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✍️ Rave party à Redon : 30 ans de teuf et on en est encore là ?

En ce 21 juin, le cœur n’est pas à la fête.

Ce week-end à Redon, l’État représen­té par son bras armé, la Police, a une nou­velle fois choisi de lâch­er en nom­bres et sans som­ma­tion, grenades LBD et bombes lacry­mogènes. Qu’importe les con­séquences. “Quoiqu’il en coûte”. Leur cible : des teufeurs paci­fiques rassem­blés pour hon­or­er la mémoire de Steve Maia Caniço, mort noyé dans la Loire un soir de fête de la musique, il y a deux ans, suite, là encore, à une charge poli­cière, comme vient juste­ment de l’établir un rap­port d’enquête. Le phénomène est unique et en grande par­tie irra­tionnel. Qua­si­ment trente ans après son appari­tion dans notre pays, la free par­ty et ses acteurs font tou­jours aus­si peur. L’invasion du moin­dre lopin de terre, sans aucune nui­sance à la ronde, par un sound sys­tem, ne provoque qu’une seule réac­tion de la part de ceux qui nous gou­ver­nent : la répres­sion. Faut-il en rire ou en pleurer ?

Après plus d’un an et demi de crise san­i­taire qui a servi de pré­texte à l’établissement de lois sans cesse plus sécu­ri­taires et lib­er­ti­cides, il est donc devenu impos­si­ble de faire la fête dans notre pays sans une arma­da d’autorisations, délivrées de manière ô com­bi­en sub­jec­tive par les Préfets omnipo­tents. Il faut croire que ces messieurs (car la plu­part sont des messieurs) ont la preuve qu’il y a plus de risque d’attraper le COVID dans un champ que dans ces open air “bal­isés” qui s’ouvrent en nom­bre ces dernières semaines (et dont on se réjouit). Pourquoi appliquent-ils le “deux poids, deux mesures” ?

Hier comme aujourd’hui, la free par­ty dérange. Parce que dans un monde où les cook­ies essaient de nous trac­er jusque dans nos toi­lettes, toute ten­ta­tive de s’écarter du trip­tyque travailler/consommer/dormir doit être réprimée. Exagéré ? Deman­dez à celles et ceux qui vien­nent d’être agressés, blessés, gazés du côté de la Bre­tagne, à ces sound sys­tems qui ont vu leur matériel, non pas con­fisqué, mais fra­cassé par les gardes mobiles sur l’autel du sup­posé ordre établi, s’ils trou­vent cela exagéré. Alors que l’on fête aujourd’hui la musique, et l’électronique jusque sous les ors de l’Elysée, elle a con­nu pour­tant ce week-end une grande défaite. Mais cela ne mar­que cer­taine­ment pas la fin du com­bat pour notre lib­erté de danser. Où que ce soit.

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