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8 octobre 2020

Roísín Murphy : c’est bon, on a peut-être trouvé le meilleur album de l’année

par Benoît Carretier

Vendredi dernier, l’Irlandaise Roísín Murphy dévoilait son tant attendu nouvel album, Roísín Machine. Un excellent album qu’il faut écouter, et voici pourquoi.

Chronique issue du Tsugi 134, disponible dès vendredi en kiosque et à la commande en ligne

©Adrian Samson

Commençons par la conclusion : Roísín Machine est le disque de disco house absolu que l’on n’attendait plus. On pourrait s’arrêter là, mais ce serait faire injure aux dix incroyables titres du cinquième album de la chanteuse irlandaise. Disco, oui, dans l’esprit et l’imagerie (on ne conseillera jamais assez de revoir ses vidéos de confinement, où s’étale toute sa folie douce sous les lumières d’une boule à facettes), house certes, avec de très forts effluves de bleep en provenance de Sheffield. Car derrière l’ex-chanteuse de Moloko, on trouve tapi dans l’ombre Crooked Man, alias Richard Barratt (ou DJ Parrot), vétéran de la scène de l’ancienne cité industrielle et pensionnaire de DFA, chez qui il a signé deux albums ébouriffants. Entièrement composé et produit en duo, Roísín Machine porte parfaitement son nom : ce disque est une véritable machine de guerre.

Aboutissement d’un long chemin commun entamé en 2012 avec le maxi « Simulation » – qui ouvre les hostilités –, poursuivi en 2015 avec « Jealousy » – qui les clôt – et parachevé en 2019-2020, l’album est (à ce jour) le sommet de la carrière de Murphy, qui s’assume totalement en disco queen un peu dingue de 47 ans (cf. la pochette). Fini l’exploration des différentes facettes de la pop électronique un peu barrée, Murphy est aujourd’hui une diva (sans les caprices), et sa voix, qu’elle a mis longtemps à apprivoiser, module au gré des fluctuations des machines de Barratt et des basses telluriques, entre puissance et maîtrise.

Et le résultat impressionne. Entre les paillettes, le glamour des années 70, les réminiscences de Chic ou Larry Levan et les rythmes implacables de Barratt, Murphy enquille les tubes à un train d’enfer : « Incapable », « Something More », « Narcissus », « Game Changer », « Shellfish Mademoiselle », « We Got Together »… jusqu’au coup de grâce asséné par « Murphy’s Law », hymne d’une puissance et d’une (ré)jouissance infinies. En marge du circuit pop traditionnel, qui s’approprie toute honte bue l’héritage disco (voir Kylie Minogue et son album Disco à sortir), Murphy préfère le détourner allègrement pour réaliser son meilleur album à ce jour. Que cela va lui être difficile de se surpasser la prochaine fois !

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Artwork

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