TSHA © Nicole Ngai

đŸŽ™ïž TSHA nous livre les secrets de ‘Capricorn Sun’, son premier album

TSHA sort Capri­corn Sun, le 7 octo­bre, un pre­mier album aus­si touchant que dansant. Pour cette occa­sion on a ren­con­trĂ© l’artiste, se frayant un chemin entre les musiques Ă©lec­tron­iques et la pop avec une habiletĂ© dĂ©con­cer­tante mal­grĂ© sa trĂšs jeune car­riĂšre. C’est ain­si qu’elle est dev­enue une rĂ©fĂ©rence Ă  Lon­dres oĂč elle habite, mais aus­si Ă  l’in­ter­na­tion­al puisqu’elle a assurĂ© les pre­miĂšres par­ties de Dis­clo­sure, Bob Moses et plus rĂ©cem­ment, Flume aux États-Unis. On a pu inter­view­er la jeune crack de la house londonienne.

 

Avant de par­ler de la sor­tie de ton pre­mier album, j’ai vu sur Insta­gram que tu venais de partager tes platines avec Kanye West ! C’est fou, com­ment ça s’est passĂ© ? 

C’é­tait Ă  une after par­ty de Burber­ry durant la fash­ion week, j’é­tais la DJ. Il Ă©tait prĂ©sent Ă  la fĂȘte et Ă  un moment, il est juste venu der­riĂšre les platines. Il Ă©tait vrai­ment trĂšs cool, trĂšs bienveillant.

[La scĂšne est Ă  voir ici]

 

Ton pre­mier album, Capri­corn sun, sort le 7 octo­bre. Il com­mence avec “Gal­dem” une chan­son instru­men­tale, assez mĂ©lan­col­ique mais qui est Ă©gail­lĂ©e par l’en­reg­istrement d’une voix fĂ©mi­nine. De qui s’agit-il ? Ce morceau traduit bien l’am­biva­lence de ton album, tĂ©nĂ©breux mais super dansant.

Cette voix vient de mes archives per­son­nelles. Elle n’a pas du tout Ă©tĂ© enreg­istrĂ©e pour l’al­bum. C’est ma meilleure amie qui essaye de me remon­ter le moral durant le con­fine­ment. J’ai pen­sĂ© que c’était une bonne façon de com­mencer mon album, de la remerci­er pour son sou­tien. Cet album est nĂ© pen­dant la pandĂ©mie, mĂȘme si la com­po­si­tion s’est Ă©ten­due jusqu’au dĂ©but de cette annĂ©e.

 

Cette note vocale nous plonge directe­ment dans ton intim­itĂ©, c’est un album assez per­son­nel de maniĂšre gĂ©nĂ©ral non ?

Oui c’est sĂ»r ! Par exem­ple, “Giv­ing up” est un son que j’ai Ă©crit avec mon fiancĂ©, Mafro. Nous parta­gions un stu­dio Ă  l’époque, alors quand j’ai com­mencĂ© Ă  tra­vailler sur ce track, il s’est jetĂ© dessus ! Mal­grĂ© tout ce qui se pas­sait autour de nous, nous avons Ă©tĂ© capa­bles de crĂ©er ce morceau sig­ni­fi­catif ensem­ble. On l’a Ă©crit durant une pĂ©ri­ode assez com­pliquĂ©e, donc c’est sĂ»r que cet album est une plongĂ©e dans ce qu’il y a de plus intime haha. Les sujets que j’aborde, aus­si, me touchent par­ti­c­uliĂšre­ment. “Run­ning” par­le d’é­va­sion et d’ac­cep­ta­tion de soi.

 

“Sis­ter” est Ă©gale­ment un morceau qui vient d’une his­toire assez folle que tu as vĂ©cue. Peux-tu nous en dire un peu plus ? 

C’est vrai que je ne suis pas prĂšs d’ou­bli­er ce moment de ma vie. Je ne par­le plus Ă  mon pĂšre depuis un petit moment, mais un jour, il m’a ajoutĂ© sur Face­book. J’ai vu une pho­to de lui avec un petit bĂ©bĂ© dans les bras, ça m’a fait un choc. J’ai regardĂ© dans ses amies et j’ai trou­vĂ© la femme sur la pho­to. J’ai pris mon courage Ă  deux mains pour lui envoy­er un mes­sage. Et je me suis ren­due compte que c’était ma demie-sƓur. On a beau­coup dis­cutĂ©, on s’est mĂȘme ren­con­trĂ©es et on s’entend trĂšs bien. On est d’ailleurs restĂ©es en con­tact depuis cette his­toire. Je me devais d’écrire une chan­son sur cette histoire !

 

Le reste de ta famille est mĂ©lo­mane, depuis toute petite tu baignes dans la musique. As-tu des sou­venirs en particulier ? 

Quand j’é­tais petite, mon frĂšre Ă©tait encore DJ. Il avait pris l’habitude s’entraĂźner dans le salon. C’est vrai­ment lui qui m’a intro­duit Ă  la tech­no, le garage et la jun­gle. Puis, petit Ă  petit, c’est moi qui m’y suis mise et il a com­mencĂ© Ă  me prĂȘter ses dis­ques. À l’époque, j’é­tais DJ dans un tout petit club, le Motion dans ma ville natale, Fare­ham. Ma mĂšre me racon­tait beau­coup de ses his­toires aus­si, elle dĂ©crivait Ă  mer­veille le Lon­dres des annĂ©es 90, des raves fan­tas­tiques de cette Ă©poque. Et ensuite j’ai dĂ©cidĂ© de dĂ©mé­nag­er Ă  Lon­dres. Et c’est lĂ  que tout a changĂ© !

