Tsugi 124, avec Richie Hawtin en couv’ et un CD mixé par Laurent Garnier, en kiosque ce 6 juillet !

Une page se tourne. Le numéro de Tsu­gi que vous aurez dans vos mains et le hors-série d’été qui arrive seront les derniers accom­pa­g­nés d’un CD. Une déci­sion for­cé­ment dif­fi­cile à pren­dre, tant ce mix orig­i­nal que nous vous offrions tous les mois fait par­tie de l’histoire du mag­a­zine, mais qui nous appa­raît aujourd’hui néces­saire. En 2019, con­tin­uer à fab­ri­quer des CDs nous est apparu absurde alors qu’on ne trou­ve qua­si­ment plus de lecteurs en mag­a­sins (ou alors de grand luxe), que les ordi­na­teurs en sont doré­na­vant dépourvus et que les fab­ri­cants d’autoradios ont arrêté d’en pro­pos­er depuis belle lurette. Mais atten­tion, ce ne sont pas les mix­es orig­in­aux que nous arrê­tons de vous offrir – chaque mer­cre­di vous pou­vez en retrou­ver un en pod­cast sur Tsugi.fr (Luke Vib­ert, Dom­brance ou Marc Houle ont signé les derniers) –, mais ce petit objet en plas­tique qui nous sem­ble grande­ment obsolète. Nous espérons que vous partagerez notre sen­ti­ment, aus­si attachés que vous ayez pu l’être à ces albums inédits.
En sep­tem­bre prochain, le prix de vente de Tsu­gi ne chang­era pas, mal­gré la dis­pari­tion du CD. Une économie bien­v­enue en ces temps de baisse des revenus pub­lic­i­taires, d’augmentation des coûts de dis­tri­b­u­tion et de stag­na­tion des ventes. Rap­pelons pour mémoire que le prix du mag­a­zine n’a pas aug­men­té depuis octo­bre 2013. Les abon­nés ver­ront néan­moins le numéro hors-série d’été – qu’ils ne rece­vaient pas jusqu’à présent – inté­gr­er leur abon­nement dès aujourd’hui. Et pour finir, je voudrais annon­cer que Tsu­gi Radio pré­pare de belles sur­pris­es pour la ren­trée. Plus que jamais, Tsu­gi est un univers glob­al dont ce mag­a­zine n’est que l’une des incar­na­tions. Tout en remer­ciant Lau­rent Gar­nier de nous offrir sa vision de l’électro (qui, il est tou­jours bon de le rap­pel­er, n’est pas le diminu­tif de “musique élec­tron­ique”, mais le tronc com­mun entre le rap et la tech­no), toute l’équipe se sou­vient avec émo­tion du mag­nifique Trans­funk 2011 de Philippe Zdar, qui accom­pa­g­nait le numéro 37. Pour beau­coup d’entre nous, cela restera l’un des mix­es les plus réus­sis que nous ayons édités en CD. (Alex­is Bernier, directeur de la pub­li­ca­tion)

Vous retrou­verez dans ce numéro 124 une dis­cus­sion sur leur scéno­gra­phie et leur film Iris : A Space Opera avec Jus­tice, une ren­con­tre avec l’é­toile mon­tante Glit­ter, un blind­test avec les équipes de La Sta­tion, le trio Brandt Brauer Frick qui décor­tique ses inspi­ra­tions, David Car­ret­ta se con­fi­ant sans fard sur sa car­rière, une plongée dans les débuts de la synth-pop, un reportage au Dhar­ma Tech­no Fes­ti­val (un événe­ment mêlant médi­ta­tion et tech­no à la Spi­ral Tribe), et évidem­ment tout un tas de chroniques, bons plans, inter­views, tests de casques et autres focus sur de jeunes artistes à décou­vrir. Et puis, bien sûr, notre grand sujet de cou­ver­ture avec Richie Hawtin, dont nous vous dévoilons ici quelques lignes par Patrice Bar­dot. Rendez-vous le 6 juil­let ! 

