🎙️ Silly Boy Blue : “J’ai tout mis dans ce projet, comme si c’était le dernier”

Sil­ly Boy Blue est de retour avec son deux­ième album Eter­nal Lover. Cette nou­velle galette, c’est la suite logique et naturelle de Breakup Songs, son “pre­mier enfant” sor­ti en 2021. Après les tour­ments, la nos­tal­gie et l’introspection, place Ă  l’empowerment et au retourne­ment de situation. 

 

“MĂ©lan­col­ique — exu­toire — soli­taire — Ă©mo­tion — nos­tal­gique” : ce sont les mots que tu util­i­sais pour dĂ©crire ta musique il y a deux ans. Sont-ils tou­jours d’actualitĂ© ? 

Il y a tou­jours ces mots dans ma musique, je n’ai pas tant changé que ça (rires) Bien que j’aie évolué en tant qu’artiste, ces sen­ti­ments sont tou­jours présents. Aujour­d’hui, c’est beau­coup moins subi : j’ai appris à con­trôler ces émo­tions, plutôt que de les laiss­er me sub­merg­er. Ma musique est désor­mais un mélange de chan­sons d’amour et de chan­sons de revanche, tout en gar­dant une touche de nos­tal­gie et de mélancolie.

 

Peux-tu me par­ler de ton sin­gle “Not A friend” ?

“Not a Friend”, c’est l’his­toire d’une rela­tion tumultueuse, l’une des plus chao­tiques que que j’ai eues dans ma vie. Pour­tant, mal­grĂ© toutes les autres rela­tions dif­fi­ciles que j’ai pu avoir, je n’avais jamais rĂ©us­si Ă  pren­dre le dessus, je n’avais jamais rĂ©us­si Ă  pren­dre ma revanche ! Ce n’é­tait pas non plus mon objec­tif de me venger, mais plutĂ´t de repren­dre le con­trĂ´le, de cess­er d’être la vic­time de ma pro­pre vie.

Ce morceau m’a per­mis de rééquili­br­er la bal­ance : de cess­er de subir, de ne plus avoir besoin de m’ex­cuser d’être entrée dans la vie de cette per­son­ne, alors qu’il était lui-même à l’o­rig­ine de ma douleur. C’est vrai­ment une manière de s’ap­pro­prier la blessure, de guérir, et de la trans­former en une cica­trice. “Not A Friend” est donc une chan­son pleine de force et de résilience, qui mon­tre que nous pou­vons sur­mon­ter les épreuves et sor­tir plus forts de nos expéri­ences difficiles.

 

Quel est le mot maĂ®tre de ce nou­v­el album ?

Si l’on devait choisir un mot pour définir cet album, ce serait sans doute “résilience”. C’est pour ça que dans cet album, il y a des chan­sons d’amour : pour mon­tr­er que par­mi tous les trucs de merde qui peu­vent se pass­er, il y a aus­si des belles choses qui arrivent. Pour moi, la musique est un baume pour l’âme, une source de récon­fort dans les moments dif­fi­ciles. Et si mes chan­sons peu­vent aider les gens à trou­ver la force de se relever après une rup­ture ou une épreuve, alors je serais fière d’y con­tribuer. C’est arrivé que des per­son­nes m’en­voient un mes­sage pour me dire “j’ai écouté ton album pen­dant une rup­ture, où j’ai écouté ce morceau et il est tombé pile au bon moment”.

 

Com­ment ton proces­sus crĂ©atif a‑t-il Ă©voluĂ© entre ton pre­mier et deux­ième album?

Mon pre­mier album Ă©tait assez naĂŻf. J’ai apportĂ© mes maque­ttes en stu­dio, cer­taines datant de plusieurs annĂ©es, et j’ai essayĂ© de les ren­dre audi­bles. Pour le deux­ième album, j’ai arrĂŞtĂ© ma tournĂ©e en dĂ©cem­bre et com­mencĂ© Ă  Ă©crire dès le print­emps suiv­ant. J’ai choisi de m’isol­er Ă  Lon­dres pen­dant un mois pour pro­duire Eter­nal Lover, ce qui s’est avĂ©rĂ© ĂŞtre Ă  la fois la pire ET la meilleure dĂ©ci­sion de ma vie : j’ai Ă©tĂ© con­fron­tĂ©e Ă  une grande soli­tude, ce qui m’a per­mis aus­si de tout remet­tre Ă  plat. La grande nou­veautĂ©, c’est que j’ai tra­vail­lĂ© pour la pre­mière fois avec un pro­duc­teur, Paco Del Rosso. Cette col­lab­o­ra­tion a boostĂ© ma crĂ©a­tiv­itĂ© et ma pro­duc­tiv­itĂ©. J’ai com­pris que si je n’ar­rivais pas Ă  Ă©crire, ce n’é­tait pas dĂ» Ă  de la fainĂ©an­tise, mais plutĂ´t Ă  la dif­fi­cultĂ© de met­tre des mots sur mes Ă©motions. 