 

Main­tenant, tu es vrai­ment implan­tĂ©e Ă  Lon­dres. Pourquoi aimes-tu tant cette ville ? 

Si Lon­dres avait de meilleures con­di­tions mĂ©tĂ©orologiques, ça serait l’en­droit la plus fan­tas­tique du monde ! C’est dĂ©fini­tive­ment ma ville prĂ©fĂ©rĂ©e, surtout quand l’étĂ© pointe le bout de son nez. Je m’y sens vrai­ment chez moi. Ce dĂ©mé­nage­ment a Ă©tĂ© un grand change­ment pour moi car, comme je te l’ai dit, je suis orig­i­naire d’une toute petite ville. Il y a un melting-pot cul­turel incroy­able, tu peux ren­con­tr­er des per­son­nes du monde entier. Il y a telle­ment de per­son­nal­itĂ©s dif­fĂ©rentes, il y en a pour tous les goĂ»ts ! Et puis, ça a Ă©tĂ© un trem­plin pour moi, les oppor­tu­nitĂ©s n’ont pas arrĂȘtĂ© de fleurir.

 

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Ton album est la con­sĂ©cra­tion de toutes les oppor­tu­nitĂ©s que tu as su pren­dre. Capri­corn sun est le par­fait mĂ©lange de sen­si­bil­itĂ©s Ă©lec­tron­iques et de pop. Con­cer­nant les voix, elles sont omniprĂ©sentes dans ton album, mais tu arrives tou­jours Ă  prĂ©serv­er leur per­son­nal­itĂ©. De Clemen­tine Dou­glas Ă  Oumou San­garé  Com­ment ça s’est passĂ© en studio ? 

Étrange­ment, beau­coup de mes pro­duc­tions vien­nent aprĂšs. J’essaye vrai­ment de m’in­spir­er au max­i­mum de la vibe que me pro­cure une voix. DĂ©jĂ , pour mon sin­gle “Dem­ba”, sor­ti en 2021, j’avais fait appel Ă  Trio Da Kali, dont les mem­bres sont les descen­dants d’une longue lignĂ©e de gri­ots issus de la cul­ture MandĂ© du sud du Mali. Leurs voix m’ont tout de suite tran­scendĂ©e. Les voix m’inspirent vrai­ment beau­coup et j’es­saie donc de les plac­er au cen­tre de mon tra­vail. Dans mon album, j’ai tra­vail­lĂ© avec des artistes que j’ad­mire. J’ai tou­jours Ă©tĂ© une immense fan d’Oumou San­garĂ©, c’é­tait un hon­neur de tra­vailler avec elle ! J’ai enreg­istrĂ© “Water” juste avant le covid, j’ai eu de la chance. Clemen­tine, elle, m’a envoyĂ© pleins d’ex­traits a cap­pel­la et ça m’a tout de suite inspirĂ©e. “Danc­ing in the Shad­ows” m’est donc venue trĂšs naturelle­ment. Mon fiancĂ© est aus­si un pro­duc­teur, pra­tique ahah. Donc j’avoue que par moment il m’a don­nĂ© des coup de main.

 

Ton iden­titĂ© musi­cale change beau­coup entre les tracks que tu enreg­istres en stu­dio, qui sont plus Ă  la fron­tiĂšre de la pop et ceux que tu mix­es en clubs, qui frέlent la tech­no, plus som­bres. Est-ce que ça te vient naturelle­ment, ou c’est un effet recherchĂ© ? 

Ce n’est pas telle­ment cal­culĂ© ! Quand je mixe, j’ai encore du mal Ă  jouer mes pro­pres morceaux. Je prĂ©fĂšre pass­er les sons qui me font danser. Des sons de Chica­go, de la house, de la tech­no et de la rave qui sont autant de styles qui me cor­re­spon­dent trĂšs bien. Je passe vrai­ment ce que j’écoute chez moi, c’est mar­rant. Mes influ­ences vari­ent
 je passe de Cari­bou Ă  Bonobo ou Four Tet. Mais j’ai hĂąte d’avoir ma pro­pre bande lors de ma tournĂ©e de con­certs, pour pou­voir tester mes pro­pres sons en live qui sont plus chill, c’est vrai. Je ne sais pas encore si je vais pass­er en France mais ça serait vrai­ment un plaisir de ren­con­tr­er Ă  nou­veau le pub­lic français.

 

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Pour finir, vu le nom de ton album, tu es fan d’as­trolo­gie non ? 

MĂȘme pas vrai­ment ! Je ne le prends pas vrai­ment sĂ©rieuse­ment, mais plutĂŽt comme un jeu. C’est une trend sur Insta­gram que je regarde de loin mais qui m’a tou­jours fait rire. Lorsque je pen­sais au nom de l’album, je me suis dit que Teisha Ă©tait un peu trop facile. Alors j’ai trou­vĂ© ça mar­rant de le nom­mer Capri­corn sun comme un signe dis­tinc­tif. Pour pouss­er le dĂ©lire jusqu’au bout, j’ai car­ré­ment dĂ©cidĂ© de met­tre des chĂšvres sur la pochette de l’album !

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