Richie Hawtin
De la techno et des hommes

C’est peut-être la seule des grandes fig­ures de la musique élec­tron­ique à s’être con­sacrée depuis trente ans unique­ment à la tech­no. Une tech­no soucieuse de ses racines, mais qui regarde tou­jours devant. A l’im­age de son show CLOSE Live, qui se décline aujour­d’hui en une appli­ca­tion révo­lu­tion­naire. Expli­ca­tions.

Com­bi­en de fois depuis 30 ans s’est-on posé la ques­tion “mais qu’est-ce qu’il ou elle fait donc sur scène ?” en regar­dant un live élec­tron­ique, sans jamais arriv­er à obtenir une réponse sat­is­faisante? Générale­ment bien plan­qués der­rière une instal­la­tion lumineuse ou des écrans de fumée, les artistes ont tou­jours sem­blé jouer à cache-cache avec leur pub­lic. Pas vrai­ment désireux de mon­tr­er les ficelles d’une arrière-boutique où l’apparente avalanche de matériel fait trop sou­vent office de trompe‑l’œil à l’allure d’attrape-gogo. Que d’effets de manche pour au final ne se servir que de la touche “on/off” pour lancer et arrêter le show. Heureuse­ment, comme tou­jours il y a des excep­tions. Le citoyen du monde Richie Hawtin (né en Grande-Bretagne, exilé enfant au Cana­da, et depuis plus de quinze ans rési­dent berli­nois) en est une. On l’avait con­staté en octo­bre dernier lors de son pas­sage à l’Olympia à Paris, son show CLOSE Live joue la carte de la trans­parence en offrant à tra­vers caméras et écrans l’exacte vision aux spec­ta­teurs de ce qui se trame sur scène: des mains qui se posent sur des machines ou qui jouent sur des claviers, des doigts qui action­nent des potards, des bras qui se ten­dent vers des bou­tons. Si on n’a pas eu la chance d’assister à cette sorte de com­bat du cirque futur­iste avec le pro­duc­teur dans le rôle du domp­teur et la tech­nolo­gie dans celui du fauve, il est pos­si­ble de le (re)vivre qua­si­ment en direct par l’intermédiaire d’une appli­ca­tion, CLOSE Live (Com­bined), élaborée par Richie en per­son­ne. Nous nous sommes ren­dus à Berlin pour que l’homme der­rière Plas­tik­man nous explique tous les détails de sa dernière trou­vaille. Mais pas que…

Quel est le point de départ de CLOSE Live (Com­bined) ?

Richie Hawtin: C’est une idée qui est là depuis longtemps. À la suite de mes mix­es Decks, EFX & 909 (1999), DE9 | Clos­er To The Edit (2001), DE9 | Tran­si­tions (2005), j’ai com­mencé à tra­vailler sur un qua­trième vol­ume DE9 | Live où je voulais mon­tr­er au pub­lic ce qu’étaient vrai­ment mes shows. Pas seule­ment au niveau audio, avec égale­ment de la vidéo. Mais dès l’instant où tu veux mélanger les deux, cela devient très com­pliqué. Hon­nête­ment, j’ai com­mencé plusieurs fois ce pro­jet, mais c’était impos­si­ble à réalis­er donc je l’ai mis de côté. Mais il y a trois ans env­i­ron, j’ai dévelop­pé le show CLOSE Live, basé sur des petites caméras qui me suiv­ent sur scène, je me suis dit “enreg­istrons et voyons si cela peut servir à enfin con­cré­tis­er mon idée orig­i­nale”. Quand j’ai com­mencé à regarder et à écouter les enreg­istrements, j’ai trou­vé qu’il y avait de grands moments dans ces shows et j’ai essayé de trou­ver une manière de les réu­nir. CLOSE Live (Com­bined) mélange donc prin­ci­pale­ment les shows de 2018 à Tokyo, Lon­dres et Glas­gow.

… La suite à retrou­ver en kiosque ou sur notre bou­tique en ligne à par­tir du 6 juil­let

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