 

Il y a un an, tu dis­ais ĂŞtre au croise­ment de deux chemins. OĂą te positionnes-tu aujourd’hui ? 

Je ne peux pas dire avec cer­ti­tude oĂą je me trou­ve aujour­d’hui. Cepen­dant, je sais que je me dĂ©teste un peu moins qu’a­vant, et c’est dĂ©jĂ  une grande vic­toire ! (rires) Je suis par­ti­c­ulière­ment fière de cet album ‑encore plus que du premier- notam­ment en ter­mes de pro­duc­tion. J’ai mis tout ce que j’avais dans ce pro­jet, comme si c’é­tait le dernier, sans aucuns regret ! J’ai rĂ©al­isĂ© mes rĂŞves musi­caux : explor­er le chant a cap­pel­la ; tra­vailler avec des sonoritĂ©s plus rock ; chanter des paroles que je n’au­rais jamais osĂ© Ă©crire il y a deux ans…

 

Quels artistes t’ont influ­encée pour Eter­nal Lover ?

En ce qui con­cerne mes inspi­ra­tions pour Eter­nal Lover, je dois avouer avoir eu une obses­sion pour un seul album : i,i de Bon Iver, ain­si que les chan­sons de Phoebe Bridgers. Ces deux artistes arrivaient à ma calmer lorsque j’é­tais très angois­sée -physique­ment, j’en avais besoin ! Je les ai décou­verts il y a un moment, mais je n’avais jamais pris le temps d’é­couter leurs albums dans leur inté­gral­ité. C’est l’al­bum i,i qui a sus­cité en moi l’en­vie de pro­duire un album com­plet ‑pas sim­ple­ment des sin­gles. La nar­ra­tion de ce pro­jet est tout sim­ple­ment géniale et c’est admirable de voir des artistes se per­me­t­tre de sor­tir de leur zone de con­fort. Ces artistes m’ont beau­coup aidée à façon­ner ma pro­pre musique et à explor­er de nou­velles per­spec­tives artis­tiques. C’est génial.

“Eter­nal lover on the edge. Eter­nal bro­ken heart­ed friend. En atten­dant, je retourne inven­ter des paroles” — Tu as rĂ©a­gi Ă  ce com­men­taire sur Insta­gram, avais-tu dĂ©jĂ  l’idĂ©e du nom de l’album il y a un an ? Peux-tu nous par­ler de la sig­ni­fi­ca­tion de ce titre ?

Dès le dĂ©part, j’avais en tĂŞte que ce serait le titre de l’al­bum. Pour moi, il y avait tout dans la for­mule “Eter­nal Lover”. J’ai tou­jours Ă©tĂ© con­nue pour Ă©crire des chan­sons d’amour, — et c’est vrai- mais pour moi, l’amour ne se rĂ©sume pas unique­ment aux rela­tions amoureuses. C’est un sen­ti­ment qui m’en­toure en per­ma­nence, dans toutes ses formes et toutes ses nuances. Mon album prĂ©cé­dent Break-Up Songs avait une ambiance plus mĂ©lan­col­ique, car j’é­tais en train de vivre une pĂ©ri­ode oĂą j’é­tais plus vul­nĂ©rable face Ă  l’amour. Mais cette fois-ci, j’ai voulu par­ler de l’amour dans toutes ses dimen­sions, de ce qui me fait sen­tir vivante au quo­ti­di­en. C’est pourquoi j’ai su que mon album s’ap­pellerait Eter­nal Lover, car c’est une Ă©ti­quette qu’on m’a attribuĂ©e avec humour, mais qui me cor­re­spond par­faite­ment. Une fan très atten­tive au proces­sus de crĂ©a­tion m’a mĂŞme inter­pel­lĂ©e sur Insta­gram avec cette phrase, ce qui m’a con­fir­mĂ© que c’é­tait le bon choix. Dans cet album, j’ai Ă©gale­ment essayĂ© d’in­clure des petites anec­dotes qui ont une sig­ni­fi­ca­tion per­son­nelle pour moi, comme le titre “Cindy” qui est en fait une blague avec le pub­lic sur le surnom qu’ils m’ont don­nĂ© “Cindy Boy Blue” (en rĂ©fĂ©rence Ă  Bowie). Cela per­met de crĂ©er une cohĂ©rence avec le pub­lic, qui fait par­tie inté­grante de l’his­toire de cet album.

 

Com­ment le retour du pub­lic permet-il de te construire ?

