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Soleil et paillettes au festival Le Bon Air de Marseille

Résumé d’un week-end de haute volée. Du 1er au 3 juin se tenait la troisième édi­tion du fes­ti­val Le Bon Air à Mar­seille. Plus pré­cisé­ment à la Friche Belle de Mai, une anci­enne man­u­fac­ture de tabac recon­ver­tie en lieu cul­turel. Un cadre idéal et une pro­gram­ma­tion riche ont su ravir un pub­lic var­ié. Les deux grandes salles, renom­mées pour l’oc­ca­sion “La Boîte” et “La Ball­room”, se sont trans­for­mées en tem­ple de la musique élec­tron­ique.

Dès l’entrée dans La Friche, cha­cun est plongé dans une ambiance con­viviale où tous les âges et tous les milieux se retrou­vent. Notam­ment autour d’un skatepark, un ter­rain de bas­ket et un mur d’escalade. Le ven­dre­di à l’heure de l’apéro, on se hisse sur un toit-terrasse ver­doy­ant de 8000 m², avec en prime, une vue impren­able sur la ville. Mal­colm ouvre le bal pour un moment de house planante et nos yeux se per­dent déjà dans le ciel bleu azur. La nuit com­mence à tomber quand Per­el, nou­velle étoile de DFA Records, entre en scène pour un set tech­no aux inspi­ra­tions 80’s. Elle ira jusqu’à pouss­er la chan­son­nette en Alle­mand, sa langue mater­nelle. L’at­mo­sphère cos­mique, qu’on retrou­ve sur son album Her­met­i­ca, épouse le décor du rooftop. Le col­lec­tif queer Pail­lettes vient con­clure ce début de soirée avec du gab­ber, des sauts en pagaille et des sourires à reven­dre.

© Jonathan Liv­ingston

De quoi s’armer pour la suite : OKO DJ mem­bre de BFDM déroule un set aus­si puis­sant que réjouis­sant, avant de laiss­er place à la légende de Detroit DJ Stingray, qui livre une élec­tro pointue face à des mil­liers d’yeux admi­rat­ifs. Le pub­lic est chaleureux, sym­pa­thique et posé. La soirée se ter­mine en planant devant Daniel Avery, qui dis­tille une tech­no hyp­no­tique sans fausse note. On en ressort bercé.

Le lende­main, deux­ième round pour décou­vrir le col­lec­tif Trop­i­cold (qui compte par­mi ses mem­bres Olivi­er Ker­du­do, pro­gram­ma­teur du fes­ti­val), mais aus­si Louise Chen qui réveille les corps avec un groove impa­ra­ble.
Avec les enceintes à 360° de la Ball­room, dif­fi­cile de ne pas être immergé dans le son pêchu du B2B entre Donar­ra (du col­lec­tif mar­seil­lais Métaphore) et Myako (de l’équipe Qui Embrouille Qui) : ça réveille, ça cogne, ça ren­verse. Au même moment, Soichi Ter­a­da débute son live entre house new-yorkaise et chants de son Japon natal. Les fes­ti­va­liers sont dépaysés. Au milieu de la nuit, on attendait beau­coup de la presta­tion de Kid­dy Smile, fig­ure du vogu­ing, pour faire vibr­er l’as­sis­tance. Dans le pub­lic, les choré­gra­phies se mul­ti­plient aux sons ghetto-tech du français, qui a dû rester vis­sé sur son tabouret — suite à un prob­lème aux jambes. Qu’à cela ne tienne, le moment tant atten­du est enfin arrivé : Lar­ry Heard alias Mr. Fin­gers. Quelle per­for­mance ! Deux chanteurs à la voix d’ange, Robert Owens et Mr White, accom­pa­g­nent l’un des papes de la house made in Chica­go, pour un live léger et pro­fond dans une ambiance rêveuse. Ils com­mu­nient avec le pub­lic et très vite, nous ne sommes plus qu’un seul mon­stre dansant.

Pour clore les fes­tiv­ités en douceur, petits et grands se retrou­vent le dimanche à  “La Récré du Bon Air” avec des DJ-sets, des ate­liers et du yoga.
Cet après-midi résume à lui-seul l’am­biance du week-end : pub­lic déten­du, bonne musique et grands bols d’air frais, dans un cadre atyp­ique et arty.

© Jonathan Liv­ingston

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