor­wave cou­plée à des sam­ples soigneuse­ment choi­sis de jazz ou de soul, Mac­rob­lank pour­rait aus­si très bien jouer de ce cliché autour de la lo-fi à l’im­agerie nip­pone. Qui n’a jamais lancé une playlist sur Youtube illus­trée par cette fameuse “Lofi girl” (aus­si appelée “Study Girl”), cette jeune fille dess­inée, assise à son bureau, dans un style qui évoque les ani­més japon­ais ? Comme pour brouiller les pistes, le compte ajoute à ces écri­t­ures dans un alpha­bet nip­pon, des pochettes dévoilant une imagerie portée sur la Grèce Antique. Sur les cou­ver­tures, on peut dis­tinguer des fig­ures rap­pelant la mytholo­gie et les stat­ues grec­ques. Le mys­tère s’é­pais­sit encore plus lorsqu’on lit la descrip­tion du compte sur Bandcamp…

Polémique : la musique ne serait pas la sienne…

Mac­rob­lank ne ferait pas sa musique. Sur ce point, une pseudo-transparence tein­tée d’un ton légère­ment provo­ca­teur est de mise : “Je ne prends aucun mérite. Tout est pil­lé”, peut-on lire en légende sur Band­camp. Et lorsque sur Twit­ter cer­taines per­son­nes l’af­fir­ment, Mac­rob­lank ne dément pas non plus. Face à l’ac­cu­sa­tion “Mal­heureuse­ment la per­son­ne der­rière est un salaud, il revend la musique d’autres artistes sans pren­dre aucune respon­s­abil­ité”, le compte rétorque “alors pourquoi me suis-tu ?”. Troll d’in­ter­net ou véri­ta­ble génie du lofi et du dig­ging ? Ce compte, s’ex­p­ri­mant unique­ment à la pre­mière per­son­ne du sin­guli­er, déchaine les pas­sions autant qu’il pose question.

Si la qual­ité de la musique pro­posée est indé­ni­able et vaut le détour, tant Mac­rob­lank pro­pose une for­mule bien plus com­plexe qu’un sim­ple écho aux autres morceaux vapor­wave qu’on a trop enten­du dans les playlists d’am­biance Youtube, qu’en est-il de l’éthique si la musique n’est pas la sienne ? Après tout, il ne dégage aucun béné­fice. Mais il ne crédite pas non plus les artistes… Saura-t-on un jour qui se cache der­rière ce compte ? Affaire à suivre !

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