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© Tom Kleinberg
7 mars 2023

Sabrina Bellaouel présente ‘Al Hadr’, entre soul, RnB et musique électronique

par Emma Grandjean

Parfois les lignes entre les styles musicaux se complexifient, deviennent floues. Et par moments, elles ne s’érigent tout simplement pas. C’est ainsi qu’on se retrouve avec une artiste à mi-chemin de tout, qui réussit à le combiner parfaitement. Enfin, ça fonctionne pour Sabrina Bellaouel en tout cas. La franco-algérienne vient de dévoiler son premier album Al Hadr, centre de gravité où RnB, soul, house, hyperpop et techno s’entrechoquent dans une sacrée poésie. On vous le décrypte.

On vous présentait Sabrina Bellaouel dans le Tsugi 134 comme ‘le futur de la musique’. Deux ans après, le nom de son premier album se traduit par ‘le temps présent’. Si vous n’y voyez pas un signe, on le fait pour vous. L’intrépide productrice et chanteuse aventurière s’affirme comme une artiste dans l’air du temps, où les frontières n’entrent plus en vigueur et où la cohérence hétéroclite qu’elle nous propose dans Al Hadr balaye n’importe quelle faille spatio-temporelle.

Mais si son travail est basé sur cet éclectisme, son identité se fonde sur sa foi et sur l’amour qu’elle véhicule, qu’on lui envoie et qu’elle offre. Et on vous assure : elle en donne pas mal. Dans ce premier album, Sabrina Bellaouel slalome entre les langues -français, anglais et chaoui- et tend son art vers de multiples directions. On peut y retrouver des morceaux saupoudrés de hip-hop (« Rapture« ), avec une empreinte RnB forte (« Legit ») ou avec des symphonies lyriques renvoyant à son gospel de formation dans « Goodbye », en collaboration avec Bonnie Banane.

Le titre « Clémence » ne concède que pureté en s’ouvrant à une soul poétique et exaltée. À travers la spiritualité, thème phare d’Al hadr, la musicienne y voit « une énergie supérieure qui [lui] apporte l’amour de soi et la connexion aux autres ». Dans « Jah », Sabrina chante en français sa croyance « Jamais peur d’être seule, pour le pire et le meilleur/ À genoux je prie mon seigneur » sur une harmonie électronique complexe.

On pourrait aussi vous parler du côté techno à admirer dans « Eclipse » où quelques rythmiques orientales apparaissent furtivement, ou de « Trust » : titre qui mêle hyperpop exploratrice et électro grondante. Dans la même famille, « Shop » offre une savante association d’hyperpop où l’électronique se fond derrière chant et slam. Mais à choisir, il faut réécouter non-stop « Period Point Blank« . Sabrina Bellaouel y propose son chant soul sincère sur un rythme définitivement électronique : une fusion énergique qui n’est pas prête de s’envoler de notre playlist.

Avec ce premier album, la franco-algérienne puise dans sa richesse intérieure pour nous proposer un échantillon audacieux et éclairé de sa musique disparate et actuelle. Comme elle le dit elle-même sur Instagram « le pouvoir est dans le présent » : pas de doute à avoir concernant sa puissance et son talent alors.

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