Capture d'écran du compte Instagram Black Gold Studios

Qui est Michel Zecler, le producteur de rap passé à tabac par des policiers ?

Dans une vidéo dévoilée la semaine dernière, un pro­duc­teur de musique est roué de coups dans son stu­dio pen­dant une quin­zaine de min­utes par des policiers, en pleine polémique sur la loi “sécu­rité glob­ale”. Mais dans le milieu du rap, Michel Zecler n’est pas n’im­porte qui.

Michel Zecler a 41 ans et vient de Bag­neux (92). Il est pro­duc­teur de rap et co-dirige la société de pro­duc­tion de musique et de clips Black Gold Stu­dios avec Valérie Atlan, pro­duc­trice depuis 30 ans et “mar­raine du rap game”, selon Clique. Et c’est juste­ment lorsqu’il ren­trait dans ses stu­dios dans le 17e arrondisse­ment de Paris que le pro­duc­teur s’est fait agress­er et rouer de coups par des policiers, avec une vio­lence inouïe, comme en témoignent les images de la caméra de sur­veil­lance de ses studios.

 

À voir
Un producteur de musique a été roué de coups par 3 policiers dans son studio

 

Il ren­con­tre Valérie Atlan par l’in­ter­mé­di­aire de Diam’s : il était le “meilleur pote de Diam’s” selon Valérie Atlan dans un entre­tien à Clique en 2016. Ensem­ble, Valérie et Michel par­ticipent au décol­lage de la car­rière de la Fouine : “Tout le monde essaie de nous démo­tiv­er [à pro­duire un con­cert de la Fouine après son deux­ième album]. Mais avec Michel, quand on se met sur quelque chose, on est à fond. On colle des affich­es partout et on com­mu­nique à fond. Et il se trou­ve que c’est son pre­mier con­cert à affich­er com­plet. On a fait un con­cert de malade ; jusqu’à aujourd’hui, Laouni [prénom de la Fouine, ndr] dit que c’est son meilleur concert. ”

Michel Zecler est un homme recon­nu et plébisc­ité dans le milieu du rap français. En 2016, Black Gold Stu­dios pro­duisent la com­pi­la­tion L’âge d’or du rap français, suiv­ie d’un show et d’une tournée française avec les artistes (Ärsenik, Oxmo Puc­ci­no, Assas­sin, Pas­si, Kery James, Sto­my Bugsy…) qui ont fait le suc­cès du hip-hop français dans les années 1990–2000. Mais les choses n’ont pas tou­jours été rose pour Zecler : “J’ai eu une jeunesse assez chao­tique, je suis passé par la case prison, mais je suis sor­ti de ça il y a quinze ans et depuis, j’ai tout fait pour être l’homme que je suis aujour­d’hui”, confiait-il jeu­di dernier sur le plateau de Touche pas à mon poste.

 

Soutenu par des figures du rap français

De nom­breux rappeurs ont d’ailleurs pris posi­tion et affiché leur sou­tien au pro­duc­teur. “Celui à qui arrive ce drame est mon ami, je le con­sid­ère comme un frère ! (…) Je con­nais cet homme, il est droit et juste ! Quand à ceux qui se recon­naîtront dans cette vidéo… J’ai honte pour vous”, a déclaré Sofi­ane Zer­mani alias Fian­so, sur Insta­gram en partageant la vidéo. “Force à toi Michel, tu es resté debout face à la vio­lence du racisme, les lâch­es ne font pas mal”, a écrit Rohff dans l’une de ses sto­ries sur Instagram.

C’est pour que cer­tains policiers puis­sent faire ça qu’il est si impor­tant qu’ils ne soient pas filmés dans “l’ex­er­ci­ce de leur fonc­tion”?” Kery James

Kery James a quant à lui fait référence à la loi “sécu­rité glob­ale” dans un mes­sage accom­pa­g­nant la pho­to du vis­age de Michel Zecler en sang dans un post Insta­gram : “C’est pour que cer­tains policiers puis­sent faire ça qu’il est si impor­tant qu’ils ne soient pas filmés dans “l’ex­er­ci­ce de leur fonc­tion”? Je con­nais per­son­nelle­ment l’homme qui a subi cette agres­sion. Un homme cour­tois, posé et heureuse­ment pour lui expéri­men­té car il ne serait peut-être plus de ce monde aujour­d’hui”.

Il faut com­pren­dre que si la loi “sécu­rité glob­ale” était actuelle­ment en vigueur, il aurait été illé­gal de dif­fuser cette vidéo. Dans son témoignage sur Loop­sider, Michel abonde dans ce sens : “Sans ces images-là, moi, je serais en prison aujourd’hui”. Pour l’heure, lit-on sur Le Figaro, les qua­tre policiers ont été mis en exa­m­en par un juge d’in­struc­tion, et deux d’en­tre eux placés en déten­tion. Par­mi eux, trois l’ont été pour “vio­lences volon­taires par per­son­ne déposi­taire de l’au­torité publique (PDAP)” et “faux en écri­t­ure publique”, con­for­mé­ment aux réqui­si­tions du par­quet de Paris.

 

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