Je crois qu’on a un peu ten­dance Ă  oubli­er que sans le pub­lic, on n’est rien. Leur regard est, Ă  mes yeux, le plus intĂ©res­sant. Bien sĂ»r, l’avis de mes Ă©quipes est Ă©gale­ment impor­tant, mais ils sont con­scients de tout le tra­vail acharnĂ© qui se cache der­rière chaque pro­jet. Le pub­lic, quant Ă  lui, est capa­ble de porter un regard pur et objec­tif sur le rĂ©sul­tat final, les con­certs en l’oc­cur­rence, et c’est grâce Ă  leurs retours que je me con­stru­is en tant qu’artiste. Il m’est mĂŞme arrivĂ© de recevoir des com­men­taires du pub­lic sur ma per­for­mance, et ce sont ces Ă©changes qui me touchent le plus. Mon dernier sin­gle “Not A Friend” a Ă©tĂ© très bien accueil­li par les mĂ©dias, j’é­tais Ă©videm­ment ravie. Mais c’est lorsque l’une de mes fans, prĂ©sente depuis mes dĂ©buts, m’a dit “OK, c’est mon top 1 dans le podi­um de tes chan­sons”. LĂ  je me suis dit “OK,  je ne me suis pas plan­tĂ©E, je n’ai pas per­du les gens qui sont lĂ  depuis le dĂ©but.” Et c’est le plus important ! 

 

Sur la pochette de ton album, on peut recon­naĂ®tre les par­tic­u­lar­itĂ©s de MĂ©duse, peux-tu m’en dire plus sur ce choix ?

La pochette de l’al­bum est une col­lab­o­ra­tion avec les pho­tographes Pierre et Gilles, dont j’ai tou­jours Ă©tĂ© admi­ra­tive. Nous avons passĂ© du temps ensem­ble Ă  dis­cuter de l’al­bum, de son sens pro­fond, de mes paroles et de tout ce qui l’in­spi­rait, de tout ce que j’avais mis Ă  l’in­tĂ©rieur... Tout de suite, je savais que je pou­vais leur faire 100% con­fi­ance. La pochette, avec ses ros­es noires, ses ser­pents sor­tant du coeur, et toutes les mĂ©taphores qu’elle con­tient, reprĂ©sente Ă  la fois l’idĂ©e de la veuve, Eter­nal Lover, mais aus­si laisse place Ă  l’in­ter­pré­ta­tion indi­vidu­elle. Lorsque nous avons pris cette pho­to, nous avons su que c’é­tait exacte­ment ce que nous cher­chions Ă  reprĂ©senter.

 

 

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Bowie est l’un de tes artistes prĂ©fĂ©rĂ©s, lesquels sont dans ta playlist aujourd’hui ?

Depuis que j’ai eu mon pre­mier iPod, je n’ai jamais cessĂ© d’é­couter de la musique. Il y a telle­ment d’artistes qui me font vibr­er aujour­d’hui : Min­sky, Saint Vin­cent, Lady Gaga, Elliott Smith, Bon Iver, Ros­alia… pour n’en citer que quelques-uns. En ce moment, je suis par­ti­c­ulière­ment obsĂ©dĂ©e par la scène PC Music et leur util­i­sa­tion de glitch et de sonoritĂ©s fasci­nantes. Je suis Ă©gale­ment une grande admi­ra­trice de Sophie et de tout ce qu’elle crĂ©e. En song­writ­ing, Tay­lor Swift est une source d’in­spi­ra­tion incroy­able, j’ad­mire beau­coup son talent !

 

Une GaĂ®tĂ© Lyrique com­plète, le prix des iNOUĂŻS au fes­ti­val de musique du Print­emps de Bourges, une nom­i­na­tion aux Vic­toires de la Musique, un morceau retenu par Net­flix pour la sĂ©rie Plan CĹ“ur et une rĂ©Ă©di­tion de ton pre­mier album, un deux­ième album arrive avec une tournĂ©e dans toute la France dont la Cigale… Quelle est la prochaine Ă©tape ? 

J’aimerais pren­dre le temps de rĂ©flĂ©chir. Mais entre les Vic­toires de la Musique et le dĂ©but de l’écri­t­ure de mon deux­ième album, je n’ai pris qu’une pause de deux semaines ! En rĂ©al­itĂ©, la suite dĂ©pen­dra de nom­breux fac­teurs, dont la tournĂ©e. Nous avons dĂ©jĂ  d’autres morceaux prĂŞts pour la suite, mais j’ai Ă©gale­ment d’autres envies : Ă©crire de la musique pour d’autres artistes ; pour­suiv­re la tournĂ©e le plus pos­si­ble et peut-ĂŞtre faire quelques dates Ă  l’in­ter­na­tion­al. Pour l’in­stant, mon pre­mier objec­tif est que la tournĂ©e des fes­ti­vals se dĂ©roule bien, suiv­ie de la tournĂ©e d’au­tomne… Toute­fois, de belles oppor­tu­nitĂ©s se pro­fi­lent dĂ©jĂ , notam­ment une col­lab­o­ra­tion avec Vitalic !

 

Update ! Eter­nal Lover est dĂ©sor­mais disponible :

 

 

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